U2 LA PETITE LA SUFFISANCE THYROÏDIENNE
Elle est fréquente dans Thypothyroïdie bénigne chronique, coïncide avec les goitres, etc.
Toutefois, il ne faudrait pas supposer que tous les cas de constipation essentielle fussent thyroïdiens, non plus que la constipation fît nécessairement partie du tableau de l’hypothyroïdie. Les myxœdémateux même peuvent n’être pas constipés, ce qui tient à ce que l’ensemble des fonctions n’est pas uniformément touché chez tous les sujets hypothyroïdiens. Il semble d’autre part que, môme si l’on envisage la constipation endocritique, tout au moins d’après les résultats du traitement, d’autres glandes, l’ovaire par exemple, la surrénale, puissent être incriminées.
Par contre, il ne faudrait pas de l’absence de résultats du traitement dans un cas de constipation, conclure à une constipation non thyroïdienne.
En effet, la dose de corps thyroïde, nécessaire pour combattre la constipation du sujet, peut n’être pas bien supportée par le sujet, par suite de l’existence chez lui de troubles hyperthyroïdiens, favorisant une sorte d’anaphylaxie partielle. Nous avons vu le fait chez une malade du professeur Gilbert, atteinte de rhumatisme chronique. Elle vit céder sa constipation à des doses de 0s*^,05 centigrammes de préparation sèche de thyroïde, qui lui donnèrent par contre de l’oppression (elle a été soignée autrefois pour delà fausse angine de poitrine). Soumise au traitement thyroïdien, par cachets de O^bOOo milligrammes, elle supporte cette dose, s’améliore pour son rhumatisme, mais sa constipation n’est pas alors modifiée.
On peut donc concevoir une constipation thyroï-
EXPOSÉ GLIMQUE.
dienne qui ne soit pas modifiée par la thyroïdothérapie.
La notion de la constipation thyroïdienne rend compte d'un certain nombre de particularités de r histoire de la constipation.
Une fois admise l’existence de la constipation thyroïdienne, cette notion permet d’interpréter quelques particularités de l’histoire de la constipation : sa fréquence plus grande chez la femme ^ car la pathologie thyroïdienne est surtout féminine, par suite des rapports du corps thyroïde et de l’ovaire; l’influence, sur la constipation, des menstrues, qui peuvent l’augmenter ou la faire disparaître; de la grossesse, qui, suivant l’état thyroïdien correspondant, réserve faite de l’intervention des surrénales que nous avons notée dans un cas de constipation, peut influencer l’intestin de façon différente. La notion thyroïdienne peut de même expliquer V hérédité, le caractère familial de la constipation, en tant que phénomène thyroïdien. Peut-être même l’action des émotions sur l’intestin ne se fait-elle pas sentir toujours directement, mais entraîne-t-elle la participation de glandes régulatrices, telle que la thyroïde.
5® De ces diverses considérations on peut conclure que la constipation est un stigmate thyroïdien et que le traitement thyroïdien est le traitement pathogénique de la constipation essentielle. Il agit en effet sur l’intestin, non seulement pendant qu’il est appliqué, mais ses effets sont en général durables. En outre, il n'agit pas seulement sur la
constipation, mais sur le tempérament du sujet et fait disparaître ainsi les symptômes, tels que la migraine, que les auteurs rattachent parfois à la constipation, mais qui sont, en réalité, des syndromes simultanés, qui dépendent d’une même cause plus générale.
Le traitement thyroïdien, appliqué à la constipation des thyroïdiens, suivant les règles qui s’appliquent à l’instabilité thyroïdienne, et en tenant compte de l’hyperthyroïdie concomitante, utilisera pour commencer les doses de Os'^,005 milligrammes, de 0s>‘,025 milligrammes, de 0^',10 centigrammes.
Dans certains cas, les premiers résultats seront obtenus dès les premiers cachets. Le traitement sera alors pierre de touche. Parfois le traitement efficace, d’autre part, ne donnera de résultats que tardivement. Ultérieurement, l’emploi des doses devra tenir compte de V accoutumance^ ou inversement de V anaphylaxie. La précision des doses se manifeste parfois par ce fait qu’une dose, légèrement supérieure à une dose efficace, produira un résultat inverse à celui du traitement thyroïdien. Ce fait peut servir à l’interprétation du mécanisme d’action du traitement thyroïdien contre la constipation — dont nous allons dire un simple mot.
6® Sans nous étendre sur cette question de théorie que des recherches plus précises de physiologie, de chimie, de radiologie, permettront de trancher, on peut admettre que le traitement thyroïdien exerce à la fois contre la constipation une action sécrétoire et une action neuro-musculaire, chacune de ces deux influences pouvant prédominer ou se
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trouver associée dans un certain nombre de cas.
L’action sécrétoire est démontrée par le rejet, dès le début du traitement, de glaires sanguinolentes, chez un sujet qui n’en avait jamais présenté auparavant; par la production d’une poussée d’entérite par le traitement, chez une malade constipée, mais qui avait toujours des débâcles intestinales pendant les règles. M. Marbé, a montré, à la Société de Biologie, l’augmentation de la sécrétion du suc intestinal par le traitement thyroïdien chez des chiens fistulisés.
La théorie neuro-musculaire répond à un plus grand nombre de faits. Elle explique l’action du corps thyroïde sur l’atonie musculaire de l’intestin, la régulation possible des spasmes, lorsqu’il est employé à petites doses, l’augmentation de ces spasmes, lorsque le traitement est employé, à doses moins bien supportées. Il faut tenir compte, à ce point de vue, de deux variétés de constipation thyroïdienne : une constipation hypothyroïdienne, par insuffisance intestinale, une constipation hyperthyroïdienne, par excès de fonction intestinale, justiciables de modes d’administration différents de la substance thyroïdienne.
On pourrait se demander si l’action du corps thyroïde sur l’intestin se produit directement sur cet organe (mis à part l’intermédiaire hormonique et la participation du système nerveux). Le corps thyroïde, par exemple, fait-il intervenir pour la régulation de l’intestin une action de V estomac"! Nous ne le croyons pas, parce que nous avons vu l’intestin se régulariser, chez des dyspeptiques, sans modification, au moins apparente, de l’état
LA PETITE IINSLFFISAINCE THYROÏDTEÎ^INE.
stomacal. Le corps thyroïde fait-il intervenir le foie en vertu des rapports qu’il affecte avec cet organe et qui sont étudiés plus loin? Le fait n’est pas impossible.
Quoi qu’il en soit, les deux notions, d’ailleurs connexes, qu’il faut surtout retenir, c’est qu’il existe une constipation thyroïdienne, qui n’est pas différente de la constipation banale essentielle, et que, contre elle, on doit utiliser, avec précaution et discernement, et, en suivant de près les malades, la médication thyroïdienne à doses appropriées au tempérament des sujets qui en sont atteints.
B. — TROUBLES INTESTINAUX RATTACHÉS INDIRECTEMENT A L’INSUFFISANCE THYROÏDIENNE