‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 8 sur 61 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

terviennent-ils dans la production de l’hypothyroïdie? La question se pose, puisque les émotions jouent un rôle indiscutable dans ce syndrome. — L’influence du système nerveux nous paraît découler de l’observation de Cottell. Cet auteur a vu un myxœdème se produire à la suite d’un coup de feu, qui a atteint le ganglion cervical inférieur du grand sympathique, avec les fibres se rendant au corps thyroïde. Toutefois, Casagli, ayant pratiqué la sympathitectomie sur des lapins, tout en notant un surcroît d’activité fonctionnelle, d’ailleurs transitoire, des épithéliums glandulaires, ne croit pas à une influence excito-sécrétoire de ce nerf sur la glande thyroïde. — La question demande donc, pour être solutionnée, de nouveaux documents.

B. — Les troubles de résorption thyroïdienne se manifestent au maximum à propos des goitres colloïdes. Ici, la substance colloïde se trouve excrétée, non seulement en quantité suffisante, mais même en quantité excessive. Mais elle n’est point normale, puisque sa colorabilité subit des modifications, que sa richesse en iode diminue. Toutefois, ce sont surtout, dans ce cas, les propriétés de résorption du parenchyme qui sont perverties. Et c’est ce qui permet de comprendre comment avec une thyroïde augmentée de volume, — une véritable thyroïdomégalie, — le fonctionnement glandulaire global peut être très affaibli. Déjà, le jeûne entraîne, chez le lapin (Missiroli) une dilatation des follicules de la thyroïde par la substance colloïde, avec diminution, sinon absence d’activité fonctionnelle de l’épithélium thyroïdien. La reprise

de ralimentation remet la thyroïde en état d’hyperactivité sécrétoire, avec élimination rapide de la substance colloïde.

On voit, par cette courte analyse, que, pour produire rinsuffisance thyroïdienne, il faut qu’un mécanisme variable porte atteinte à la cellule thyroïdienne, que cette atteinte soit fonctionnelle et transitoire, ou qu’elle soit lésionnelle et définitive. Le trouble modifie la qualité ou la quantité de la sécrétion, le plus souvent les deux à la fois(^).

Il convient d’ajouter que, s’il s’établit des lésions d’hypertrophie compensatrice, la production d’un suc de qualité différente ne vient pas nécessairement neutraliser les viciations de la première sécrétion, et que l’activité fonctionnelle du suc thyroïdien doublement perverti, doit différer, de multiples façons, du suc normal.

Nous réservons le chapitre de physiologie pathologique, qui trouvera alors sa place d’une façon plus fructueuse, après l’étude clinique de l’insuffisance thyroïdienne, que nous allons maintenant entreprendre.

(b A l’inverse des cas dans lesquels la résorption est insuffisante, il faut placer ceux, comme la maladie de Basedow, à résorption iodée excessive, ce qui peut donner d’ailleurs, à l’examen chimique du corps thyroïde, une glande dépourvue d’iode.

EXPOSÉ CLINIQUE

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