B. — ARTÈRES
La question de pression doit tout d’abord préoccuper. Elle a fait l’objet des travaux de Livon. de Guinard et Martin, et surtout de de Cyon, qui a décrit une racine du nerf laryngé supérieur, mettant le cœur en communication directe avec la glande thyroïde. Jusqu’à présent, les recherches
EXPOSÉ CLINIQUE
physiologiques ne sont pas suffisantes pour établir d’une façon indiscutable l’action du corps thyroïde sur la pression artérielle, ce qui peut tenir à la présence dans la glande thyroïde de substances à action différente sur la pression artérielle. La choline incriminée par M. Gautrelet, par Lohmann, par Fürth et Schwarz, comme agent hypotenseur, n’interviendrait pas pour MM. Bousquet et Pachon, car l’atropine, antagoniste total de la choline, en ce qui concerne la tension artérielle, laisse persister dans son intégrité l’effet hypotenseur de la
Par la thyroïdectomie^ Cunningham a observé chez les chiens un abaissement moyen de la tension artérielle qui persiste longtemps. MM. Jeandelize et Parisot ont noté pareil résultat chez le lapin. Au point de vue clinique, à la suite de Muggia et Morgagni, MM. Jeandelize et Parisot ont noté au cours du myxœdème un abaissement de la tension artérielle, aussi bien par rapport à l’âge, que par rapport à la taille des sujets.
M. Variot a étudié, chez les sujets atteints de débilité mentale, la coexistence d’ichtyose et de microsphygmie. Il s’agit d’une petitesse telle des pulsations artérielles, qu’on n’arrive pas à les percevoir. M. Vincent a rapporté tout ce syndrome à l’insuffisance thyroïdienne.
La microsphygmie ferait donc partie de l’hypothyroïdie.
Comme lésions, MM. Haushalter et Jeandelize ont observé à l’autopsie d’une enfant de 15 ans un athérome de la crosse de l’aorte, se propageant vers le tronc brachio-céphalique et les carotides primi-
LA PETITE INSUFFISANCE TIlYUOiDIENNE.
tives. MM. Marfan et Guinon, Bourneville avaient déjà apporté pareille constatation. La thyroïdectomie est d’ailleurs capable de produire l’athérome. Pineles a noté l’existence de l’artério-sclérose chez une chèvre thyroïdectomisée. Il est donc permis de se demander si, dans l’athérome des arthritiques et dans l’artério-sclérose, l’insuffisance thyroïdienne ne joue pas un rôle. A ce point de vue, il y aurait comme une sorte de contradiction entre l’action du corps thyroïde sur la pression artérielle qu’elle abaisse et la production de l’artério-sclérose, subordonnée en partie, comme l’a montré M. Huchard, à l’hypertension artérielle.
On est donc conduit à faire intervenir un autre mécanisme, peut-être toxique, pour expliquer des résultats, parfois opposés en apparence. La participation des capsules surrénales au problème de l’artério-sclérose, comme de la pression artérielle, ne saurait, en aucune façon, être méconnue. Or l’activité de ces glandes n’est pas toujours parallèle à celle delà thyroïde.
Pour en finir avec cette question, relevons qu’au point de vue thérapeutique, Huchard a préconisé l’emploi du corps thyroïde contre l’artério-sclérose, que M. Barth se sert de cette médication dans la première phase de l’artério-sclérose, et que nousmêmes l’utilisons depuis nombre d’années.