‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 52 sur 115 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes, PAGENEL

PAGENEL — Encore ! . . . Mille pardons de voue déranger, mes enfants.

LEBARDIN. — Qu'y a-t-il ?

PAGENEL. — Nous ne viendrons pas chez vous tout à l'heure. Nous ne resterons même pas jusqu'à la fin du spectacle, nous rentrerons. Je suis très pincé !... Aïe!...

Il boitille.

LEBARDIN. — Des rhumatismcs ?

PAGENEL. — Je crois que je tiens une bonne sciatique, tout simplement. Je suis sorti à pied pour me dégourdir les jambes et pour vous avertir. J'ai laissé DelDhmc avec des amis. . A propos d'amis, devinez qui je rencontre aux Folies-Bergère? M.

]p v'V'Miifn de Samblin...

SUZANNE. — Le vicomte de SâmblinT PAGENEL. — Lui-même, qui se promenait mélancoliquement tout seul.

LEBARDIN. — Tu lui as parlé?

PAGENEL. — Parbleu! Je l'ai présenté à Delphine... Je crois même que j'ai fait une petite gaffe...

LEBARDIN. — Diable !

PAGENEL. — Oui, figure-toi que je lui ai dit que je venais ici...

LEBARDIN. — Ici ?.. . Tu lui as parlé de moi?

PAGENEL. — Ça m'a échappé... mais ça n'est pas grave, il est très discret, le vicomte de Samblin... la discrétion de l'homme marié...

SUZANNE, — Est-ce que vous lui avez parlé aussi de moi ?

PAGENEL, penaud. — Oui... Et Delphine aussi lui en a parlé... Enfin, c'a été la gaffe complète... Vous êtes fâchée?

SUZANNE. — Mais pas du tout... Il m'est parfaitement égal que M. le vicomte de Samblin sache ou ne sache pas... Je préfère même qu'il sache.

PAGENEL. — Alors, j'ai bien fait?

SUZANNE. — Vous avcz très bien fait.

PAGENEL. — D'ailleurs, j'ai déjà remarqué que les gaffes ont souvent des conséquences très heureuses... Je vous quitte maintenant... Axe! aie!

suzANT^. — Vous n'êtes pas pressé, asseyez-vous là une minute. Mais oui, asseyez-vous là... Allongez la jambe... voici un coussin.., {Elle l'installe sur le canapé.) Attendez que la douleur soit passée et ne bougez pas, surtout ne bougez pas.

p.\GENEL. — Merci, mademoiselle, merci.

SUZANNE. — Vous seutez-vous mieux?

PAGENEL. — Légèrement mieux.

SUZANNE. — Si vous mettiez un peu . de teinture d'iode au genou.

PAGENEL. — Peut-être!...

LEBARDIN. — Sur un cataplasme... avec du chloroforme et un œuf... C'est une recette de ma femme, une recette excellente.

SUZANNE. — C'est ça jî vais vous la faire préparer. Nous disons?

LEBARDIN. — Cataplasme de graine de lin.

SUZANNE. — Quelques gouttes de teinture d'iode?...

LEBARDIN. — Et Un œuf... Seulement, l'œuf, je ne sais pas si on le met dans le cataplasme ou dessus...

svzANNE. — Ce doit être dedans...

Elle sort.

LEBARDIN. — J'abuse de quoi?

PAGENEL. — Moi aussi, j'ai abusé... Aussi, regarde dans quel état je suis.

LEBARDIN. — Mais de quoi est-ce que^ j'abuse, à la fin?

PAGENEL, — Elle est cliarmante, je le

SUZANNE - Allongez la jambe .. Voici un cous.-ix

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