‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 73 sur 115 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

EDMO^T). DEXOIZEAU

EDMOND. — Très bonne femme... maison excellente... cuisine délicieuse... tout enfin !...

DENOizEAU. — N'est-ce pas ?... Moi, c'est ici que je me refais de mes fatigues... Un garçon, à trente-cinq ans, commence à avoir besoin de mener de temps en temps la vie de famille.

EDMOND. — C'est mon avis. Par malheur, tout le monde n'a pas une famille comme la vôtre.

DENOIZEAU. — Ça !

EDMONû. — M"* Varinois surtout a une lai-geur de vues... une indulgence... Ah ! la bourgeoisie est moins arriérée qu'on ne croit. Votre père à vous était notaire, n'est-ce pas, Denoizeau ?

DENOIZEAU. — Non, il était droguiste.

Il avait étudié, en effet, pour être notaire... mais, au moment d'acheter une étude, il a réfléchi... et il s'est marié avec la fille d'un des plus riches droguistes de Paris, la propre sœur de Varinois...

EDMONT) — Ça ne vous a jamais tenté, la droguerie î

EDMOND. — M.4.IS0N excellente.. . clisine

DÉLIclLLiK.

EDMOND. — Vous lie joucz jamais à ia Bourse ?

DENOIZEAU. — Ça ne me dit rien, j'aime mieux le baccara

EDMONTî. — Vous avez tort.

DE.vorzEAU. — Alors, vraiment, elle gagne beaucoup d'argent, ma bonne tante ?

EDMO.VD. — Ma parole '... Elle a gagné trente ou quarante mille francs cette année, rien qu'en samusant.

DENOIZEAU. — C'est unc femme pour laquelle j'ai énormément d'estime.

EDMOND. — Moi auàti. Cependant, je préfère ses filles.

DENOIZEAU. — Il est ccrtaiu qu'au }x>int de vue un peu spécial oîi vou** vous placez, ses filles sont plus avantageuses... Vous leur faites la cour à toutes les deux.

EDMOND. — Oh ! non, j'ai hésité longtemps .. mais j'ai fini par me décider pour M""*^ Bridel.

Petites Folles

DïVOiZEAU. — Pour Lucienne ?

Tiens '... Pourquoi ?

EDMOND. — Elle est plu6 sentunentale, plus romanesque que sa sœur... Sa sœur est trop gaie... Moi, je sais très bien parler aux femmes sentimentales; je ne sais pas du tout parler aux femmes gaies.

DEN0IZRA.U. — Chacun a sa spécialité.

EDMOND. — N'est-ce pas '

DENOizEAU. — Je ne voudrais pas vous décourager, cher ami, mais vous en seriez pour V06 frais, que ça ne me surprendrait pas...

EDMOND. — Vous u'êtes pas rassurant.

DENOIZEAU. — C'est uu pressentiment que j'ai... Je ne crois pas, en général, beaucoup à la vertu des femmes... A propos, j'ai rompu avec Antonia.

EDMOND. — Mes compliments !

DENOIZEAU. — Mais ces deux petites femmes-là, Lucienne et Estelle, me paraissent manquer, chacune dans son genre, de cette... chaleur, de cette .. enfin de ce je ne sais quoi qui fait que les femmes troni peut leurs maris.

EDMOND. — Vous êtcs pessimiste, Denoizeau.

DENOIZEAU. — Je connais la vie. Et d'ailleurs, je ne dis pas cela pour vous décourager.

EDMOND. — Vous u'v parviendriez pas.

Entre Lucienne.

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