SCENE II
PAGENEL, LE VICOMTE, à gauche,
SUZANNE et RIRI, comme à la scène
première.
PAGENEL, serrant la main du vicomte, — Bonjour, mon cher ami.
LE VICOMTE, montrant une lettre. — Bonjour, Pagenel... Dites-inoi, il n'est pas trop tard pour le courrier?
PAGENEL. — Voue avez tout le tempe.
LE VICOMTE. — C'est que je voudrais bien que ma sœur reçût cette lettre de maân matin.
PAGENEL, baissant la voix. — Cette lettre où vous lui annoncez votre mariage... avec la plus jolie personne de Preesiguy, une veuve charmante.
LE VICOMTE. — Dame, oui, vous avez deviné.
PAGENEL. — Parbleu!
LE VICOMTE. — C'est amusant, parce que Xout le monde dans le pays s'imagine qu'elle va épouser le docteur.
PAGENEL. — Oui, oui, c'est très amusant.
LE VICOMTE. — Et, demain matin, par la publication des bans, on apprendra que c'est moi... J'ai déjà commandé les billete de faire-part. Sevdement, figurezvous, j'avais complètement oublié de prévenir ma famille.
PAGENTEL. — Vous avcz le temps jusqu'à eix heures dix.
LE VICOMTE. — Elle ne sera pas très contente, ma famille, de me voir épouser une simple bourgeoise ! Enfin, l'important est d'être heureux. Mais, voilà...
Serai-je heureux en mariage ? Ne le serai-je pas ?
PAGENEL. — Voue ne tarderez pas à vous en apercevoir.
LE VICOMTE. — Moi, je crois que je le serai.
PAGEiïEL. — Moi aussi... à bientôt.
Il lui serre la main et sort.