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I). — PHÉNOMÈNES VASO-MOTEURS

Les troubles A^aso-moteurs sont fréquents dans l’insuffisance thyroïdienne. Ceux qui se rattachent directement à l’hypothyroïdie sont continus et font partie de la série de la cyanose. Etudions les troubles vaso-moteurs cutanés.

a) En première ligne, il faut placer l’acrocyanose. On la rencontre surtout l’hiver; elle siège de préférence aux mains, qui sont froides, glacées, à teinte violette. La coloration s’exagère dans la position déclive, la pression du doigt produit une tache blanche qui persiste un temps prolongé.

L’acrocyanose se rattache fréquemment aux troubles thyroïdiens, comme nous l’avons signalé, et comme l’a confirmé M. Vincent. Elle dépend

llü 1 A PETITE INSUFFISANCE THYROÏDIENNE.

alors de l’insuffisance thyroïdienne. En effet, ce signe se rencontre dans le myxœdème, se trouve dans l’hypothyroïdie bénigne chronique, fait partie des petits signes de l’insuffisance thyroïdienne. Il coïncide avec d’autres petits signes d’hypothyroïdie (refroidissement des extrémités, gonflement et sécheresse de la peau), sans parler des nombreux symptômes d’insuffisance thyroïdienne, dont souffrent simultanément les malades. Ce qu’il faut mettre en relief, c’est l’action favorable du traitement thyroïdien contre un certain nombre de cas de ce genre.

b) Un second symptôme est le livédo : trouble vaso-moteur disposé par bandes, traînées, anneaux bleuâtres, circonscrivant des intervalles de peau saine. Le livédo chronique peut dépendre, dans certains cas, de l’insuffisance thyroïdienne et guérir par le traitement thyroïdien.

Ces deux symptômes, s’ils ne se rattachent pas à une maladie bleue, à un emphysème considérable, à une splénomégalie, à une cyanose entérogène, doivent faire songer à une insuffisance thyroïdienne, diagnostic que viendront confirmer les bons résultats de la thérapeutique.

c) Il faut rapprocher des signes précédents les engelures (Hertogiie), qui évoluent parfois sur un terrain d’hypothyroïdie et sont susceptibles de disparaître ou de s’améliorer, sous l’influence du traitement thyroïdien, comme nous en avons observé quelques cas.

A côté des troubles continus, il convient de ranger des troubles vaso-moteurs paroxystiques^ qui appartiennent également à la série de la cya-

EXPOSE CLINIQUE

nose, et dont la maladie de Raynaud offre les éléments et la synthèse.

La maladie de Raynaud, envisagée avec ses trois stades : syncopal, asphyxique, sphacélique, est susceptible, comme nous l’avons montré dans un travail antérieur, de se modifier profondément par le traitement thyroïdien. Mais le caractère paroxystique de l’affection, son absence dans le myxœdème, les cas de maladie de Raynaud associée à la maladie de Basedoxv, nous ont conduit à considérer que la maladie de Raynaud, tout en ayant des attaches avec l’insuffisance thyroïdienne, dépendait essentiellement d’une hyperthyroïdie paroxystique. C’est V instabilité thyroïdienne (jui se trouve à sa base. Toutefois, on peut se demander si ce n’est pas un excès d’adrénaline, déversé d’une façon intermittente dans le sang, qui déterminerait les troubles paroxystiques de la maladie de Raynaud. Le terrain thyroïdien explique les rapports classiques de la maladie de Raynaud avec les engelures et la sclérodermie. La syncope locale, premier stade de cette affection, est un symptôme rencontré fréquemment; il fait partie du petit brightisme de Dieulafoy. Il pourrait n’être que la mise en évidence, du fait de l’insuffisance rénale, d’une perturbation thyroïdienne restée latente. Il pourrait être aussi la conséquence de l’hyperadrénalémie paroxystique. Peut-être faut-il faire intervenir, dans sa production, l’insuffisance parathyroïdienne, qui conditionne les syndromes spasmodiques, et que Campania rendue responsable du petit brightisme. 11 y a lieu de rapprocher, dans cet ordre d’idées, les troubles vaso-moteurs de la tétanie.

Ce n’est pas tout. A titre de réaction, des troubles vaso-moteurs peuvent survenir, d’une façon paroxystique, dans l’hypothyroïdie, tout en faisant partie du tableau habituel de l’hyperthyroïdie et appartenant à la série de Vérythrose. La teinte est rouge, parfois écarlate. Elle siège au niveau des extrémités. La pression du doigt détermine une tache qui disparaît plus vite que normalement. De la chaleur, des transpirations, du gonflement, des douleurs, s’associent parfois aux troubles vasomoteurs.

L’érythromélalgie peut être localisée, au nez, par exemple, susceptible, dans ce cas, de céder au traitement thyroïdien, ce qui indique que l’érythrose était alors réactionnelle.

Le syndrome érythrique peut être atténué, consister seulement en bouffées de chaleur, liées quelquefois à une insuffisance ovarienne, qui entraîne, chez un insuffisant thyroïdien, une hyperthyroïdie compensatrice. C’est parfois le travail digestif qui fait apparaître ces symptômes; mais le résultat du traitement thyroïdien montre qu’il y a, dans ces faits, un enchaînement de mécanismes, parmi lesquels le mécanisme thyroïdien joue un rôle important.

Les troubles vaso-moteurs ne se produisent pas seulement au niveau de la peau. On peut admettre que l’innervation vaso-motrice peut être troublée, dans toute son étendue, et que bien des troubles fonctionnels sont conditionnés par les perturbations vaso-motrices. Nous avons émis l’hypothèse que dans la migraine, l’asthme, il se produisait, au niveau du « noyau de la migraine », du centre asthmogène, une modification vaso-motrice sous la

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dépendance de la dysthyroïdie. Des troubles vasomoteurs expliquent peut-être en partie aussi les phénomènes gastriques et intestinaux des thyroïdiens. Hardmann pense que la thyroïde est responsable d’un grand nombre de troubles vasculaires.

L’intermédiaire vaso-moteur rapproche les accidents du neuro-arthritisme thyroïdien des angioneuroses de Rapin, mais notre conception entraîne une thérapeutique efficace, applicable même au rhumatisme chronique que Rapin n’a pu faire rentrer dans les angioneuroses.

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