‹ La petite fonctionnaire; comédie en trois actesChapitre 121 sur 136 · ACTE TROISIEME 24b · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME 24b

MADAME LEBARDIN

Mais attrape-moi donc tout de suite, attrapemoi donc, ce sera plus simple... !

LEBARDIN

Mais j'agirais comme Pagenel qui a trompé sa femme au bout de six mois de mariage, tu ne me parlerais pas autrement! Est-ce que je n'ai pas toujours été un mari excellent? Un mari fidèle? Mais j'en arrivais à être ridicule de fidélité! Oui, Madame, ridicule! Vous ne comprenez pas ça, vous... Les femmes ne saisissent pas ces nuances-là. Et voilà qu'au bout de vingt ans, tu te mets tout d'un coup à devenir soupçonneuse et accariâtre.

MADAME LEBARDIN

Moi!

LEBARDIN

Tu te mets à me guetter, à me surveiller..-

246 LA PETITE FONCTIONiNAIRE

MADAME LEBARDIN

Moi?

LEBARDIN

Je ne peux plus faire un pas sans l'avoir sur mes talons !

MADAME LEBARDI>'

Moi !

LEBARDIN

Il ne te manque plus que de me faire suivre par la police. Et aujourd'hui, parce que je fais un malheureux petit voyage à Paris, et Dieu sait si j'y ai fait du mal à Paris! parce que je dépense dix-sept mille cinq cents francs à acheter des meubles, tu me traites comme le dernier des derniers. C'est îi vous dégoûter de la vertu et de la bonne conduite, ma parole d'honneur I

MADAME LEBARDIN

Voyons, ne te fâche pas... J'ai peut-être exagéré...

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