‹ La petite fonctionnaireChapitre 114 sur 130 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADAME LEBARDIN

Ah! Et cet appartement a été meublé par vous, de vos deniers. Je vous défie de dire le contraire, je vous en défie. Dites-donc le contraire?

LEBARDIN

Je pourrais le dire, si je voulais, oui je pourrais le dire, mais je ne le dirai pas. Oui! il a été meublé par moi, l'appartement. Il m'a coûté dix-sept mille cinq cents francs.

MADAME LEBARDIN, éclatant.

Ainsi vous avouez que vous avez une maîtresse à Paris, vous l'avouez avec un cynisme monstrueux!

LEBARDIN

Alors! tu t'imagines qu'il suffit d'entretenir une femme pour qu'elle soit votre maîtresse? Ce serait trop commode! Ah! tu es bien de la province, toi! Je n'ai aucune maî-

tresse, je répète et j'insiste, je n'ai aucune maîtresse.

MADAME LEBARDIN

Et vous pensez que je vais gober de pareilles balivernes] C'est trop fort à la fin, je commence à en avoir assez.

LEBARDIN

Et moi donc!

MADAME LEBARDIN

Vous dites?

LEBARDIN

Je dis que moi aussi, je commence à en avoir par-dessus la tête! Est-ce que je t'ai jamais fait un mensonge? Est-ce que je t'ai jamais raconté seulement une blague? Quand je te dis que je n'ai pas de maîtresse, tu n'as pas le droit d'en douter, tu n'en as pas le droit, tu entends.

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