CORRESPONDANCE
Monsieur le rédacteur,
Voulez-vous me permettre d énumérer le iiualdés de mon ami Batavia, peintre sicilien qui tait d admit ables portraits?
Mon ami Batavia est de, première force ai pistolet/ d a remporté le second prix fais au tii fédéral de Uuzanne et, dans l’art de la natation, d se considère, avec raison, comme l’é mole dn savant M. Bafainet, le plus fort nageur de France, car il est venu, en faisant la planebe, du Château-d'If à l’entrée du port de Marseille, Excellent professeur d’escrime, il est redouté sur le terrain, A l’occasion, il démarre un cheval dans ouinze jours, etlereud ir es agréable à monter. Comme musicien, il
té
îoint, à une voix suffisante, la manière de phraser suivant la méthode italienne. Tout cela se complète par nn visage aux traits fins, purs, corrects, d’une rare distinction.
Si cet éloge vous semble exagéré, rassurezvous, monsieur. Je serais beaucoup plus long en vous racontant les défauts^ \ices et turpi tudes de mon ami Batavia, mais, avec voire permission, je n’entamerai point cechapiL.e aujourd'hui.
La pantomime, vous le savez, est l’apanage du génie italien. Sous Augure, florissait Bathylle, le favori de Mécène, l’.aligula adorait le pitre Lépidus Mnester, et Néron lui-même excellait clans cet art. Malheureusement, le masque empêchait alors d’étudier les jeux intéressants du visage humain. Mon ami Batavia ajoute aux traditions an iques toute la perteclion de la mimique moderne.
Combien je regretté, monsieur le rédacteur, que vous ne l’ayez pas vu, le gtan ,u ’ • e, quand, après nos modestes dîners «» Lopin Consolateur, il nous émervedlait en nous ietraçant, par de simples mouvements de phj-
sionomio, les pîïases successives du plus violent orage î
D’abord, le visage est rayonnant, le front serein, les yeux sont diamantés, et les lèvres entr’onverles de la bourbe souriante laissent voir l’émail humide des dents! — C’est le soleil ! — C’est le beau temps !
Insensiblement les traits prennent delà gravité, le sourire s’efface, la bouche se ferme la tête des sourcils se rapproche des yeux, une
nde légère frissonne sur le front. — Le ciel se couvre.
Crac î — Le mouvement rapide de la paupière qui se baisse et se relève indique l’éclat subit d’un éclair! — Les buccinateurs se contractent; les muscles des lèvres s’agitent; le nerf nasal se dilate; la narine se gonfle I — Le mauvais temps approche !
Patatras ! — Les sensa'ions lumineuses irritent les yeux, qui se ferment avec une précipitation involontaire! Des mouvements spasmodiques parcourent la face! Les dents s’en-
tre-ehoquent! Les mâchoires partent violemment 1 - Pafl — voilà la foudre .
Puis, petit à petit, l’orage éloigne les éclairs s'éteignent, les nuées passent, le sole reparaît et le visage redevient rayonnant, le front serein, les yeux diamantes, ia bouche... et caetera !
En vérité, monsieur, c'était superbe!
L’autre jour, j’étais dans l'omnibus qm va des BatignollcsàrOdcnn. Il faisait une chaleur accablante, et j’avais Ôté mon chapeau, que 1 tenais modestement sur mes genoux. 3e n avais point remarqué, je vous l’atteste, que^ a voi ture était pleine de dames de divers âges. Je songeais, sais-je pourquoi? à Batavia, a sa mimique, et j’essayai, pour ma satisfaction personnelle, d’imiter le jeu de sa physionomie. Je commençai donc à prendre mon plus beau sourire, puis je devins sombre, puis je ci ai les yeux, je fronçai le nez, bref, j en ttais^ar rivé à la tondre, c’est-à-dire au moment ou la
bouche s’ouvro démesurément, lorsque je fus rappelé au sentiment de la réalité par les cris atroces de mes voisines, qui me croyaient enragé*
Le conducteur épouvanté, et croyant qu'un crime v en ait d'ètre ce m mi s dans sa voiture, tira le cordon*.*
La scène épouvantable et scandaleuse qui eut lieu j monsieur le rédacteur, je pourrais bien vous la racon cr avec tous ses détails pénibles, mais je m’aperçois à l'instant que le temps me manque, car il faut que je prépare à l’instant la douzième livraison des Sala; s, recueil intéressant de dessins et croquis autographes faits par les artistes eux-mêmes, d’après leurs œuvres exposées cette année au ï niais des Lhanips Elyfées. Vous conviendrez qu’il faut se donner quelque peine pour réunir et classer les d< juments considérables qui constituent cet album important de plus de quatre cents dessins d’après les tableaux et les statues les plus admirés du public. Tous
connaître on lnre qn me dérober tout
mon éditenr, M. Joseph
u’ai que le temps, ^ monsieur le ™acteu vous p.ier d’agréer, avec mes salut ^ pressées, J1 assurance de tout le uo de votre serviteur.
Alex. Pot h et*
Nouvelles
On lit dans le Gallois :
« On annonce un journal étrange et tel (J1;! on n en a jamais vu, Ûo u’en connaît ni le fondateur, ni le rédacteur en chef Les articles ne seron pas signés* gts journal a nom : la Gazitte secrète,
» La Gazette secrète s'imprime en Belgique et contient seize pages d'impression ; elle est enfermée dans une enveloppe de papier vélin * le ®trB est imprimé en rouge ; le prix est très modique : 23 centimes.
» Maintenant, quel mystère cache cette publication, quel but poursuit-elle? Quelles seront ses opinions, ses tendances ? -- Nous le verrons bien. »
plus : saut», mar ;uis ! ou dira : saute, coul sier! Les désastres ne se bornent pas la. Un spéculateur, bien connu dans le monde financier, s’est brûlé la cervelle dimanebe. »
Mlle Adelina Patti, qui deviendra Mme la marquise de Caus, le 1“ août prêcha, n n en remplira pas moins, selon le Mmcstrel, tous ses engagements de theâlre*
‘ Ainsi, elle rénlhera, dès son retour de Londres, les dix représentations pour lesquelles elle s’est engag e à Uombourg au prix de 30,000 francs.
Les engagements pris en wn ng^JwLnca" née 1868-1869 lui assurent 4QO, .OÜ lianes, sans compter les riches présents qui l’attendent à Saint-Pétersbourg.
Le Mènestrd oublie l'exploita* ion des mois de congé et le produit des concerta et - des soirées où chantera Mme la marquise do Caux.
On fit dans le Gaulois :
« Les Variétés ont remonté pour les spectacles du dimanche, la Vieillesse de Brididi, de TT pnri Rûchefort.