ACTE TROISIÈME
LEBARDIN, continuant.
Et hier soir...
SUZANNE
Et hier soir vous arrivez par le train de onze heures... Je le sais bien, mon ami, je le sais bien.
LEBARDIN
Laissez-moi achever. Quand j'aurai fini, vous verrez comme la situation sera nette.
Hier soir donc, j'arrive à la gare d'Orléans. Vous m'attendiez. Je n'ai pas besoin de vous dire quelle délicieuse surprise ça a été pour moi de vous trouver à la gare. Nous prenons un fiacre, — ne riez pas, je vous prie, ne riez pas. — Nous prenons un fiacre et je donne votre adresse au cocher. Dans le fiacre j'essaye de vous embrasser. Vous me dites, avec une certaine indignation : « Oh ! mon ami, dans un fiacre! » Je n'insiste pas, parce que je pensais : « Nous n'y serons pas tou
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jours dans le fiacre! » Nous arrivons à votre porte, nous descendons, je sonne, et alors vous me murmurez à l'oreille : « Si vous étiez bien gentil, vous ne savez pas ce que vous feriez? Yous iriez à l'hôtel, parce que ce soir je tombe de sommeil. »
SUZANNE
C'était vrai, je tombais de sommeil, positivement.
LEBARDIN
Je continue à ne pas insister.
SUZANNE
Vous avez été charmant, je n'oublierai jamais ça.
JLEBARDIN
iMoi non plus. Je vais donc au Grand-Hôtel, je passe une très mauvaise nuit. Je ne vous reproche rien. Enfin, ce matin, je reçois un petit bleu de vous, m'invitant à déjeuner.