‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 81 sur 115 · SCENE H · texte numérisé non relu

SCENE H

BRIDEL, VARINOIS.

BRiDEL, apparaissa?it en haut de l'escalier. — Beau-père ?

VARINOIS, se retournant. — Quoi ?

BRIDEL. — Vous êtes seul ?

VARINOIS. — Oui.

BRIDEL, descendant. — J'ai besoin d'avoir avec vous un bout de conversation.

VARINOIS. — Je vous écoute... (Lui désignant le fauteuil de tout à l'heure.) Asseyez-vous donc là dedans, ne vous gênez pas.

BRIDEL, pre7iant un temps. — Beaupère, j'ai beaucoup de sympathie pour vous...

VARINOIS. — De mon côté, mon ami...

BRIDEL. — Votre femme me porte sur les nerfs, mais cela ne m'empêche pas de vous rendre justice...

VARINOIS. — Parfaitement.

BRIDEL. — Vous ne prendrez donc pas ce que je vais vous dire en mauvaise part. Voici. Je me suis aperçu depuis quelques jours qu'en me logeant au-de«6us de vous, je m'étais conduit comme un enfant.

VARINOIS. — Hum !

BRIDEL. — ■ J'ai été de la dernière imprudence. M™® Varinois a bien des qualités, certainement, mais enfin, c'est ma beille-mère.

VARINOIS. — Il y a du vrai là dedans.

BRIDEL. — Or, venir demeurer dans la maison de sa belle-mère, n'est-ce pas tenter Dieu ?

VARINOIS. — Peut-être.

BRIDEL. — J'ai voulu fiure cotte expérience. Si elle avait réussi, ça aurait été très honorable pour moi. Mais il ne faut pas nous dissimuler qu'elle na pas réussi. Ce n'est pas ma faute...

VARINOIS. — Je le reconnais BRIDEL. — Je suis donc allé tiM. «.. le. propriétaire et j'ai résilié mou bail.

VARINOIS. — n y a consenti ?

Petites Folles

BRLDEL. — Vous êtes seul ?

brTdel. — Il a été charmant. Il a une belle-mère, lui aussi ; seulement, elle est à Bayonne. Il a tout de suite compris mon cas.

vARiNOis. — Et il ne vous a pas demandé d'indemnité ?

BRI DEL. — Il m'en a demandé une très forte, en ajoutant : « Ce n'est pas pour la somme en elle-même, c'est pour que cela voue serve de leçon. Ce n'est pas une indemnité, c'est une amende. » Je vais donc déménager la semaine prochaine, beau-père ; je vous l'annonce et je vous prie de l'annoncer de ma part à cette excellente M'"'' Varinois.

VARiNOis. — Diable ! voilà qui n'ira pas tout seul !

BRiDEL. — Je le regretterai.

vAUiNois. — Et Lucienne, que ditelle ?

BRIDEL. — Je viens de lui en parler... Elle a haufisé les épaules. Je suis très mécontent de Lucienne, je ne vous le cache pas.

VARINOIS, < iiiharrassé. — Il est clair que...

BRIDEL, — Oh ! je ue me plains pas à

vous... Ce n'est pas vous qui a vos filles. ^ ^

VARINOIS. — Elles ont ete cl semble par leur luèrc.

vez élevé cvées en-

Petites Folles

BRiDEL. — Elles ont été mal élevées «nsemble. Enfin, c'est une éducation nian- Cjuée, il n'y a pas à- y revenir.

VARINOIS. — N'exagérons rien, rnon ami. Je vous accorde qu'au premier abord, ma femme paraît un peu...

Il cherche le mot.

BRIDEL. — Toquée... Le monsieur d'hier avait raison et je regrette de l'avoir appelé goujat. S'il était ici, je lui ferais des excuses.

vAHiNOis. — Va pour toquée, m^ais malgré les apparences, elle a beaucoup de bon sens.

BRIDEL. — Heu ! ie ne dis pas...

VARINOIS. — Elle a peut-être donné à ses filles de mauvaise ^ manières, mais les prmcipes sont bons, l'ar conséquent, vous n'avez rien à craindre du côté de... Vous me comprenez.

BRIDEL. — J'aimerais à en être aussi convaincu que vous... {Prenant le bras (If Varinois.) Voyons, beau-père, vous ne vous fâcherez pas si je vous pose une question un peu délicate ?

VARINOIS — Allez ! allez '

BRIDEL. — Eh bien ' êtes- vous certain, .mais là absolument certain, autant qu'on peut être absolument certain de ces choses-là, bien entendu, que M°'^ Varinois ne vous a jamais?...

VARINOIS — Jamais quoi ?

BRIDEL. — Vous ne m'en voudrez pas, hein?... Jamais trompé?

VARINOIS. — Mais jamais, mon bon ami, jamais de sa vie.

BRIDEL. — Hum '

VARINOIS. — Elle n'y a pas songé une minute. •

BRIDEL. — Vous me rassurez un pou, mais...

VARINOIS. — Elle vous dirait le contraire qu'il ne faudrait pas le croire.

BRIDEL. — Tant mieux, beau-père, tant mieux!

VARINOIS.

BRIDEL

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