SCENE VIII
plus tôt possible, car vous avez une figure de papier mâché. C'est honteux.
LEBARDIN, bas , ù fugtntl. — Mais répond quelque chose, toi qui as l'habitude!
PAGENEL, même jeu. — Dans ce cas-là il n'y a plus rien à répondre. Ça y est. (Haut.) Madame, j'ai bien l'honneur de vous saluer... Aie! (.1 Lchardin.) Peuxtu m'envoyer chercher une voiture.
Les Mêmes, MADAME LEBARDIN
MADAME LEBARDIN, fi ht Cantonade — Oui, ma fille, oui, on m'attend. Je vous dis qu'on m'attend.
LEBARDIN, stupéfait. — Ma femme!
PAGENEL, se levant péniblement. — Comment!... Ah! par exemple...
MADAME LEBARDIN, menaçant. — Très heureuse de vous trouver tous les deux ensemble !
PAGENEL, bas à LebarJin. — Laissemoi parler... Tu n'as pas l'habitude. {A j^me /^ebardin.) Tous mes respects, chère madame... Nous sommes venus, votre mari et moi, prendre une tasse de thé chez un de mes amis... un de mes amis du ministère qui veut bien s'occuper de ma décoration !
LEBARDIN. — C'est ça, nous l'avons rencontré ce matin au mariage de la nièce de BlaJichet... et il nous a invités.
MADAME LEBARDIN. — Et pendant qu'on mariait sa nièce, Blanchet, lui, venait vous voir à Pressigny. Oui, monsieur, Blanchet est arrivé hier soir à Pressigny, une heure après votre départ. Il a dîné avec moi, et quant à sa nièce, il est fort heureux qu'elle ne vous ait pas attendu pour se marier ce matin, car elle a déjà trois enfants. Vous êtes ici dans un appartement que vous avez meublé à l'intention de M"® Suzanne Borel, la petite receveuse des postes, que vous entretenez depuis son départ de Pressigny, comme M. Pagenel, votre ami et votre maître, fait de M"® Champin, rue de Prony, Delphine de son prénom, et 515-48 de son numéro de téléphone. C'est même la femme de chambre de cette personne qui nous a dit oii vous étiez, moyennant une modique rétribution. Maintenant, Page nel, faites-moi l'amitié de me laisser seule avec monsieur et rentrez vous coucher le
MADAME LEBARDIN. — Oui, ma fille, oui, ON m'attend.
MADAME LEBARDIN. — Prenez la
mienne.
PAGENEL. — Merci, chère madame.
MADAME LEBARDIN. — Voici le numéro. Elle est devant la porte. D'ailleurs, vous trouverez votre femme dedans.
PAGENEL. — Hein !
MADAME LEBARDIN. — Elle ne m'a pas quittée. M""' Pagenel; elle a dîné avec nous, hier soir, nous avons fait notre petite enquête ensemble. Soyez assez aimable pour lui dire que je la rejoindrai à l'hôtel.
PAGENEL, ahuri. — Je n'y manquerai pae... Au revoir... madame... Bien le bonsoir...
Il sort en boitillanù