‹ La petite fonctionnaireChapitre 115 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MADAME LEBARDIN

Mais attrape-moi donc tout de suite, attrapemoi donc, ce sera plus simple... !

LEBARDIN

Mais j'agirais comme Pagenel qui a trompé sa femme au bout de six mois de mariage, tu ne me parlerais pas autrement! Est-ce que je n'ai pas toujours été un mari excellent?

Un mari fidèle? Mais j'en arrivais à être ridicule de fidélité! Oui, Madame, ridicule! Vous ne comprenez pas ça, vous... Les femmes ne saisissent pas ces nuances-là. Et voilà qu'au bout de vingt ans, tu te mets tout d'un coup h devenir soupçonneuse et accariâtre*

MADAME LEBARDIN

Moi!

LEBARDIN

Tu te mets à me guetter, à me surveiller.. -

«HAMÉCte.

MADAME LEBARDIN

Moi?

LEBARDIN

Je ne peux plus faire un pas sans t'avoir sur mes talons!

MADAME LEBARDIN

Moi!

Il ne te manque plus que de me faire suivre par la police. Et aujourd'hui, parce que je fais un malheureux petit voyage à Paris, et Dieu sait si j'y ai fait du mal à Paris! parce que je dépense dix-sept mille cinq cents francs à acheter des meubles, tu me traites comme le dernier des derniers. C'est à vous dégoûter de la vertu et de la bonne conduite, ma parole d'honneur !

MADAME LEBARDIN

Voyons, ne te fâche pas... J'ai peut-être exagéré...

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