‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 76 sur 115 · ESTELLE · texte numérisé non relu

ESTELLE

que ça à faire

ALBERT. — Hier, je vous avais attendue également une heure et demie, rue de Castiglione, et vous n'êtes pas venue davantage.

ESTELLE. — Je vous ai expliqué... Et d'ailleurs, je n'ai pas besoin de vous donner d'explications, mon cher... Vous êtes étonnant! Me prenez-vous pour une cocotte ? J'ai un mari.

ALBERT. — Ce n'est pas une excuse.

ESTELLE. — Et mardi dernier, est-ce que je l'ai manqué, notre rendezvous 1

ALBERT. — Nous sonimes restés dix minutes ensemble chez un pâtissier. Nous avons mangé chacun tm baba. . . Ça ne peut pas être considéré comme un rendezvous d'amour...

ESTELLE. — Vous ne m'en avez pas moins dit des énormités, pendant ces dix minutes. Vous avez eu l'aplomb de me proposer... Non ! ça, mon cher... Vous êtes bien gentil, mais c'est un peu trop tôt.

EDMOND. — Je vous ai proposé de venir boire un verre de malaxa chez moi...

Quand viendrez-vous boire un verre de malaga chez moi ?

ESTELLE. — Dites donc, nous ne sommes pas chez le pâtissier, ici.

ALBERT. — Vous VOUS nioquez de moi, voilà la vérité... Vous vous moquez de moi depuis un bon trimestre !

ESTELLE. — Si c'est votre opinion,

vous n avez qu a vous en

mon cher, aller.

ALBERT. — Suis-je bête d être deveou amouretix de vous !

ESTELLE, riant. — Alors, c'est convenu... Vous partez ?

ALBERT. — Estelle !

ESTELLE. Quoi ?

ALBERT. — Est-ce que je vous ven*ai demain ?

ESTELLE. — Au Louvre, du côté de la rue Saint-Honoré.

ALBERT. — A quelle heure ?

ESTELLE, réflérhiasant. — Entre deux heures et quatre heures et demie, je passerai.

ALBERT. — J'aimerais mieux deux heures et quart, par exemple.

ESTELLE. — Eh bien ! c'est ça... deux heures et quart.

ALBERT. — Je vous adore !

LUCIENNE, entre Denoizeau et Edmond.

— Vous n'aimez donc pas les romans ?

DENOIZEAU. — Je n'ai pas le temps de

lire.

ESTELLE, se rapprochant avec Albert.

— Alors, vous ne connaissez pas le dernier roman de... Ah ! le voici justement... (.4 Lucienne.) C'est exquis, ma chère... Je l'ai lu aujourd'hui... Il y a un passage...

Elle feuillette. Lucienne se penche vers elle. Les deux jeunes gens regardent par-dessus leurs épaules et forment avec Denoizeau un groupe autour de la table, les uns très près des autres. Ils toiwnent le dos à la porte a en trée qui s'ouvre. Paraissent Bridel et Lever quin en habit noir et cravate blanche. Ils se tiennent par le bras.

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