PRÉFACE
d'exécution. Depuis 1775, Bastide, découragé et dégoûté du métier d'auteur, n'écrivait plus de romans et se résignait à n'être qu'un pauvre compilateur à la solde des libraires,
P. L. Jacob, bibliophile.
i ÉLITE vîvoît familière ment avec les I hommes, et il n'y avoit que les ik bonnes gens, ou ses amis intimes, qui ne la souptonnassem pas de galanterie.
Son air, ses propos légers, ses manières libres, établissoient assez cette prévention. Le marquis de Trémicour avoit envie de l'engager, et s'étoit flatté d'y réussir aiséjnent. C'est tin homme qui doit attendre plus qu'un autre du caprice des femmes. Il est magnifique, généreux, plein d'esprit et
de goût, et peu d'hommes peuvent se vanter à juste titre de l'égaler en agrémens. Malgré tant d'avantages, Mélite lui résistoit. Il ne concevoît pas cette bizarrerie. Elle lui disoit qu'elle étoit vertueuse, et il répondoit qu'il ne croiroit jamais qu'elle le fût. C'étoit entr'eux une guerre continuelle à ce sujet.
Enfin, le marquis la défia de venir dans sa petite maison. Elle répondit qu'elle y viendroit, et que là, ni ailleurs, il ne lui seroit redoutable. Ils firent une gageure, et elle y alla (elle ne sçavoit pas ce que c'étoit que cette petite maison ; elle n'en connoissoit même aucune que de nom). Nul lieu dans Paris, ni dans l'Europe, n'est ni aussi galant ni aussi ingénieux. Il faut l'y suivre avec le marquis, et voir comment elle se tirera d'affaire avec lui.
Cette maison unique est sur les bords de la Seine. Une avenue, conduisant à une patte d'oie, amené à la porte d'une jolie avant-cour tapissée de verdure, et qui de
droite et de gauche communique à des basses-cours distribuées avec symétrie, dans lesquelles on trouve une ménagerie peuplée d'animaux rares et familiers, une jolie laiterie, ornée de marbres, de coquillages, et où des eaux abondantes et pures tempèrent la chaleur du jour; on y trouve aussi tout ce que l'entretien et la propreté des équipages, de même que les approvisionnemens d'une vie délicate et sensuelle , peuvent demander. Dans l'autre basse-cour sont placés une écurie double, un joli manège et un chenil où sont renfermés des chiens de toute espèce.
Tous ces bâtimens sont contenus dans des murs de face d'une décoration simple, qui tiennent plus de la nature que de l'art, et représentent le caractère pastoral et champêtre. Des percées, ingénieusement ménagées, laissent appercevoir des vergers et des potagers constamment variés, et tous ces objets attirent si singulièrement les regards,
qu'on est impatient de les admirer tour à tour.
Mélite avoit cette impatience, mais elle voulut d'abord parcourir les beautés qui la frappoient de plus près. Trémicour brûloit de la conduire dans les appartemens : c'étoit là qu'il pouvoit lui expliquer sa flamme. Sa curiosité lui étoit déjà importune ; les louanges même qu'elle donnoit à son goût ne le touchoient point ; il y répondoit avec beaucoup de distraction. C'étoit pour la première fois que sa petite maison lui étoit moins chère que les objets qu'il y conduisoit. Mélite remarquoit sa contenance et en triomphoit; la curiosité l'eût seule engagée à tout voir, mais elle y pouvoit mettre de la malice, et ce second motif valoit bien l'autre pour s'y entêter. C'étoit ici une question qu'elle faisoit, là un compliment, et par-tout des exclamations.
« En vérité, disoit-elle, voilà qui est ingénieux au possible ! Cela est charmant ! Je n'ai rien vu . . .
— Oh! les appartemens sont bien plus singuliers I répondoit-il ; vous allez voir... Ne voulez-vous pas entrer?...
— Dans un moment, reprenoit-elle ; ceci a bien son prix : il faut tout parcourir ; il y a là quelque chose que nous n'avons pas vu.
Allons, Trémicour, point d'impatience.
— Je n'en ai point, Madame, dit-il un peu piqué : c'est pour votre intérêt que je parle. Vous vous fatiguere^z: ici à marcher, et vous ne pourrez plus...
— Oh ! vous me pardonnerez, dit-elle avec un ton railleur; je suis venue ici uniquement pour marcher, et je sens mes forces. »
Il fallut qu'il essuyât cet entêtement jusqu'au bout. Il dura encore près d'un quartd'heure. Heureusement il parvint à y soupçonner du caprice, sans quoi je crois qu'il l'auroit plantée là. Il la conduisoit par la main, et toujours il la tiroit vers la maison. Trois ou quatre fois- de suite elle eut la méchanceté de se laisser entraîner jusqu'à un
certain point ; elle faisoit quelques pas, et elle revenoit pour examiner encore ce qu'elle avoit déjà examiné. Il l'entraînoit toujours, il paroissoit marcher sur des épines; elle en rioit intérieurement, et lui donnoit de ces regards qui, par un artifice unique, disent : « Je me plais à vous désespérer », en paroissant solliciter la complaisance. A la fin, une vivacité échappa à Trémicour. Elle feignit de ne le trouver pas bon, et lui dit qu'il étoit insupportable.
« C'est vous-même qui l'êtes ! répondit-il ; vous m'avez promis que vous verriez tout, et nous restons ici. J'aime mes appartemens, et je veux que vous les voyiez.
— Eh bien ! Monsieur, il n'y a qu'à les voir; il ne faut point de querelle pour cela. Bon Dieu, que vous êtes prompt!... »
Le son de voix et le regard qui l'accompagnoit étoient si doux qu'il sentit augmenter le défaut qu'on lui reprochoit.
« Oui, dit-il, je suis prompt, je compte
les momens. Nous venons ici avec des conventions qui m'en font une excuse. . . Vous les avez donc oubliées, Madame ?
— Il n*j a point d'oubli à cela, réponditelle en. marchant ; au contraire, je suis plus dans mon rôle que vous. Vous m'avez dit que votre maison me séduiroit; j'ai parié qu'elle ne me séduiroit pas. Croyez-vous que me livrer à tous ces charmes soit mériter le reproche d'infidélité ?. . . »
Trémicour alloit répondre, mais ils étoient alors au milieu de la cour principale, et une exclamation qu'arracha à Mélîte le simple coup d'œil qu'elle y donna ne lui en laissa pas le temps. Cette cour, quoique peu spacieuse, annonce le goût de l'architecte. Elle est entourée de murailles revêtues de palissades odoriférantes assez élevées pour rendre le corps-de-logis plus solitaire, mais élaguées de manière qu'elles ne peuvent nuire à la salubrité de l'air que l'amour semble y porter. Il fallut encore que Trémicour dé-
▼orât ces complimens importuns que Mëlite lui prodiguoit. Enfin ils arrivèrent au bas d'un perron qui conduit à un vestibule assez grand, d'où le marquis renvoya les valets au commun par un signe. Il la fit passer tout de suite dans un salon donnant sur le jardin, et qui n'a rien d'égal dans l'univers.' Il s'apperçut de la surprise de Mélite, et lui permit alors d'admirer. En e£Pet, ce salon est si voluptueux qu'on y prend des idées de tendresse en croyant seulement en prêter au maître à qui il appartient. Il est de forme circulaire, voûté en calotte peinte par Halle ' ; les lambris sont imprimés couleur de lilas, et enferment de très-belles glaces; les dessus de portes, peints par le même, représentent des sujets galans. La sculpture y est distribuée avec goût, et sa beauté est encore relevée par l'éclat de Tor. Les étofPes sont assorties : à la couleur du lambris. En un mot, le
I . Un de nos peintres françois qui, après Boucher, s'est le plus signalé dans les sujets de la Fablt.
Carpentieri n'auroit rien ordonné de plus agréable et de plus parfait.
Le jour fînîssoit : un nègre vint allumer trente bougies que portoient un lustre et des girandoles de porcelaine de Sève artistement arrangées et armées de supports de bronze dorés. Ce nouvel éclat de lumière, qui reflétoit dans les glaces, fit paroître le lieu plus grand et répéta à Trémicour l'objet de ses impatiens désirs.
Mélite, frappée de ce coup d*œil, commença à admirer sérieusement et à perdre Tenvie de faire des malices à Trémicour.
Comme elle avoit vécu sans coquetterie et sans amans, elle avoit mis à s'instruire le tems que les autres femmes mettent à aimer et à tromper, et elle avoit réellement du goût et des connoissances ; elle apprécloit
I . L'un des architectes du roi qui entende le mieux la décoration des dedans. Le petit château de M. de la Boissiere et la maison de M. Bouret prouvent son génie et son goût.
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d'un coup d'œil le talent des plus fameui artistes, et eux-mêmes dévoient à son estime pour les chefs-d'œuvre cette immortalité que tant de femmes leur empêchent souvent de mériter par leur amour pour les riens.
Elle vanta la légèreté du ciseau de l'ingénieux Pineau > , qui avoit présidé à la sculpture; elle admira les talens de Dandrillon>, qui avoit employé toute son industrie à ménager les finesses les plus imperceptibles de la menuiserie et de la sculpture ; mais surtout, perdant de vue les importunités auxquelles elle s'exposoit de la part de Trémicour en lui donnant de la vanité, elle lui prodigua les louanges qu'il méritoit par son goût et son choix.
a Voilà qui me plaît, lui dit-elle; voilà
1 . Sculpteur célèbre pour les ornemens, et dont la plus grande partie des sculptures des appartemens de nos hôtels sont l'ouvrage.
2. Peintre qui a trouvé le secret de peindre les lambris sans odeur, et d'appliquer l'or sur la sculpture sans blanc d'apprêt.
comme j'aime qu'on emploie les avantages de la fortune. Ce n'est plus une petite maison : c'est le temple du génie et du goût. . .
— C'est ainsi que doit être l'asyle de l'amour^ lui dit-il tendrement. Sans connoître ce dieu, qui eût fait pour vous d'autres miracles, vous sentez que, pour l'inspirer, il faut du moins paroître inspiré par lui...
— Je le pense comme vous, reprit-elle; mais pourquoi donc, à ce que j'ai ou! dire, tant de petites maisons décèlent-elles un si paauvais goût ?
— C'est que ceux qui les possèdent désirent sans aimer, répondit-il ; c'est que l'amour n'avoit pas arrêté que vous y viendriez un jour avec eux. »
Mélite écoutoit, et auroit écouté encore si un baiser appuyé sur sa main ne lui eût appris que Trémicour étoit venu . là pour se payer de toutes les choses obligeantes qu'il trouveroit occasion de lui dire. Elle se leva
pour voir la suite des appartemens. Le marquis, qui l'avoit Yue si touchée des seules beautés du sallon, et qui avoit mieux à lui montrer, espéra que des objets plus touchans la toucheroient davantage, et se garda bien de Tempêcher de courir à sa destinée. 11 lui donna la main, et ils entrèrent à droite dans une chambre à coucher.
Cette pièce est de forme quarrée et à pans; un lit d^étoffe de Péquin jonquille chamarrée des plus belles couleurs est enfermé dans une niche placée en face d'une des croisées qui donnent sur le jardin. On n'a point oublié de placer des glaces dans les quatre angles. Cette pièce, d'ailleurs, est terminée en voussure qui contient dans un quadre circulaire un tableau où Pierre < a peint avec tout son art Hercule dans les bras de Morphée^ réveillé par l'Amour.
I . Un de nos célèbres peintres, qui par la force de son coloris a mérité un rang distingué dans Pécole françoise.
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Tous les lambris sont imprimés couleur de soufre tendre; le parquet est de marqueterie mêlée de bois d'amaranthe et de cèdre, les marbres de bleu turquin. De jolis bronzes et <les porcelaines sont placés, avec choix et sans confusion, sur des tables de marbre en console distribuées au-dessous des quatre glaces; enfin de jolis meubles de diverses formes, et des formes les plus relatives aux idées par-tout exprimées dans cette maison, forcent les esprits les plus froids à ressentir un peu de cette volupté qu'ils annoncent.
Mélite n'osoit plus rien louer; elle commençoit même à craindre de sentir. £lle ne dit que quelques mots, et Trémicour auroit pu s'en plaindre; mais il l'examinoit, et il avoit de bons yeux ; il Teût même remerciée de son silence s'il n'avoit pas sçu que des marques de reconnoissance sont une étourderie tant qu'une femme peut désavouer les idées dont on la remercie. £lle entra dans une pièce suivante, et elle y trouva un autre
écueii. Cette pièce est un boudoir, lieu qu'il est inutile de nommer à celle qui y entre, car l'esprit et le cœur j devinent de concert. Toutes les murailles en sont revêtues de glaces, et les joints de celles-ci masqués par des troncs d'arbres artificiels, mais sculptés, massés et feuilles avec un art admirable. Ces arbres sont disposés de manière qu'ils semblent former un quinconce ; ils sont jonchés de fleurs et chargés de girandoles dont les bougies procurent une lumière graduée dans les glaces, par le soin qu'on a pris, dans le fond de la pièce, d'étendre des gazes plus ou moins serrées sur ces corps transparens, magie qui s'accorde si bien avec l'effet de l'optique que Ton croit être dans un bosquet naturel éclairé par le secours de l'art. La niche où est placée l'ottomane, espèce de lit de repos qui pose sur un parquet de bois de rose à compartimens, est enrichie de crépines d'or mêlées de verd, et garnie de coussins de différens calibres. Tout le
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pourtour et le plafond de cette niche sont aussi revêtus de glaces; enfin la menuiserie et la sculpture en sont peintes d'une couleur assortie aux différens objets qu'elles représentent, et cette couleur a encore été appliquée par Dandrillon S de manière qu'elle exhale la violette, le jasmin et la rose. Toute cette décoration est posée sur une cloison qui a peu d'épaisseur, et autour de laquelle règne un corridor assez spacieux, dans lequel le marquis avoit placé des musiciens.
Mélite étoit ravie en extase. Depuis plus d'un quart d'heure qu'elle parcouroit ce boudoir, sa langue étoit muette, mais son cœur ne se taisoit pas : il murmuroit en secret contre des hommes qui mettent à con-
I . C'est encore à cet artiste qu'on doit la découverte non-seulement d'avoir détruit la mauvaise odeur de l'impression qu'on donnoit précédemment aux lambris, mais d'avoir trouvé le secret de mêler dans ses ingrédiens telle odeur qu'on juge à propos, odeur qui subsiste plusieurs années de suite, ainsi que l'ont déjà éprouvé plusieun personnes.
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tribution tous les talens pour exprimer un sentiment dont ils sont si peu capables. Elle faisoit sur cela les plus sages réflexions; mais c'étoient pour ainsi dire des secrets que l'esprit déposoit dans le fond du cœur, et qui dévoient bientôt s'y perdre. Trémicour les y alloit chercher par ses regards perçans, et les détruisoit par ses soupirs. Il n'étoit plus cet homme à qui elle croyoit pouvoir reprocher ce contraste monstrueux ; elle l'avoit changé, et elle avoit plus fait que l'Amour. Il ne parloit pas, mais ses regards étoient des sermens. Mélite doutoit de sa sincérité, mais elle vojoit du moins qu'il sçavoit bien feindre, et elle sentoit que cet art dangereux expose à tout dans un lieu charmant. Pour se distraire de cette idée, elle s'éloigna un peu de lui et s'approcha d'une des glaces, feignant de remettre une épingle à sa coêffure. Trémicour se plaça devant la glace qui étoit vis-à-vis, et par cet artifice^ pouvant la regarder encore plus tendrement
-sans qu'elle fût obligée de détourner les yeux, il se trouva que c'étoit un piège qu'elle s'étoit tendu à elle-même. Elle fit encore cette réflexion, et, voulant en détruire la cause, s'imaginant le pouvoir, elle crut y réussir en faisant des plaisanteries à Trémicour.
« £h bien! lui dit-elle, cesserez-vous de .me regarder? A la fin, cela m'impatiente. »
Il vola vers elle.
<c Vous avez donc bien de la haine pour moi? répondit-il. Ah! marquise, un peu moins d'injustice pour un homme qui n'a pas besoin de vous déplaire pour être convaincu de son malheur...
— Voyez comme il est modeste! s'écriat-elle.
— Oui, modeste et malheureux, poursuivit-il ; ce que je sens m'apprend à craindre, et ce que je crains m'apprend à craindre encore. Je vous adore et n'en suis
pas plus rassuré. )f
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Mélite plaisanta encore; mais avec quelle mal-adresse elle déguisa le motif qui l'y portoit 1 Trémicour lui avoit pris la main, et elle ne songeoit pas à la retirer. Il crut pouvoir la serrer un peu; elle s'en plaignit et lui demanda s'il vouloit l'estropier.
« Ah ! Madame 1 dit-il en feignant de se désespérer, je vous demande mille pardons; je n'ai pas cru qu'on pût estropier si aisément. »
L'air qu'il venoit de prendre la désarma ; il vit que le moment étoit décisif : il fit un signal, et à l'instant les musiciens placés dans le corridor firent entendre un concert charmant. Ce concert la déconcerta; elle n'écouta qu'un instant , et , voulant s'éloigner ' d'un lieu devenu redoutable, elle marcha et entra d'elle-même dans une nouvelle pièce plus délicieuse que tout ce qu'elle avoit vu encore. Trémicour eût pu profiter de son extase et fermer la porte sans qu'elle s'en apperçût pour la forcer à l'écouter; mais il
-vouloit devoir les progrès de la victoire aux progrès du plaisir.
Cette nouvelle pièce est un appartement •de bains. Le marbre, les porcelaines, les mousselines , rien n'y a été épargné ; les lambris sont chargés d'arabesques exécutés par Perot * sur les desseins de Gilot ', et contenues dans des compartimens distribués avec beaucoup de goût. Des plantes maritimes montées en bronze par Cafîeri ^, des pagodes, des crystaux et des coquillages, entremêlés avec intelligence, décorent cette salle, dans laquelle sont placées deux niches, dont l'une est occupée par une baignoire,
1 . Artiste habile dans le genre dont nous parions, et qui a peint à Choisi les plus jolies choses dans ce goût.
2. Le plus grand dessinateur de son tems pour les arabesques, les fleurs, les fruits et les animaux, et qui a surpassé dans ce genre Perin, Audran, etc.
3. Fondeur et ciseleur estimé pour les bronzes dont tous les appartemens de nos belles maisons de Paris et des environs sont ornés.
l'autre par un lit de mousseline des Indei brodée et ornée de glands en chaînettes. A côté est un cabinet de toilette dont les lambris ont été peints par Huet », qui y a représenté des fruits, des fleurs et des oiseaux étrangers, entremêlés de guirlandes et de médaillons dans lesquels Boucher ^ a peint en camajeux de petits sujets galans, ainsi que dans les dessus de porte. On n'y a point oublié une toilette d'argent par Germain 3 ; des fleurs naturelles remplissent des jattes de porcelaine gros bleu rehaussées d'or. Des meubles garnis d'étoffes de la même couleur, dont les bois sont d'aventurine appliqués par Martin 4, achèvent de rendre cet appartement digne d'enchanter
1 . Autre peintre célèbre d'arabesques, et partica» lièrement pour les animaux.
2. Le peintre des Grâces et l'artiste le plus ingénieux de notre siècle.
3 . Orfèvre célèbre et fils du plus grand artiste que J'Europe ait possédé en ce genre.