SCENE XIV LEBARDIN, LE VICOMTE
LE VICOMTE
Vous avez à me parler, Lebardin?
A<àTE TROISIEME 269
LEBARDIN
Voici, mon cher vicomte. J 1 ai entendu, moitié sans le vouloir et moitié en écoutant, la fin de la conversation que vous venez d'avoir avec Mademoiselle Borel... Et je viens vous donner un conseil, qui sera un conseil d'ami, quoique vous m'ayez appelé cette brute de Lebardin . . . (Mouvement du vicomte.) Ça ne fait rien.
LE VICOMTE
Et quel est ce conseil?
LEBARDIN
Eh bien! vous allez divorcer, n'est-ce pas?... J'ai entendu... Eh bien! quand vous aurez divorcé, épousez Mademoiselle Borel, épousezlà. Vous n'avez que ça à faire, c'est moi qui vous le dis.
Elle est bonne ! Vous me conseil lez d'épouser votre maîtresse.
LEBARDIK
Ça! qu'est-ce qu'ils ont donc tous à s'imaginer que j'ai une maltresse? Je vous àié que je n'en ai pas... que je n'en ai jamais eu... et au train dont vont les choses, il est probable que je n'en aurai jamais.
LE VICOMTE
Comment! vous voulez me faire croire que vous n'avez pas?...
LEBARDIN
Non!
LE VICOMTE
Que vous n'avez?...
LEBARDIN
Non!
LE VICOMTE
Que vous?...
Non.
LE VICOMTE
Ce serait curieux, ça, par exemple, ce serait curieux!... Mais allons donc!... vous vous moquez de moi ; naturellement, vous êtes un galant homme... Merci, je sors d'en prendre.
LEBARDIN
Enfin, aimëz-vous Mademoiselle Borel, oui ou non?
LE VICOMTE
J'aime Mademoiselle Borel... certainement mais de là à épouser une femme à qui vous .venez d'offrir des mobiliers somptueux, il y a loin, mon bon, il y a loin.
LEBARDIN, réfléchissant.
Ce n'est pas moi qui ai offert ces meubles à Mademoiselle Borel.
272 LA PETITE FO.\CTKh\NÀlRE
LE VICOMTE
C'est un autre ! C est encore plus fort alors.. . Et qui est-ce?
C'est vous*
Hein?
L£BARDJ>
LE VICOMTE
LEBAftDIN
C'est vous, puisque vous allez me rembourser immédiatement les dix-sept mille cinq cents francs que cela m'a coûté*
LE VICOMTE
Moi!
LEUÀRDttf
De cet le façon vous aurez mis dans ses meubles une femme que vous aimez et qui vous aime* et qui pourra accepter de vous une