‹ La petite fonctionnaire; comédie en trois actesChapitre 111 sur 136 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

J'accours. Nous déjeunons. Après déjeuner, vous manifestez le désir d'aller faire quelques emplettes dans des magasins. JNous ne restons pas une minute en tète à tête. Ensuite, vous me demandez d'inviter Pagenel et sa bonne amie à dîner.

SUZANNE

Monsieur Pagenel a été parfait dans cette circonstance, c'était bien le moins... Ne dirait-on pas que tout cela est extraordinaire?

LEBARDIN

Mais si!... Voilà où est votre erreur, justement. C'est extraordinaire. Vous ne pouvez même pas vous rendre compte à quel point ça l'est. Oui, oui, je sais bien qu'à Pressigny je vous ai promis de... de... Mais quand vous connaîtrez la vie davantage, vous saurez qu'on fait des promesses dans certains cas, mais que ces promesses, il est convenu, il est tacitement convenu qu'on ne les tiendra pas. Mais oui, que voulez-vous que je vous dise? C'est

comme ça! Lorsqu'un homme et une femme se trouvent dans la situation où nous sommes, il y a un vieil usage, un usage remontant à la j plus haute antiquité qui exige que la femme. . . | que la femme... fasse... des concessions... i montre. . montre... de la bonne volonté... | Mais oui... Ça a toujours été comme ça, je ', vous assure. Alors, voilà, moi, maintenant \ moi... comme je suis obligé de rentrer demain matin à Pressigny et que je ne pourrai pas revenir avant longtemps peut-être... je vous demande si vous exigez que j'aille encore... que j'aille encore à Thôlel cette nuit. J'ajoute. . j'ajoute qu'en vous demandant cela, je vous demande une chose qui n'est pas extravagante. Et si des gens nous écoutaient, je vous jure qu'ils seraient de mon avis et qu'ils trouveraient comme moi que c'est une chose toute naturelle que je vous demande.

SUZANNE

Voyons, ne froncez pas les sourcils, ne vou.s fâchez pas...

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