‹ La "Petite Hermine" de Jacques Cartier, et diverses monographies historiquesChapitre 37 sur 50 · Charlevoix, t. I, p · texte numérisé non relu

Charlevoix, t. I, p

Marquise de La Rocque et Françoise de La Rocque \ Il y eut, en outre, la fameuse Marguerite, nièce de Jean-François, que celui-ci, lors de ses courses en Amérique, abandonna avec son amant et sa nourrice Damienne (d'autres disent Bastienne) sur l'île de la Demoiselle. Après avoir vécu pendant vingtneuf mois sur cet îlot inhospitalier, l'infortunée Marguerite, recueillie par des marins et conduite en France, se serait réfugiée à Nontron, dans le Périgord, afin d'éviter la colère de son oncle. André Thévet, qui rapporte ce touchant épisode, dans sa Cosmographie universelle, était l'ami, le familier de Roberval '.

Voilà ce qui nous est parvenu de la famille des La Rocque. Elle était considérable et considérée. Celui qui aurait pu en conserver le nom aussi bien que le prestige faillit à la tâche. Il ne songea pas même à faire souche, préférant la vie de plaisir, d'opulence aux joies de la famille. L'on se complaît cependant à reconnaître

1. Ces renseignements généalogiques ont été puisés aux archives du château de Koberval par M. l'abbé Emile Morel, curé de Chevrières, qui les a publiés en 1892 dans le Bulletin de la Société historique de Compiègne.

2. Thévet, l'Heptaméron des Nouvelles de très illustre et très excellente Princesse Marguerite de Valois, Eoyne de Navarre, Paris, 1559, Nouvelle LXVII.

dans le seigneur de Roberval, vice-roi du Canada, de l'énergie dans ses entreprises et un grand fond de patriotisme.

Lors de sa majorité, Jean-François de La Rocque prit possession des biens que lui avait légués son père. Il en acquit lui-même de nouveaux, car on le voit, à cette époque, mentionné comme seigneur de Roberval, Noë Saint-Remy, Noë Saint-Martin, Racouel et Mauru, au duché de Valois (Oise), de Seuil, Acy-lès- Rethel, Poix et Saint-Soupplex, dans le Rethelois (Ardennes), d'Arzains et Armenys, dans le Languedoc (Aude).

Son faste lui attira des amis, et sa prodigalité tout un essaim d'adulateurs. Clément Marot, dont la bourse était le plus souvent à sec, ne se fit pas faute de frapper à la porte du brillant seigneur. Pour le toucher il lui adressa une épître en vers, dans le genre de son épître à François i*"", où il s'agissait d'un important emprunt d'argent. A lui le poète demande un cheval. La pièce sent son Marot, au ton familier et à la tournure obséquieuse du quémandeur. La voici :

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