SCÈNE VIII SUZANNE, HERMANCE
HERMANCE
Viens là près de moi!... Et tu es de passage à Pressigny?
SUZANNE
Je viens m'y fixer, au contraire.
HERMANCE
Quelle chance ! quelle chance ! Y a-t-il longtemps, mon Dieu, qu'on ne s'étaient vues ?
SUZANNE
Sept ou huit ans, depuis notre départ de la pension.
HERMANCE
Et sans nouvelles Tune de l'autre ! Ah ! on
a beau jurer de s'écrire régulièrement. On s'écrit deux ou trois fois pour commencer, et puis on n'a plus le temps, on aurait trop à se dire.
SUZANNE
J'ai su ton mariage... voilà tout.
HERMANCE
Je t'avais envoyé une lettre. D'ailleurs, je suis veuve, tu sais?
SUZANNE
Mais non, je ne savais pas, ma pauvre Hermance.
HERMANCE
Oh! Ça ne fait rien. J'en ai pris mon parti... Quand on est jeune fille, on se fait beaucoup d'illusions sur le mariage ; on s'en fait encore plus sur le veuvage. Ça n'a aucune importance. Mon mari est^mortà Pressigny, . où il avait une propriété; j'y suis restée, j'ai