‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 48 sur 115 · SCENE JI · texte numérisé non relu

SCENE JI

LEBARDIN, PAGENEL

PAGENEL. — Quand rentres-tu à Preesigny ?

LEBARDIN. — Demain, après déjeuner.

PAGENEL. — Tu es arrivé hier soir, par le train de onze heures ?

LEBARDIN. Oui.

PAGENEL. — Et ta femme ? Qu'est-ce que tu as raconté à ta femme 'i

LEBARDIN. — Ça, c'est le point noir.

J'ai dit que Blanchet mariait une de ses nièces et qu'il me suppliait d'être témoin.

J'ai même emporté mon habit pour donner plus de vraisemblance.

PAGENEL. — Et ça a pris ?

LEB.uiDiN. — Ça a eu l'air de prendre. Ma femme m'a dit : « Ce bon Blanchet, tu l'embrasseras pour moi. »

PAGENEL. Et c'est tout ?

LEBARDIN. — C'est tout.

PAGENEL. — Tu aurais dû paeeer à tout hasard, chez Blanchet, pour le prévenir.

LEBARDIN. — Ccst ce que j'ai fait, mais il n'y était pas. Il a justement quitté Paris hier soir.

PAGENEL. — Tout ça va très bien.

LEBARDIN. — Espérons-le, mon ami, eepérons-le.

PAGENEL. — Alors, tu es ici depuis vingt-quatre heures... Heureux homme!

Heureux homme ! Elle est charmante, tu sais ; c'est une maîtresse délicieuse. Je te fais mes compliments bien sincères.

LEBARDIN. — Oh ! ne va pas croire des choses...

PAGENEL. — Pas de fausse modestie !

D'autant plue que je peux te le dire maintenant, je ne le croyais pas.

LEBARDIN. — Qu'cst-ce que tu ne crojj^ais pas ?

PAGENEL. — Que tu réussirais. Quand tu m'as demandé d'aller te louer un appartement à Paris, de le meubler, j'étais convaincu que. tu te faisais des illusions. Tu l'as enfin, ta Louisette, cette fois-ci.

LEBARDIN. — Il est inutile de rappeler... de rappeler... Quelle manie tu as !

PAGENEL. ■ — C'est une belle revanche!

Tu as mis vingt ans à la prendre, mais tu l'as bien prise. Dis-moi?

LEBARDIN. Quoi ?

T'AGENEL. — Elle est exquise, n'est-ce pas?

LEBARDIN. — Exquise.

PAGENEL. — Une fraîcheur... une jeu-

nesse...

LEBARDIN.

PAGENEL. ■ LEBARDIN.

PAGENEL. -

l'innocence même?

LEBARDIN.

PAGENEL. - LEBARDIN.

PAGENEL. -

détails.

LEBARDIN. — Jc ne t'en donnerais pas.

PAGENEL. — Ah ! elles t'en auront fait faire, dans la vie, les blondes à l'air candide et virginal !

- Oui.

Une grâce...

Oui.

Hum!... Elle devait être

— Oui... oui...

— Un rêve, enfin !

— Tu l'as dit, un rêve.

— Je ne te demande pas de

Ld Petitf Fonctionnaire

LEBARDiN — Je commeuce à le croire RentrciiL Deiphine et Suranné.

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