CHEVELURE
L’insuffisance thyroïdienne comporte les divers troubles d’alopécie acquise, spontanée, depuis les
LA PETITE liNSLFFISAACE THYROÏDIENNE.
formes partielles, incomplètes, atténuées, de la chute des cheveux jusqu’à la calvitie totale. 11 s’agit d’altérations dites idiopathiques, qu’on range dans l’arthritisme. Elles sont susceptibles de se modifier par le traitement, à condition qu’elles ne soient ni trop profondes, ni trop anciennes. Dans les cas favorables, l’effet du traitement peut se produire d’emblée et se traduire par la pousse de nouveaux cheveux, susceptibles parfois de tenir aussitôt. Ou bien les cheveux de nouvelle pousse ne tiennent pas et sont remplacés par d’autres plus solides, ou qui tombent encore. Et ce n’est alors qu’après une série de pousses et de chutes qu’un résultat définitif est obtenu. Même lorsqu’un succès est enregistré, la chute recommence parfois avec la cessation du traitement thyroïdien. Celui-ci sera, par conséquent, continué pendant des mois et des années. Il sera appliqué à des doses progressives, tout en restant appropriées à l’état du sujet. La glande thyroïde ne joue pas seulement un rôle au point de vue de la quantité des cheveux. Du fait de l’insuffisance thyroïdienne, il peut se produire des troubles dans la qualité des cheveux, qui sont plus secs, plus cassants, moins vivaces, phénomènes que combat la thyroïdothérapie.
Certaines alopécies congénitales ressortissent de même à l’insuffisance thyroïdienne. Elles peuvent être totales (nous avons soigné un cas de ce genre à la consultation du D' Brocq, et qui a fourni, par le traitement, pendant qu’il a été utilisé, un résultat tout au moins expérimental) ou partielles. Ces dernières présentent des aspects que nous avons ré-
EXPOSÉ CLIMOUE.
partis ainsi : insertion trop élevée de la lisière frontale ou fronto-pariétale — hypotrophie capillaire — infantilisme ou nanisme des cheveux.
Ces diverses formes, acquises ou congénitales, d’alopécies peuvent servir à étayer le diagnostic d’insuffisance thyroïdienne.
Il faut encore signaler la persistance prolongée des poils du duvet primitif (liypertrichose lanugineuse, par arrêt du développement fœtal), relevé par Friedjung, dans un cas de myxœdème.
A l’insuffisance thyroïdienne se rattachent encore la canitie précoce et la pelade.
Les mécanismes de production de la canitie précoce sont complexes, et, même lorsqu’elle est thyroïdienne, la canitie, tout au moins celle qui s’établit rapidement, se produit peut-être par une influence hyperthyroïdienne. On peut néanmoins la mentionner ici, car la canitie surtout si elle survient rapidement chez des sujets jeunes, et qu’elle est étendue, peut se modifier par la médication thyroïdienne prolongée.
Pour ce qui est de la pelade du cuir chevelu, nous pensons de même qu’à côté d’autres influences pathogéniques, celle de la dysthyroïdie n’est pas négligeable, et notre opinion se fonde sur l’étude clinique des malades, et sur les bons effets que nous a procurés la thyroïdothérapie dans les formes limitées de la pelade, chez les thyroïdiens^