SCÈNE PREMIÈRE
VARINOIS, DENOIZEAU, MADAME VARINOIS, DEUX DAMES, en visite.
Au lever du rideau, les deux daines sont debout, comme pour prendre congé.
MADAME VAniN0i8. — Vous partez déjà ?... Oh ! restez encore un peu.
PREMIÈRE DAME. — Impossible, chère
mr.dame... Nous sommes attendues chez M™* Chamberlot. C'est aussi son jour.
MADAME VARmois. — Ah ! voilà qui est fâcheux... On ne peut pas avoir un jour à soi toute seule.
VARINOIS. — Il n'y en a pas assez...
sept à peine.
MADAME VARINOIS. — Si VOUS avicz attendu quelques minutes de plus, vous, auriez vu M""" Lemoutier. Car M"* Lemoutier va venir, n'est-ce pas, Dcnoizeau ?
DENOIZEAU. — Elle me l'a dit formellement.
Petites Folles
MADAME VARIN0I3. — Quel dc mmage que vous partiez !
PREMIÈRE DAME. — A notre gra'id regret, croyez-le bien... Au revoir, chère amie, au revoir... et tous nos compliments, encore une fois, pour votre nouveau mobilier. C'est d'une élégance, d'une fraîcheur toul à fait ce qui vous convient.
MADAME VARIN0I8. — Trop aimable !...
Je vous ai fait visiter mon cabinet de toilette ?
DEUXIÈME DAME. — Non , jamais.
MADAME vARiNois. — Vous Tie connaissez pas ma baignoire ?
PREMIÈRE DAME. — Nou pluS.
MADAME vARiNOis. — Uue baignoire que j'ai fait venir de Londres... avec trois robinets.
PREMIÈRE DAME. — Pourquoi trois 1
MADAME VARiNois. — Un robinet d'eau froide, un robinet d'eau chaude et un robinet d'eau tiède.
DEUXIÈME DAME. — C'est merveOleux !
MADAME VARiNOis. — Venez voir...
vous en avez pour une minute.
PREMIÈRE DAME. — Avec plaisir.
MADAME VARIN0I8, à Denoizeau, bas.
— Et le baron ? Lui avez-vous parlé ?
DENOIZEAU, même jeu. — J'ai rendezvous avec lui dans une heure au club et je reviendrai vous mettre au courant tout de suite.
MADAME VARiNOis, même jeu. — Je compte sur toute votre diplomatie, Edgar.
DENOIZEAU. — N'ayez pas peur...
MADAME VARiNOis, atix deux dames, sortant. — Je vous montre le chemin...
LES DEUX DAMES, à Denoizcau et à Varinois. — Cher monsieur... cher monsieur.
Elles sortent. — Dès qu'elles sont sorties, Varinois s'assoit sur un des fauteuils et croise les jambes. M™^ Varinois revient brusquement.
MADAME VARINOIS. Là ! Je VOUS y
prends encore à vous asseoir sur mes fauteuils !
VARINOIS. — Pourtant, ma bonne amie, des sièges...
MADAME VARINOIS. — Il y a siègcs et sièges... Ceux-là ne sont pas faits pour qu'on s'assoie dessus, et surtx)ut aussi brutalement... Vous allez les casser.
VARFNOis, se levant. — Mais...
MADAME VARINOIS. Si VOUS VOuleZ
"VOUS asseoir, allez au café.
Elle sort.
DENOIZEAU. — Elle a raison... {Il serre la main de Varinois.) Je vous quitte, mon oncle... j'ai un rendez-vous.
Il sort.