PA B
UN CHIFFONNIER GRINCHEUX
Il s’cst produit cetto semaine, dans ma correspondance, un fait étrange, inouï, sans précédents dans les bureaux de la Chandelle ,
Un monsieur m’a écrit pour m’adresser autre chose que des injures.
Ce correspondant anormal, après m’avoir juré qu’il ne viendrait pas me souffleter si je ne tenais aucun compte de sa lettre, m’adjure au nom de mes lecteurs les plus sacrés, de mettre un peu plus d’ordre dans le classement des faits qu’avec une verve digne de M. de Tillancourt et d’un meilleur sort, je raconte hebdomadairement à mes vingt mille lecteurs.
« Pourquoi 3 inédit cet aimable contemporain, ne diviseriez- vous pas votre feuille comme les grands papiers publics en parties politique, littéraire, judiciaire, etc., etc.? ^
Je pourrais objecter à ce bien honnête monsieur que, pour jouir d’une partie politique, il me faudrait, au préalable, déposer dans les mains du gouvernement qui .timbre, une petite somme de trente mille francs; ce qui donnerait à la Chaii dette le droit imprescriptible et enivrant de parler du Crâné chauve de ftî. de Bismark et des Mêmes mandarins qui s’agitent autour du pouvoir; mais ce qui me ferait, d'un autre côté, inévitablement enfermer par ma famille dans la maisoft de fous la plus voisine.
Je pourrais lui répondre encore qu’une fois muni d’une partie politique, je me mettrais à raconter des choses tellement follichonnes, que M. Corn* mUnir0, justement ahuri, m’enverrait chaque semaine uitc cinquantaine de pages à insérer dans mon petit organe— qui n’en contient que seize, ce dont les lecteurs fi’onl jamais, du reste, cessé de s’applaudir.
Eli bien ! non, je ne dirai rien de cela à mon u m que conseiller ; e( pour prouver combien j’ai à cœur de donner satisfaction aux légitimes aspirations des lecteurs bénévoles qui hantent la Chandelle, je vais me jeter en plein dans l’idée du correspondant susdit, et prendre au journal de M. de Girard in ses célèbres rubriques.
Je commence par :