‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 15 sur 115 · LE VICOMTE. PAGENEL. — LE "VICOMTE · texte numérisé non relu

LE VICOMTE. PAGENEL. — LE "VICOMTE

Vous l'avez froissée, par-

— Je l'ai froiseée?

Dame... aussi...

Nous allons réparer ça. (Haut.) Je vous ai vexée, hein?.. madeiijOiJBelle .. Avouez que je votis ai vexée î

srzA.SNE, trh digne. — Vou.s lu- m'avez f>as vexée, vous m'avez 8urpru>e.

LE VICOMTE. — Enfin! J'ai fait une gaffe... Si!... Si! je sens que j'ai fait une gaffe. J'en fais quelquefois, n'est-ce pas, Pagenel? Mais il faut me rendre cette^ justice, je m'en aperçois tout de suitfr après.

PAGENEL. — Ma^iemoiselle comprendra,

LE VICOMTE. — Parfaitement, elle comprendra que je me suis trompé... et elle m'excusera... Hein! mademoiselle, vous m'excusez ?

SUZANNE, souriant. -*— Bien volontiers, monsieur le vicomte.

LE VICOMTE. — Je vous avais à peine regardée, figurez-vous... Parbleu, en vous regardant... on devine bien que vous n'êtes pas quelqu'un dans le genre de la mère Broquet.

SUZANNE. — Oh!

LE VICOMTE. — Vous avez beau n'être* qu'une simple receveuse des postes, on n'est pas long à voir que vous êtes une jeune fille très bien... Moi, je le vois maintenant. Je ne l'avais pas vu tout de suite. C'est une méprise.

SUZANNE. — Une petite méprise, monsieur le vicomte.

LE VICOMTE. — Tout change, morbleu ! tout change ! Je le disais encore l'autre jour à ma tante, la douairière : « Il y a de grands changements qui se préparent dans la société ; il faut que vous en preniez votre parti ! » Ainsi, autrefois, une«peisonne dans votre condition, on lui tapotait sur les joues. Ça ne tirait pas à conséquence. Aujourd'hui, on est immédiatement remis à sa place, et c'est bien fait. {S^tr un geste de Suzanne.) Si... Si... vous avez bien fait. Vous appartenez à cette nouvelle génération de femmes qui n'aiment pas qu'on leur manque de respect.

SUZANNE, riant. — J'aime autant pas, en effet, monsieur le vicomte.

LE VICOMTE. — Ce sont de nouvelles habitudes à prendre, voilà tout. C'est le règne du féminisme, comme on dit dans les journaux. (Tendant la main à Suzanne.) Plus de rancune, alors?...

SUZANNE. — Plus la moindre.

LE VICOMTE. — La paix?

SUZANNE. — La paix.

Entre Lebardin à gauche. Il est méconnaissable. Il est rasé, il u mis une jaquette neuve^ il est très rajeuni.

Le Vicomte. — Je vous

Ai VEXÉE, MADEMOISELLE?

Page 1