SCÈNES DE FAMILLE
BONNIEUX.
C!ourage' ! je vais le préparer adroitement. (Batbtlde 86 sauve.)
BONNIEUX, PAUL.
BONNIEUX^ avec embarras.
Ilem! j'ai à vous parler, mon ami.
PAUL
Parlez, mon ami.
BONNIEUX.
Mon ami, j'ai soixante-cinq ans. Je suis fort m?iîgre, parce que telle est ma nature ; mais, du reste, vous devez convenir que je suis étonnamment bien conservé.
PAUL
J'«n conviens, (?oncec/o. Ensuite ?
BONNIEUX.
Je fais^tous les jours dix lieues à pied ou à cheval. Les femmes me donnent généralement de quarantecinq à cinquante ans — au juger. Eh bien ! mon ami, cet admirable état de conservation est le fruit d'une bonne conscience d'abord, et en second lieu d'une philosophie, d'un stoïcisme imperturbable. Impavidum ferlent,.. Je suis l'homme d'Horace.
PAUL
Vous avez quelque chose de fâcheux à m'approndrc?
ta PARC. t59
BONNIBUX.
Quelque chose de fâcheux... oui, c'est le mot. La circonstance est effectivement fâcheuse, mais voilà tout. AUer plus loin, la qualifier de terrible, d'irréparable^ ce serait en exagérer singulièrement la portée.
PAUL
Ces précautions ne sont pas heureuses, mon ami. Venez au tait. Qu'est-ce que c'est que ce paquet ?
BOimiEUX.
Ce paquet contient des papiers qu'on vous adresse... qu'un misérable vous adresse... Laissez-moi vous faire une petite préface... En gros, voici à peu près ce qu'il y a... Vous savez que FauqueroUes est le cousin de Bathilde;il avait été question naturellement de les marier ensemble. ••
PAUL, grave.
Je l'ignorais. Est-ce qu'elle l'aimait î
BOKNIEUX, cherchant ses mots, et s'embroui liant.
Du tout... c'est-à-dire... vous allez voir. Il était donc question de ce mariage quand on apprit que le jeune homme jouait, et que son oncle, vieillard très-respectable qui habite le Périgord... jouait aussi... de son côté., .dans le Périgord. . .Un vieillard ! coaiprend-on ça I
PAUL
J'y comprends peu de chose pour moi. Achevez.
160 6CEMES DE FAMILLE.
BONNIEUX.
Hem ! hem !.,. Madame du Yernage^' maîtresse de CCS précieux ronscignrments, eut le boa sens de rompre le projet d'union... Mais auparavant il était ar- * rivé malheureusement une chose fort désagréable. ••