‹ La "Petite Mère" Sœur Marie de Sainte-Anne, co-fondatrice des Oblates de Béthanie. Simples notesChapitre 2 sur 5 · III. — Dernière maladie et mort angélique · texte numérisé non relu

III. — Dernière maladie et mort angélique

Minée depuis plusieurs années par la maladie qui devait la conduire au tombeau, elle demeura invariablement douce et sereine dans ses souffrances, sans jamais laisser entendre une plainte. Pressentant que l’opération qu’elle allait subir pourrait avoir une issue fatale, elle se prépara silencieusement à la mort. Sans trahir ses pressentiments, elle mit un ordre parfait en toutes choses, classant et annotant jusqu’aux moindres détails.

Plusieurs allusions dans sa correspondance montrent qu’elle entendait secrètement l’appel de son

divin Epoux et qu’elle se disposait à y répondre. Elle écrivait un jour ces lignes significatives, tout empreintes de l’esprit et de l’amour de sa sainte vocation :

« Les Docteurs sont affirmatifs pour ma guérison ; mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que nous sommes des victimes pour les Prêtres et pour 1’ « Œuvre Sacerdotale »... Je vois arriver l’heure de mon sacrifice sans le moindre trouble. Je voudrais que mon oblation soit toute pure et agréable aux yeux de Jésus le Souverain Prêtre et je vous prie de me l’obtenir par vos prières. »

Dans les derniers jours, une dépêche venue de Rome lui apporta une Bénédiction spéciale du Souverain Pontife avec l’assurance des prières du Vicaire de Jésus-Christ. Ce fut pour elle une intraduisible joie. Son esprit de foi lui rendit tellement chère cette dépêche, qu’elle ne voulut point s’en séparer ; après sa mort, on la retrouva sous son oreiller.

Abandonnée comme un agneau qui se laisse doucement immoler, sans désir et sans appréhension, elle fit un grand signe de croix, croisa les mains, ferma les yeux et se livra au chirurgien. Son médecin, profondément impressionné, dit ensuite qu’il avait compris à ce moment l’abandon héroïque de cette âme privilégiée.

Douze longs jours s’écoulèrent jusqu’à celui du

suprême sacrifice ; douze jours d’intolérables souffrances supportées avec le même calme et la même douceur qui avaient été le cachet de toute sa vie. Ses infirmières ont déclaré qu’elle endura un véritable martyre ; ce qui toutefois n'altéra en rien ni sa sérénité ni son amoureux abandon au bon plaisir de Jésus. Accueillant tout le monde par un sourire, exprimant sa reconnaissance pour le moindre service, sensible à la plus légère attention, s’épanouissant au seul nom de Jésus, elle laissa une telle impression de vertu et de béatitude chez ses gardes-malades que toutes regardent comme une grâce d’avoir pu la soigner.

Le samedi soir, 21 Mai, la malade sentant ses forces diminuer sensiblement réclama l’Extrême- Onction. Après avoir fait sa dernière confession, elle pria le Père fondateur de lui suggérer un acte d’amour parfait, qu’elle répéta silencieusement, dans une attitude touchante de piété. A l’idée exprimée « qu’il fallait aimer Jésus comme 11 s’aime, en puisant dans son Cœur l’amour qu’il se porte à Lui-même », sa figure s’épanouit et elle entra dans un profond recueillement. Elle demeura visiblement dans cette pensée de parfait amour jusqu’à sa mort.

Le lendemain matin, fête de la Très Sainte Trinité, mystère pour lequel elle avait une grande dévotion, l’approche du divin Epoux se fit sentir de plus près. Jésus-Eucharistie vint une dernière

fois se reposer dans le cœur de celle qui L’avait tant aimé et dont II se faisait le viatique pour l’assister à l’heure suprême.

Spectacle plutôt du ciel que de la terre : pendant toute l’heure qui précéda sa mort, ses enfants agenouillées autour de son lit chantèrent des cantiques sur Jésus et son amour, comme on en chante tant à Béthanie, et le Père répéta sans interruption le nom de Jésus à la chère mourante qui, les yeux calmes et méditatifs, vivait visiblement les derniers instants de sa vie dans un acte prolongé de pur amour.

A l’heure de midi, elle s’éteignait doucement dans un soupir presque imperceptible ; vrai sommeil d’une âme qui s’endort en son Bien-Aimé dans un abandon d’amour qui ne devra plus cesser pendant toute l’éternité.

La dépouille mortelle de la « Petite Mère » repose maintenant à Paris, dans un caveau commun, y attendant l’heure de la résurrection.

paveurs et gpâees obtenues par son intercession

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