PAGE>'EL
Oui... oui...
LEBARDIN "
Un jour, en passant devant le magasin, tu étais avec moi... je l'aperçois à travers la vitre. Je m'arrête brusquement. Elle me regarde, elle sourit. En trois secondes, tu entends, pas une de plus, en trois secondes j'étais pris! Elle me tenait, elle pouvait faire de moi ce qu'elle voulait!
PAGENEL
Le classique coup de foudre... Tu étais pour blondes à celte époque... pour blondes avec l'air candide et virginal.
Le soir même, nous l'attendions à la sortie, — c'est toi qui me fais raconter cette histoirelà, c'est idiot, — je l'invite à dîner.
PAGENEL
Elle accepte immédiatement.
LEBARPIN
Après diaer, tu nous laisses seuls... Je la reconduis jusque chez elle; seulement à la porte, elle me dit : « Je ne peux pas ce soir; ce soir, mon amant est là. » Et elle n'a voulu ni ce soir là. ni le lendemain, ni les jours suivants! A chaque instant, nous dînions ensemble, mais ça n'allait jamais plus loin. Elle changeait d'amant tous les quinze jour?:; elle prenait n'importe qui; moi, jamais, jamais, jamais! J'avais beau lui dire : « Mais, nom d'un chien, puisque vous change/ d'amant lout le temps, pourquoi j)as moi autant qu'un autre? » Elle me répoiidail : (< Vous, je vous aime bien, on est bons camarades, mais le reste, je ne le pourrais pas. Ça a duré dix-luiil mois, mon ami. dix-huil mois, et ça a beau être fini depuis vingt ans; j'ai beau ôlre sûr que Louiselle est aujour-