‹ La petite comtesse (volume 3)Chapitre 8 sur 19 · PAL'L · texte numérisé non relu

PAL'L

Quoi ? parlez vile.

BONMECX.

Vous dcvinpz qu'il s'agit du contenu de ce paquet...

Madame du Vcrnagc avait eu l'imprudence vraiment

inouïe... je dirai plus... coupable, de tolérer entre

Batbilde et Fauquerollcs une petite correspondance

sentimentale ...

PAUL, avec violence.

Miséricorde !••• LES MÊMES, LA. MARQUISE, BATTIILDE, sortant du fourré.

LA MAItQUISE.

Qu'est-ce qu'il dit donc ? ôtcs-vous fou, Bonnieux î Mon gendre, c'est faux !

BONNIEUX.

Tra déri déra ! Voilà comme vous me laissez faire, chère amie ! Eh bien ! tirez-vous-en maintenant, je m'en lave les mains !

LÀ MAÏÏQUISE.

le m'en tirerai toujours aussi bien que vous, cher

ami, avec vos fagots de l'autre inonde. Donnez-moi la lettre. — Mon gendre^ oubliez les propos d'aliéné que vous tient ce personnage depuis un quart dlieure. Voici purement et simplement la vérité : — Approche, ma fille, et soutiens-moi. — Paul, j*ai sollicité secrètement pour vous la sous- préfecture de notre arrondissement. Ce paquet contient votre nomination officielle. — Je n'ose le regarder, ma fille : quelle mine fait-il ?

BATniLDE.

n rit, ma mère.

PAUL

Madame, j'ai sollicité secrètement de mon côté la sous-préfecture de ce même arrondissement. (Tirant une lettre.) Voici l'avis de ma nomination que j'ai dans ma poche depuis deux jours, et que je comptais vous offrir ce soir pour votre fête.

LA MARQUISE, lui sautant an cou.

Ah I mon ami, vous êtes un ange!...

BOIWIEUX, s'essuyant le front.

Ouf! c'était bien la peine, ma foi, de me mettre en frais de génie !

LA MARQUISE

Oui, parlons-en, de votre, génie ! De ma vie je n'ai entendu un fatras pareil. . . Et où vouliez-vous en venir. . en définitive?

ica sci^Nrs de fautile.

BOimiEUX.

Comment ! vous n'avez pas compris la profondeur admirable de ma stratégie ? Après avoir inspiré à Lambert de mortelles inquiétudes^ après Tavoir tenu sur des charbons ardents^ j'allais tout à coup l'asseoir dans son fauteuil de sous-préfet comme sur un lit de roses.. • Au surplus^ tout est pour le mieux. Ah ! çà^ madame du Vemage, j'espère que ceci met j5n à vos complots^ et que le Fauquerolles est supprimé î

LA MARQUISE

Je n'ai désormais rien à refuser à mon gendre^ et s'il l'exige...

PAUL

Madame^ ce serait me nlortifier cruellement^ ce serait faire injure à l'indépendance de mon caractère^ que de me prêter la pensée de pareilles exigences. Sous-préfet ou non, j'entends que ma belle-mère soit libre chez moi. Bathilde peut voqs répéter ce que je lui disais tout à l'heure : Si jamais j'étais fonctionnaire public, la plus grande peine que je pusse éprouver ce serait de voir Madame du Vernage se priver de ses relations et de ses petites habitudes.

^ LA aiABQUISE, lui serrant la main.

Mon ami, vous avez toutes les délicatesses de l'esprit et du cœur.

LE PAnC. 16S

BONMEUX.

(Das à Paul.) Pardon^ mon ami ; mais de ce trai»-Ià vous serez destitué dans six mois.

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