ESTELLE
que ça à faire
ALBERT. — Hier, je vous avais attendue également une heure et demie, rue de Castiglione, et vous n'êtes pas venue davantage.
ESTELLE. — Je vous ai expliqué... Et d'ailleurs, je n'ai pas besoin de vous donner d'explications, mon cher... Vous êtes étonnant! Me prenez-vous pour une cocotte ? J'ai un mari.
ALBERT. — Ce n'est pas une excuse.
ESTELLE. — Et mardi dernier, est-ce que je l'ai manqué, notre rendezvous 1
ALBERT. — Nous sonimes restés dix minutes ensemble chez un pâtissier. Nous avons mangé chacun tm baba. . . Ça ne peut pas être considéré comme un rendezvous d'amour...
ESTELLE. — Vous ne m'en avez pas moins dit des énormités, pendant ces dix minutes. Vous avez eu l'aplomb de me proposer... Non ! ça, mon cher... Vous êtes bien gentil, mais c'est un peu trop tôt.
EDMOND. — Je vous ai proposé de venir boire un verre de malaxa chez moi...
Quand viendrez-vous boire un verre de malaga chez moi ?
ESTELLE. — Dites donc, nous ne sommes pas chez le pâtissier, ici.
ALBERT. — Vous VOUS nioquez de moi, voilà la vérité... Vous vous moquez de moi depuis un bon trimestre !
ESTELLE. — Si c'est votre opinion,
vous n avez qu a vous en
mon cher, aller.
ALBERT. — Suis-je bête d être deveou amouretix de vous !
ESTELLE, riant. — Alors, c'est convenu... Vous partez ?
ALBERT. — Estelle !
ESTELLE. Quoi ?
ALBERT. — Est-ce que je vous ven*ai demain ?
ESTELLE. — Au Louvre, du côté de la rue Saint-Honoré.
ALBERT. — A quelle heure ?
ESTELLE, réflérhiasant. — Entre deux heures et quatre heures et demie, je passerai.
ALBERT. — J'aimerais mieux deux heures et quart, par exemple.
ESTELLE. — Eh bien ! c'est ça... deux heures et quart.
ALBERT. — Je vous adore !
LUCIENNE, entre Denoizeau et Edmond.
— Vous n'aimez donc pas les romans ?
DENOIZEAU. — Je n'ai pas le temps de
lire.
ESTELLE, se rapprochant avec Albert.
— Alors, vous ne connaissez pas le dernier roman de... Ah ! le voici justement... (.4 Lucienne.) C'est exquis, ma chère... Je l'ai lu aujourd'hui... Il y a un passage...
Elle feuillette. Lucienne se penche vers elle. Les deux jeunes gens regardent par-dessus leurs épaules et forment avec Denoizeau un groupe autour de la table, les uns très près des autres. Ils toiwnent le dos à la porte a en trée qui s'ouvre. Paraissent Bridel et Lever quin en habit noir et cravate blanche. Ils se tiennent par le bras.