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ureux de ren«ître, il s'attacha de tous ses yeux à te lumière qui grandissait de minute en minute, et i bientôt, pareille à une mer déferlant du mince fdiu. central^ inonda de rayons les coins les plus reés, les réduits les plus enfouis de sa situation, vie, depuis son arrivée de Bordeaux, lui ap- *ut sans voile dans l'éblouissement de cette vin, et le général, avisant toutes ses fautes, qui se îssaient devant lui, courba le front honteusesnt.
Pour la première fois peut-être, poussant la sonde 5qu'au fond de lui-même, il tâta les abjections înles de sa nature, des dépravations dont il n'avait nais songé à mesurer l'étendue. Et c'était à la safaction d'une passion grossière qu*il avait fait stulement, lâchement, le sacrifice de sa fierté et de son îuri De sa fierté, en permettant aux dévots du gement-Dernier de le compter comme une ouaille plus dans leur troupeau bêlant au ciel ; de son ur, en rompant avec les Nadalewski et portant un iip peut-être mortel à son enfant. En revenant au ivenir des Nadalewski, dont il ne s'était Jamais iti sincèrement détaché, il éprouva combien avaient puérils, ridicules, les motifs de brouille auxquels haine de sa femme d'abord, l'ingéniosité perfide tout le Jugement-Dernier ensuite, avaient su don- • naissance pour le séparer de ses meilleurs amis, il eut un bondîssement de révolte qui le porta
gesticulant et Jurant au milieu de la chambre des Tapisseries.
— Cest infâme 1 répétait-il de temps à autre, c'est infâme !
Après cette explosion , qui fut un éclair, André Fuster retourna vers son fauteuil à pas mesurés et lents. Par un effort de volonté, il allait paisible. Il s'assit de nouveau, et, de nouveau, prit une attitude d'une merveilleuse impassibilité. Il réfléchit alors qu'une lutte terrible s'engagerait tout à Theure, que, sur le terrain où l'attaqueraient et sa femme et le révérend père Phalippou, il aurait besoin de sang-froid. Quel duel , dans son passé militaire , pouvait être comparé à celui dont la vie de sa fille devenait l'enjeu ! D'un geste brusque de soldat sur le point d'essuyer le feu de son adversaire dans une rencontre, il boutonna sa redingote et, relevant la tête fièrement, regarda du côté de la porte par où paraîtrait l'ennemi. Il était pâle et vraiment beau dans cette pose de combat. Il crut percevoir des bruits vagues. On approchait. On frappa discrètement.
— Entrez I cria-t-il.
La baronne parut. Derrière elle, marchait le colonel de la Livinière, plus raide que jamais dans son frac militairement coupé, plastronné d'un gilet blanc, portant au cou sa croix de commandeur de la Légion d'honneur. Venait ensuite le révérend père Pha-
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lippou avec le ruban de Saint-Grégoire-le-Grand sur son scapulaîre de religieux. Tous les visages étaient graves, solennels, apprêtés comme les costumes. Le colonel de la Livinière , développant ses jambes longues et maigres, qui arpentèrent le tapis semblables aux branches rigides d'un compas, s'avança vers Fuster, lequel venait de se mettre debout, sous les armes.
- Général, dit-il grimaçant un sourire, je me plais à croire que vous avez deviné le motif de la visite pompeuse que nous vous faisons.
- Je vous prie de m'excuser , colonel , riposta Fuster d'un ton glacé ; voici longtemps que je ne suis plus tenu au courant des choses qui touchent la Paroisse du Jugement-Dernier, et j'ignore ce qui me vaut l'honneur de vous recevoir.
Le comte de la Livinière eut un redressement de surprise, et ses joues rudes, parcheminées, calmes et blafardes, s'enflammèrent légèrement.
■^Madame la baronne a dû vous dire... balbutiat-il.
- Si vous n'étiez un ami de la maison, colonel, j'hésiterais à vous apprendre que, depuis lundi, ma femme, pour des motifs qui m'échappent, ne m'a pas adressé la parole.
- Le Révérend Père Supérieur a dû vous entretenir d'un projet très cher. . .
- Il est vrai que le révérend père Phalippou, durant
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la Semaine Sainte, a insisté à plusieurs réprises pou me voir. Son zèle, sans doute, le poussait à tenter d me préparer à la communion pascale. Je regrette qu les dispositions où je me trouvais dans ces derniei temps, où je me trouve 'encore, ne muaient permi d^accueillir ni sa personne, ni ses conseils... Vous 1 voyez donc, colonel, je ne sais rien et je vous sers infiniment obligé de m'instruire.
La baronne, impatiente de la bataille, fit un pas mais le Supérieur du Jugement-Dernier, qui respira Todeur de la poudre, s^élança en avant et la cacb derrière lui.
— Mon ami, intervint le religieux, s'adrcssant Fuster, droit, impassible, une main appuyée au doi sier de son fauteuil, mon cher ami, en maintes ci^ constances, il a été question entre nous d'un établît sèment pour mademoiselle Madeleine...
— Alors, c'est de ma fille qu'il s'agit ?
— C'est d'elle, en effet.
La brèche étant ouverte, M. de la Livinière se pré cipita à l'escalade.
— Général, dit-il de l'accent le plus simple et le plu noble, j'ai l'honneur de vous demander la main d votre fille, mademoiselle Madeleine Fuster, pour moï fils, le vicomte Eustazade de la Livinière.
Le coup était décoché à bout portant. André Fuste ne broncha pas.
— Colonel, répondit-il du même ton de simplicit
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et de noblesse, bien que vôtre démarche doive m'honorer beaucoup, veuillez me permettre de ne pas y liaire Taccueil que méritent les qualités éminentes dont brille à un si haut point M. le vicomte Eustazade de la Livinîère, votre fils. Ma fille est jeune encore, plus jeune même par le caractère que ne le comporterait son âge, et...
— Madeleine a dix-huit ans, interrompit la baronne, qui, se dégageant de l'ombre, parut en plein champ de combat.
— A dix-huit ans, on peut se marier, général, interjeta le révérend père Phalippou.
— Moi, j'avais à peine seize ans quand je vous épousai, reprit madame Fuster, dont les lèvres tremblaient de petits frémissements convulsifs.
•^ Vous, madame, vous aviez une admirable santé, ^dis que Madeleine,. •
•^ Madeleine va mieux.
"-Madeleine souffre, et je ne veux pas..*
•^ Vous ne voule» pas ! s'écria la dévote, maîtrî- ^tmal son dépit.
— Je ne veux pas marier ma fille avant son réta- Uissement complet.
— Général, dit le révérend père Phalippou, j'ai vu ce matin encore M. le docteur Guibal, et je Tai questionné longuement sur l'état de mademoiselle Fuster. Il trouve mademoiselle Madeleine beaucoup mieux;
il répond d^une guérison absolue, quand elle aura passé deux ou trois mois à la campagne.
Fuster, blessé d'une intrusion si intime du moine en des affaires placées hors de sa compétence, le considéra avec une attention à la fois ironique et indignée.
— Je vous remercie, monsieur, lui dit-il, de ces bonnes nouvelles ; je vous remercie également de Tafifection que, dans des vues fort désintéressées sans doute, il vous convient de marquer à mon enfant. Avant que vous eussiez pris le soin d'adresser des questions à M. Guibal , je l'avais interrogé , et il m'avait répondu. Du reste, puisqu'il vous plaît d'être initié aux moindres détails des remue-ménage de l'hôtel Trémière, sachez que je m'étais entretenu avec le médecin de ma fille quand j'ai ordonné qu'on se préparât à partir pour la Touraine, dans quelques jours.
— Général, articula le révérend père Phalîppou consterné, vos paroles, qu'anime je ne sais quel souffle de discorde, m'affligent autant qu'elles m' étonnent. Je ne croyais pas avoir fait quoi que ce soit qui pût vous donner le droit de soupçonner mes intentions.
*- Mon Révérend Père , je vous respecte. .Vous m'avez comblé depuis dix-huit mois. Je n'oublie rien. Permettez-moi seulement de vous faire observer qu'il est un terrain où je dois rester maître absolu, que j'ai le devoir de défendre contre tout envahisseur indiscret : c'est le terrain muré de la famille. Certai-