SCÈNE XI
Les Mêmes, LEVERQUIN
LEVERQUiN, soiirinnt. — Bonjour, belle-maman... La santé est bonne ?
MADAME VARiNOis, étonnée. — Hein !
LEVKRociN. — Boiiiour Liuieni»€...
MADAIE VARINOIS — Me.s enfants, il ne faut pas nous faire d'illusions.
vorciez une seconde fois, nous nous y rési- {Embrassant Estelle sur le front.) Bongnerons encore et ainsi de suite jusqu'à ce jour, toi.
que voue ayez atteint l'âge où la nature
défend à la femme de divorcer. Voilà tout rien vu
ESTELLE, à Lucienne, bas. — Il n'avait
ce que je peux vous dire...
Toutes se lèvent.
LonsETTE, ouvre la porte en disant :
— Oui, monsieur Leverqmn, madame est f ESTELLE. — Mon mari !
MADAME vARiNOis. — Tais-toi ! LaissB ta mère supporter le premier choc.
Elle s'avance fièrement du côté de la porte.
LuciEN.vE, même jeu. — Quelle chance, ma petite Estelle !
LEVERQUIN, à Estelle. — Le jeune de Hupont t'a payé des gâteaux, cette aprèemidi ?
ESTELLE, à part. — Ah ! mon Dieu !
Elle tombe assise sur le canapé.
MADAME VARiN'ois, s'ovançant. ^ Mon gendre, écoutez-moi...
LEVERQUIN. — Je VOUS ai aperçue tous ESTELLE. — Qu'est-ce qui va se passer 1 les deux... Tu ne m'as pas reconnu ?
ESTELLE. — Non... si... il m a semble...
LEVERQUIN. — J'avais envie d'aller
goûter avec vous, mais j'étais justement
Petites Folles
avec UB de mes collègues... et nous causions d'une affaire pressée... Je me suis dit : a Ils mangeront bien sans moi- »
LUCIENNE, bas, à Estelle. — Ah ! il n'est pas jaloux.
ESTELLE, vexée. — Mais il 6e moque de moi. {Haut, .<e hi'ant, à son mari.) Et vous, comment vous trouviez-vous dans ce quartier ?
LEVERQUIN. — J'avais fait un crochet en revenant du Palais.
ESTELLE. — Ce n'est pas très clair, cela. Pourquoi un crochet ?
LEVERQUIN. — Pour accompagner Regrattier... dont l'étude est par là.
ESTELLE. Hum!
LEVERQUIN, riant. — Je n'allais pas chez une femme, je t'assure... (A part.) J'en venais.
MADAME VARiNOis. — Ah ! j'ai un poids de moins !... Dites-moi, mon gendre, il faut que je vous parle de votre beaufrère...
LEVERQUIN. — De Biidel ?... A vos ordres, belle-maman.
MADAME VARiNOis, passant avec lui dans la pièce à côté. — Figurez-vous que M. Bridel...
Elle sort avec Leverquin.