‹ La petite mère (volume 2)Chapitre 15 sur 45 · LE CHATEAU DU PÈRE TATLLARD · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DU PÈRE TATLLARD

Cette année-là, la fin d'août fut marquée, à Paris, par des chaleurs accablantes. Chaque jour, on croyait à un orage effroyable près de crever, et les oreilles se tendaient avides de quelque fracas terrible dans les nuées. Mais rien; ni coups de tonnerre, ni gouttes d'eau. Le ciel, légèrement obscurci sur plusieurs points, recouvrait son implacable sérénité, et, dans la grande ville anéantie, on haletait péniblement, on étouffait*

André Fuster, trouvant à peine un peu d'ombre ftous ses marronniers, dont le soleil avait roussi l'épaisse, l'ondoyante toison, souffrait plus que personne de cette atmosphère écrasante* Deux fois, il eut des syncopes qui alarmèrent la baronne et plongèrent

Nadalewski en de mortelles inquiétudes. Les médecins furent mandés. Ils déclarèrent que le malade ne courait aucun danger, qu'on s'effrayait à tort, que pourtant, pour relever Pénergie du « sujet », on pourrait lui faire des frictions générales sur la peau avec de Talcool à quatre-vingt-dix degrés, — deux tiers d'eau, un tiers d'alcool.

— C'est de l'hydrothérapie, cela I s'écria Stéphane.

— Pas précisément, cher monsieur, répondit un des praticiens ; il y a néanmoins quelque chose de vrai dans votre observation.

— Au fait, intervint le docteur Guibal, pourquoi ne soumettrions-nous pas le général à l'action directe de la douche? Dans la névrose rhumatismale, — et c'est le cas de M. Fuster, — le traitement par l'eau froide m'a souvent réussi,

— On pouiiait, en effet, envoyer le général à l'établissement très complet de Sainte-Seine, chez l'excellent docteur Guettet, dit un autre praticien.

— - Pourquoi pas à Plessy-Lalande, où le docteur Fleury lui-même surveillerait notre malade ? opina un troisième. Il ne faut pas oublier, messieurs, que le docteur Fleury a été, en France, l'initiateur de la cure par l'eau froide.

~ Tout en partageant l'idée de M. Guibal à l'endroit de l'hydrothérapie, ajouta un quatrième médecin, je crois que l'air des montagnes ne serait pas sans exercer, lui aussi, une influence favorable sur

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