‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 59 sur 61 · PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE FONCTIONS DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE FONCTIONS DU CORPS THYROÏDE

L’insuffisance thyroïdienne, pour produire les différents troubles que nous avons étudiés, fausse isimultanément ou plus ou moins isolément les diverses fonctions de la glande thyroïde.

Il est intéressant d’étudier les mécanismes qui président à ces perturbations. Mais la question se présente ici sous deux aspects. D’une part, l’interprétation physio-pathologique des symptômes de l’insuffisance thyroïdienne se fonde sur la connaissance des notions déjà établies, en ce qui concerne la physiologie du corps thyroïde. Mais d’autre part, l’étude des troubles d’hypothyroïdie et de l’action thérapeutique qu’exerce sur eux le corps thyroïde, jointe à l’interprétation de l’hyperthyroïdie basedowienne et des conséquences du thyroïdisme alimentaire, expérimental ou thérapeutique, permet de fixer certains points encore non élucidés de la physiologie thyroïdienne, fonctions ou sous-fonctions. C’est dans ce double esprit d’analyse et de synthèse que sera rédigé ce dernier chapitre, qu’il nous a semblé bon de placer à la fin de ce travail.

car il comporte des notions encore nouvelles et qui restent soumises au contrôle des biologistes.

Déjà Vhabitus extérieur du sujet est comme un résumé concret d’un certain nombre de processus physiologiques établis et met en relief une fonction morphogène du corps thyroïde.

L’hypothyroïdien est petit, obèse, frileux. On trouve dans ces caractères l’indice d’un ralentissement dans les échanges, les oxydations, le métabo lisme des graisses, le métabolisme du calcium.

L’apathie, l’indolence, la fatigue, la lenteur de l’insuffisant thyroïdien, manifestent de même le rôle que joue le corps thyroïde dans le fonctionnement du système nerveux.

Ces deux notions de l’action du corps thyroïde sur les échanges nutritifs et sur le système nerveux, sont parmi les mieux établies et nous les retrouverons, à maintes reprises, dans l’analyse physiopathologique d’un certain nombre de symptômes de l’insuffisance thyroïdienne, à laquelle nous allons procéder. Les perturbations du métabolisme des matériaux azotés rendent compte en partie de l’hypoazoturie, de l’uricurie, de l’ammoniurie, de l’oxalurie qu’on rencontre dans l’insuffisance thyroïdienne.

Les troubles de chaleur animale s’expliquent par le ralentissement des échanges, la diminution des oxydations, l’atténuation des fonctions musculaires qu’on trouve dans l’insuffisance thyroïdienne, sans parler de l’abaissement du tonus du système nerveux.

D’autre part, le refroidissement du myxœdème,

PIJYSIOLUGIE PATHOLOGIQUE.

îa bonne influence sur les troubles thermiques de la thyroïdothérapie, l’existence d’une fièvre thyroïdienne, que réalise la maladie de Basedow, et que peut déterminer le traitement thyroïdien, ces divers caractères nous ont permis d’admettre une fonction thermogène du corps thyroïde. C’est, si l’on veut, une fonction dérivée, secondaire. Le rôle du corps thyroïde, dans la production et la régulation de la chaleur animale, n’en a pas moins d’intérêt.

C’est encore par la diminution et des échanges, et de l’activité de diastases de nutrition, que s’explique Yanorexie, phénomène fréquemment rencontré chez les hypothyroïdiens.

Après avoir mis en parallèle l’anorexie du myxœdème, l’action favorable sur ce symptôme de la médication thyroïdienne, la boulimie paroxystique de la maladie de Basedow et les crises de fringale que peut occasionner la thyroïdothérapie, après avoir rapproché les modifications de l’appétit alimentaire, des perturbations thyroïdiennes, portant sur les appétits cérébral et sexuel, nous avons eréé le terme de fonction orégogène. Celle-ci est donc, en partie, sous la dépendance du corps thyroïde : mais il est nécessaire de bien insister sur la considération suivante qui a une valeur générale. De l’action de la glande thyroïde sur les divers appétits, il ne s’ensuit pas que cette glande soit la seule à exercer cette action. Aucune des fonctions du corps thyroïde ne lui appartient d’ailleurs en propre. Car alors la vie ne serait point possible sans glande thyroïde.

502 LA PETITE LNSUFFISAISCE THYROÏDIENNE.

La constipation est un phénomène banal. Mais son existence dans le myxœdème, sa disparition par le traitement thyroïdien, la présence du phéno mène inverse (diarrhée) dans la maladie de Basedow et le thyroïdisme alimentaire, autorise à ranger ce symptôme parmi les phénomènes d’insuffisance thyroïdienne. Il s’explique alors, soit par un trouble sécrétoire, lié à l’influence du corps thyroïde sur l’ensemble du système de sécrétion, soit par un trouble de l’action neuro-musculaire de l’intestin, que nous avons rattaché à une perturbation de la fonction calcifiante.

Cette fonction calcifiante, qui a été démontrée par la méthode directe, trouve, en particulier, sa justification dans les troubles osseux, dans les hémorragies et dans certains troubles dentaires de l’insuffisance thyroïdienne. La question est toutefois actuellement en révision et l’on a une tendance à attribuer aux parathyroïdes cette fonction qui semble dépendre en partie du moins de la thyroïde. Elle appartient peut-être à tout l’appareil thyro-parathyroïdien.

En ce»qui concerne le système pileux, outre l’action du corps thyroïde sur les sécrétions sébacée et sudorale, sur la vaso-motricité, la trophicité, le système musculaire du poil, les connexions sont manifestes entre poils et thyroïde, de par la prédominance dans les poils et le corps thyroïde de l’iode et de l’arsenic. En outre, l’abondance dans la peau, le corps thyroïde (et la surrénale) de soufre, nous a conduits à envisager un appareil tricho-dermo-thyroïdien. Mais si, par son action

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