A. — COEUR
Les documents, concernant l’état du cœur dans l’insuffisance thyroïdienne, sont très peu nombreux, contrairement à ceux qui sont relatifs au cœur dans l’hyperthyroïdie.
L’expérimentation, comme l’étude de la maladie de Basedow, comme certains incidents de la thérapeutique thyroïdienne, établissent que Thyperfonctionnement thyroïdien se traduit par l’accélération des battements du cœur, qu’il y ait palpitations ou seulement tachycardie. Et l’on sait que la tachycardie est un symptôme capital du goitre exophtalmique. Inversement, dans le myxœdème, les battements du cœur sont souvent ralentis.
On peut alors supposer que dans les états thyroïdiens, qui dérivent du myxœdème, et en sont, si l’on veut, des formes atténuées, le ralentissement du
EXPOSE CLINIQEE.
pouls peut être constaté. Il y a bradycardie ou tendance à la bradycardie. C’est ce que nous avons, à maintes reprises, constaté. Pour prendre quelques exemples, un neuro-arthritique atteint d’asthme nasal et de vertiges avec chutes avait le pouls à 60. Le traitement thyroïdien, améliorant le sujet pour l’ensemble, a l’ait remonter le pouls à 72. Nous avons relevé le cas d’un rhumatisant chronique chez qui le cœur, qui battait à 4)^, a fourni rapidement, sous l’influence du traitement, 96 pulsations à la minute. Chez un malade du professeur Roger atteint de rhumatisme chronique avec psoriasis et rétraction de l’aponévrose palmaire, le pouls qui était ralenti avant tout traitement (40 pulsations à la minute) s’éleva successivement à 108.
M. Vincent a fait cette remarque, qu’alors qu’à l’état normal il existe un écart de 8 à 9 pulsations cardiaques, suivant la position du corps, la différence peut atteindre 15, 20, 25 pulsations, dans l’hypothyroïdie, selon que le sujet est examiné debout ou couché. Il y a donc dans l’hypothyroïdie une bradycardie clinostatique . La notation du nombre des battements cardiaques offre un intérêt, au point de vue thérapeutique. La bradycardie autorise, dans une certaine mesure, l’emploi de doses plus élevées de substance thyroïdienne. C’est du reste la fréquence du pouls qui représente un des moyens de surveillance de la thyroïdothérapie.
Y a-t-il des affections du cœur en rapport avec l’hypothyroïdie? M. Huchard a soulevé l’hypothèse que le rétrécissement mitral congénital pourrait
évoluer à la faveur d’une insuffisance thyroïdienne de développement. C’est cette dernière qui rendrait compte alors du nanisme, des troubles vasomoteurs, qu’on trouve chez les sujets atteints de rétrécissement mitral, symptômes que des troubles mécaniques, circulatoires, ne sont peut-être pas suffisants à provoquer. On peut tirer argument de ce que le rétrécissement mitral coïncide parfois avec le myxœdème, comme dans le cas de M. L. Klippel. Mais, pour donner la démonstration absolue de la nature hypothyroïdienne de ces rétrécissements, il faudrait pouvoir les modifier par le traitement thyroïdien.
Les rapports entre les affections du cœur et le thyroïdisme peuvent être envisagés à un point de vue tout différent. A propos d’un sujet atteint d’une cardiopathie congénitale, soumis à la thyroïdothérapie à petites doses, nous avons démontré que des troubles communément considérés comme cardiaques, tels que dyspnée, palpitations, et même cyanose et attaques syncopales, ne sont parfois que des symptômes thyroïdiens attirés sur l’appareil cardiaque du fait d'une cardiopathie et cèdent au traitement thyroïdien à petites doses.