‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 24 sur 61 · K. — SANG · texte numérisé non relu

K. — SANG

L’insuffisance thyroïdienne comporte une série de troubles du sang qui ont surtout été étudiés dans les formes sévères.

On connaît la diminution des globules rouges dans le myxœdème et sous l’influence de la thyroïdectomie.

L’hémoglobine est de même abaissée. Une lésion particulière consiste dans l’augmentation du diamètre des globules (Kræplin, Vaquez) et dans la présence des globules rouges à noyaux (Vaquez et Lebreton). Ces hématies nucléées représentent un état fœtal du sang.

Les globules blancs subissent des modifications variables, après la thyroïdectomie. Augmentés tout d’abord de nombre, ils diminueraient ultérieurement. Mais, d’après M. Vaquez, leurs altérations ne sont pas très marquées. Toutefois, le début du traitement thyroïdien se traduirait par une formation de grands leucocytes mono-nucléaires.

LA PETITE lASUEFISA?ÿCE THVIlOÏIHEANE.

Dans un cas de Neunacher, concernant nn infantile, il y avait, d’après cet auteur, un type rétrograde des éléments blancs.

Pour M. Marbé, Tablai ion du corps thyroïde détermine une modification de la formule leucocytaire, semblable à celle qu’on trouve dans les maladies infectieuses, caractérisée par l’hyperleucocytose avec polynucléose. La phagocytosi^ est polynucléaire chez les animaux éthyroïdés. L’augmentation progressive des polynucléaires s’accompagne, d’ailleurs (d’après Maubé), d’un abaissement progressif de leurs propriétés phagocytaires.

D’autres troubles méritent d’être indiqués.

Tout d’abord, d’après Nencky, le sang qui sort de la glande thyroïde diffère, au point de vue de son alcalinité et de sa richesse en fibrine et en hémoglobine, du sang artériel qui y pénètre. Il résulte, d’autre part, des recherches de Donath, que l’injection d’extrait thyroïdien augmente Talcalinité du sang, fait important à signaler; car, dans l’arthritisme, il y a hyperacidité sanguine, et à ce point de vue, Turine présentant une réaction inverse de celle du sang, les animaux thyroïdectomisés ont une urine alcaline. Par contre, le traitement thyroïdien est capable de transformer une urine alcaline sans bactéries en une urine acide, comme nous l’avons vu avec M. Ayrignac.

Pour Kottmann la coagulation du sang est accélérée par l’hypothyroïdie, il y a augmentation de fibrine dans le sang des myxœdémateux.

La veinosité du sang est augmentée par la tliyroïdectomie, comme Horsley, Albertoni et

EXPOSÉ CLINIQUE. IK

Tizzoni l’ont constaté. Ces auteurs attribuent Ions les symptômes observés à l’énorme diminution de l’oxygène du sang. Massin a de même insisté sur la diminution de l’oxyhémoglobine dans le sang, au cours du myxœdème, avec relèvement de son taux par le traitement thyroïdien.

Le sérum des animaux éthyroïdés possède des propriétés toxiques, comme l’a démontré M. Gley, en injectant du sérum de chien éthyroïdé. C’est ce que vient de confirmer M. Launoy, en injectant, dans les veines, une grande quantité de sérum de chien éthyroïdé à un animal également éthyroïdé : il note quelques contractions librillaires et l’apparition d’un état psychique (hébétude, stupeur), assez particulier, qui se rapproche de l’état d’immobilité et d’indifférence aux excitations extérieures, présenté par les myxœdémateux.

Yuchtchenko a trouvé le sérum d’animaux thyréoprives deux fois plus toxique que le sérum normal.

D’après Bajenoff, on pourrait même isoler dans le sérum de chiens éthyroïdés une substance toxique, leucomaïne, à rapprocher de la thyroprotéïde de Notkine.

D’une façon générale, d’après Mariotti, le pouvoir bactéricide du sérum sanguin est diminué. Cette question a été approfondie dans ces derniers temps. Mlle Fassin a vu, par l’injection de produits thyroïdiens aux animaux, de même que par leur ingestion, l’augmentation de la teneur du sérum en alexines. On obtient, par contre, une diminution notable de l’alexine hémolytique el b^ptéricide. chez les animaux thyroïdectomisés. M. Stépanoff a étudié l’action des préparations thyroïdiennes

sur l’index opsonique et l’a toujours trouvé augmenté chez le lapin, par introduction de l’extrait thyroïdien.

M, Marbé a montré que le pouvoir opsonisant du sérum des animaux éthyroïdés est diminué d’une manière très sensible. Notablement abaissé à la suite de la thyroïdectomie, l’indice opsonique s’élève chez les animaux soumis à l’opothérapie thyroïdienne expérimentale.

Palazzo a constaté l’abaissement du pouvoir opsonique après la thyroïdectomie, chez des lapins, même lorsqu’ils ont été immunisés par rapport aux germes (staphylocoque, tétragène) dont il s’est servi dans ses recherches.

M. Millier a noté, de même, que les extraits thyroïdiens injectés ou ingérés déterminent, surtout chez le chien, une augmentation du pouvoir hémolytique global du sérum, qui porte à la fois sur les alexines et sur les sensibilisatrices normales.

M. Valagussa a remarqué, chez les animaux hyperthyroïdés expérimentalement, en employant comme antigène le suc thyroïdien, une gêne de l’hémolyse, et se demande si la méthode de déviation du complément ne pourrait être appliquée à l’étude des états thyroïdiens.

On voit combien l’état du sang fournit, au point de vue scientifique, des recherches à poursuivre pour la connaissance de l’insuffisance thyroïdienne.

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