NEZ
L’épaississement de la muqueuse nasale, bien connu dans le myxœdème, se remarque dans le myxœdème incomplet et certains états d’hypothyroïdie. Il y a parfois une sorte d'infiltration du nez dans son revêtement cutané et dans sa muqueuse pituitaire. Par contre, le nez s’effile, s’affine par le traitement.
On note, dans l’hypothyroïdie, la facilité à contracter des rhumes. Parfois on observe une rhinite purulente, se traduisant par un écoulement, qui tache l’oreiller pendant la nuit. Il en était ainsi dans une observation concernant un enfant qui figure dans notre travail sur le myxœdème fruste. L’écoulement unilatéral céda au traitement thyroïdien. Les éternuements répétés ont été signalés par Hertoghe, dans l’hypothyroïdie bénigne chro-
EXPOSÉ CLIMQllE.
nique. Nous avons vu s’améliorer par la substance thyroïdienne des cas d'asthme nasal. Nous reviendrons sur ce syndrome, à propos des accidents de l’arthritisme dans leur rapport avec l’insutfisance thyroïdienne. Les épistaxis ont déjà été mentionnées.
Un problème intéressant est celui des végétations adénoïdes.
Hertoghe a cherché à établir une relation entre l’appauvrissement thyroïdien et les végétations adénoïdes.
Pour cet auteur, les végétations adénoïdes sont un symptôme constant du myxœdème des enfants, et même des adultes.
Mais, dans sa description, il confond les signes d’épaississement de la muqueuse nasale avec ceux des végétations adénoïdes. Une critique dans ce sens lui a été adressée par M. Jeandelize, qui admet bien l’existence d’épaississement de la pituitaire dans le myxœdème, non celle d’adénoïdisme. Sur trois myxœdémateux typiques, il n’a relevé qu’une fois des végétations adénoïdes.
Nous n’avons pas personnellement vu se modifier par le traitement thyroïdien les végétations adénoïdes. Aussi malgré l’énorme fréquence des végétations adénoïdes dans les pays à goitre, d’après MM. Rivière et Royet, pensons-nous que rien n’autorise absolument à ranger les végétations adénoïdes parmi les signes d’insuffisance thyroïdienne.
Mais il est possible que l’obstacle à l’oxygénation, créé par les végétations adénoïdes, entrave le fonctionnement thyroïdien ; aussi l’opération des végétations, en libérant la thyroïde, serait-elle suivie,
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par ramélioration des fonctions de cette glande, d’nne poussée de croissance.
Nous rapportons ici un cas, qui montre à la fois l’action du traitement thyroïdien contre les troubles de la muqueuse pituitaire, sans effet simultané sur les végétations adénoïdes. Le D’’ G. -A. Weill nous adressa une jeune fille de 17 ans, porteuse d’un petit goitre unilatéral, atteinte de troubles d’hypothyroïdie (frilosité, fatigue, alopécie) et d’hyperthyroïdie (battements de cœur, émotivité, céphalées migrainoïdes). Elle ronfle, dort et travaille la bouche ouverte, présente une légère surdité par intermittences. Le traitement thyroïdien l’améliore pour l’ensemble des symptômes thyroïdiens dont elle souffrail. Elle peut môme rester la bouche fermée 'en travaillant. Le D* G. -A. Weill constate alors que la muqueuse pituitaire est décongestionnée, mais les végétations adénoïdes en sont toujours au même point.