III. — Guérisons corporelles
Nombreux sont les secours de tout genre obtenus par l’intercession de la « Petite Mère » dans les circonstances les plus diverses et les plus mi-
Depuis un an et demi le frère Alfonso a poursuivi sans fatigue ses études philosophiques et il est maintenant, sans contredit, un des plus florissants de santé de toute la communauté.
2. — Prompte et complète guérison d’un jeune homme atteint depuis trois ans de la terrible maladie de l’encéphalite léthargique (maladie du sommeil).
Gioxtanni Martuscelli, demeurant a Rome, âgé de quatorze ans, avait dû interrompre ses études, en février 1920, grièvement atteint d’encéphalite léthargique qui alla toujours progressant pendant près de trois ans. Réduit à un état d’énervement excessif, il ne dormait plus et passait ses nuits debout, accroché à son lit et le secouant violemment. Il tomba dans un état d’hébétement complet, ayant les yeux hagards, la bouche entr’ouverte d’où s’échappait une bave abondante qui coulait parfois jusqu’à terre. On était obligé de le faire manger comme un enfant et de l’accompagner partout.
Ses parents le firent soigner par les plus grandes célébrités médicales de Rome et de Naples, mais sans succès.
Vers la fin de l’année 1922, à la suite du typhus, la maladie se compliqua encore de la grave manie du suicide. On dut cadenasser les fenêtres, pour l’empêcher de se jeter dans la rue. Il cherchait le revolver partout dans la maison, et un jour son
père arriva juste à temps pour saisir une bouteille d’acide qu’il allait avaler.
C’est dans une de ces crises terribles, en février 1923, que les parents désespérés firent appeler un de ses amis qu’il aimait beaucoup, et qui 11’était autre que le Frère Alfonso Buglione, dont il est raconté précédemment la guérison. Celui-ci accourut auprès du malade, qu’il trouva dans un état de surexcitation extrême et de dépression morale complète. Après avoir essayé de le remonter par des pensées surnaturelles, il lui raconta comment il avait été guéri par l’intercession de la « Petite Mère », lui communiqua sa confiance et l’engagea à recourir à elle pour obtenir sa guérison. Il lui confia sa relique qu'il épingla sur sa poitrine ; et il fut convenu que la famille et la Communauté se mettraient aussitôt en prière pour solliciter la faveur désirée auprès de la servante de Dieu.
Quatre jours à peine s’étaient écoulés, lorsque le Frère Alfonso Buglione vit arriver son ami totalement transformé, qui se hâta de lui dire : « Je suis guéri. La « Petite Mère » m’a guéri. » En effet, le jeune homme était revenu à son état normal et il ne restait plus en lui aucune trace de la terrible maladie qui l’avait miné pendant trois ans. L’étonnement fut général. Tous ceux qui l’avaient vu antérieurement étaient émerveillés d’un tel changement, surtout l’expérience ayant prouvé que cette maladie est inguérissable. C’est ce qu’a dé-
nimes de la vie. Son assistance prend quelquefois un caractère touchant de bonté et de délicatesse. Certains faits touchent au merveilleux.
Mais jusqu’ici, c’est surtout dans des guérisons corporelles que son intervention s’est manifestée plus extraordinaire. Nous ne citerons que les plus importantes.
l. — Guérison d’un poitrinaire arrivé à la dernière période de la maladie et complètement abandonné des médecins.
Le jeune Alfonso Buglione, romain de naissance, est religieux scholastique profès dans la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale. Fils d’un père mort poitrinaire et frère d’un jeune homme qui vient de mourir de la même maladie à l’âge de vingt ans, il fut atteint de ce mal terrible à dix-huit ans, dans l'hiver de 1922. La maladie lit de rapides progrès ; à la suite d’une toux persistante et de fréquentes expectorations, le sommeil disparut pour faire place à d’abondantes transpirations activées par une fièvre tenace, l’appétit devint nul et la faiblesse grandissante ; la maigreur était extrême et là pâleur impressionnante.
A un second examen, au mois de Mai 1922, le médecin constata une telle aggravation du mal dans l’intervalle du mois qui venait de s’écouler, qu’il déclara que la maladie allait vite prendre le caractère d’une phtisie galopante, laquelle enlè-
verait rapidement le malade. Ne pouvant expérimenter un dernier remède, comme il l'avait résolu, vu que les deux poumons étaient pris, il conseilla de consulter un des plus célèbres spécialistes de Rome pour ces sortes de maladie, le Docteur Angetini. Celui-ci, après un examen minutieux, avoua l’impuissance de la science en pareil cas et déclara à son tour qu’il n’y avait plus rien à faire et que l’issue finale était fatale.
Ces deux diagnostics ont été confirmés par écrit par le médecin, le Docteur Canezzci.
Dans cette extrémité on se tourna du côté du ciel. Dès le lendemain, le R. P. Supérieur ordonna à la Communauté de commencer une neuvaine à la « Petite Mère », pour obtenir par son intercession le rétablissement complet de cette précieuse santé. Le malade suspendit à son cou un médaillon contenant des cheveux de la « Petite Mère ». Le soir même l’appétit revint et le frère Alfonso fit un repas copieux ; le sommeil de la nuit fut ininterrompu jusqu’au matin. Sommeil et appétit se maintinrent au grand étonnement de tous.
Peu à peu, la fièvre tomba, l’expectoration puis la toux cessèrent, le malade se sentit revivre ; quinze jours après il pesait deux kilos de plus et dans l’espace de huit mois il engraissa de seize kilos. Le médecin, quelque temps après, l’examina minutieusement et, à sa grande surprise, constata qu’il n’y avait absolument plus aucune trace de lésions,
claré officiellement, auprès des autorités ecclésiastiques de Rome, le célèbre médecin spécialiste Panegrossi, lequel dit dans sa déposition canonique que, après avoir soigné environ 1400 cas de ce genre, il n'en a jamais guéri un seul, pas plus qu’il n’a jamais lu qu’aucun ait été guéri lorsque la maladie est devenue ainsi chronique ; et il confesse qu’une semblable guérison dépasse les données de la science.
Depuis dix mois la guérison s'est maintenue invariable et Giovanni Martuscelli, florissant de santé, a repris ses études.
Les parents et le jeune homme ont également attesté le fait miraculeux devant le tribunal ecclésiastique, et des copies authentiquées de leurs dépositions sont conservées dans les archives du Vicariat de Rome. Ils ne cessent d’exprimer leur reconnaissance envers la « Petite Mère » et le père porte constamment au cou la « relique » qui a guéri son fils.
3. — Guérison presque instantanée d'un vieillard de 77 ans atteint d’ aliénation mentale depuis neuf ans.
La Supérieure des Oblates de Béthanie, de la maison de Bretagne, avait perdu l’usage de la raison au commencement de la guerre, en 1914. D’abord mise dans une maison de santé, elle fut
ensuite ramenée clans la Communauté. La maladie suivit son cours avec des alternatives d’accès et de tranquillité relative. Si la mémoire était parfois vivace, le jugement, par contre, faisait complètement défaut. Les idées noires hantaient ce cerveau déséquilibré et le visage exprimait une tristesse qui faisait peine à voir. La malade, refusant invariablement toute nourriture et ne mangeant que par force, était devenue d’une maigreur extrême. Dans cet état d’affaiblissement les nerfs prirent le dessus et elle devint méchante, frappant et égratignant ses infirmières.
Dès la première heure la maladie avait pris le caractère de négation universelle : il n’y avait pas de Dieu, elle-même n’existait plus, etc. Dans les derniers temps, la pauvre Mère ne priait plus, ne mettait jamais les pieds à la chapelle et avait même refusé de faire ses Pâques.
C’est dans ces circonstances que le R. P. Supérieur de la Fraternité Sacerdotale vint au couvent à la fin d’Aout 1923. Pendant la Sainte Messe, qu'il célébra en arrivant, il eut la forte inspiration de demander la guérison de la malade à la « Petite Mère ». Il le fit avec une confiance absolue, la suppliant d’accorder cette grâce en souvenir de son passage dans la Communauté.
Après son action de grâces, il se rend auprès de la Mère qui restait habituellement au lit jusque dans l’après-midi. Merveille ! Il la trouve saine et
lucide d’esprit, comme il y avait neuf ans, calme, recueillie, judicieuse, surnaturelle, parlant de Jésus et de son amour, s’intéressant aux choses des deux Œuvres, acceptant aussitôt de communier le lendemain, baisant avec respect et une piété touchante la relique de la « Petite Mère » qu’il lui avait apportée, et ne cessant de répéter que la « Petite Mère » était vraiment une sainte.
Pendant une heure et demie le Père s’entretint ainsi avec elle. Le lendemain elle communia avec ferveur, entourée de la Communauté en larmes, émue d’un changement aussi complet et aussi subit.
A partir de ce moment, elle reprit toutes ses pratiques de piété et conserva totalement sa lucidité d’esprit, sans même avoir jamais d’idées sombres et tristes comme elle en était auparavant sans cesse assaillie.
Elle mange maintenant avec appétit, cause aimablement, reçoit affectueusement les membres de sa famille qu elle ne voulait plus voir depuis deux ans et qu’elle mettait invariablement à la porte. En un mot, elle mène une vie normale et ne manifeste plus aucun symptôme de son ancien état.
Un médecin, à qui le fait était raconté, affirma que le caractère de la folie et sa durée, ajoutés à l’âge de la malade, constituaient un cas inguérissable dans l’ordre naturel, surtout avec ce caractère extraordinaire d’instantanéité.
4. — Amélioration rapide et extraordinaire survenue dans l’état d'un malade, quun catarrhe invétéré semblait devoir conduire bientôt au tombeau.
Le R. P. Foy, religieux de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale et Directeur de la maison de Rome, est sujet depuis de longues années à un catarrhe persistant qui prit, dans les derniers temps, un caractère inquiétant. Les crises étaient devenues presque continuelles. Le jour et la nuit le Père toussait et expectorait à tout instant, au point qu'il n'osait plus sortir ni faire aucune visite. Les efforts qu’il faisait en toussant et l’abondance des expectorations finirent par avoir raison de sa forte constitution. La dépression générale se manifesta par une absence presque complète de sommeil et d’appétit, une maigreur excessive, une faiblesse extrême, et une impuissance absolue de tout travail intellectuel.
Cet état s’aggrava encore à la fin de l’été 1920, et dans la dernière quinzaine de septembre devint alarmant. Pendant des heures entières, le Père toussait à se déchirer la poitrine et vomissait le pus à pleine bouche. Il se sentait s’en aller rapidement, et c’était aussi l’impression générale ; sans compter qu’il pouvait facilement étouffer pendant une de ces crises violentes.
C’est alors que la Communauté redoubla ses
prières et commença une neuvaine à la « Petite Mère », pour en obtenir - non une guérison, le Père désirant continuer à souffrir - mais une amélioration suffisante pour faire face aux devoirs de sa charge. Toutes les prières, adorations, communions, mortifications, furent offertes à cette intention. Deux fois par jour, devant le Très Saint Sacrement toujours exposé, on récita publiquement le Veni Sancte, un Pater, Ave et Gloria, suivis d’un acte d’action de grâces pour toutes les grâces que Jésus avait faites à la « Petite Mère » et d’un acte d’amour de Jésus en union avec elle.
La ferveur était grande et la confiance absolue. La neuvaine commença à une heure et demie le 1er Octobre. L’après-midi fut mauvais pour le malade et la nuit pire que les précédentes. Le lendemain matin, lorsqu’il arriva à la chapelle pour célébrer la Sainte Messe, il faisait l’effet d’un cadavre ambulant. Il célébra avec peine, gêné surtout par le besoin d’expectorer auquel il ne put suffisamment résister.
A midi, le même jour, un changement subit s’opéra et une amélioration sensible se manifesta. L’après-midi fut paisible, et la nuit suivante le Père dormit pendant six heures de suite, ce qu’il n’avait pas fait depuis plusieurs mois. Le quatrième jour de la neuvaine il surveillait dehors, toute la journée, des travaux que l’on faisait dans la propriété, et deux jours après il traînait lui-même un
petit charriot de pierres dans une allée montante.
Le mieux se poursuivit ainsi pendant quinze jours, lorsque éclata une nouvelle crise de catarrhe accompagnée cette fois de crachements de sang assez abondants, qui dura quatre à cinq jours. Le Père eut alors l’impression qu’il s’opérait une réelle transformation dans son organisme, comme si son vieux catarrhe se solutionnait et s’il en expectorait les restes.
En effet, tout cessa peu à peu, et quelques jours après le Père se sentit considérablement soulagé. La toux et l’expectoration redevinrent à peu près normales, les forces reparurent et le Père reprit ses travaux et ses courses comme il y a quelques années.
La « Petite Mère » avait exaucé, une fois de plus, les ardentes prières de ceux qui ont pleine confiance dans sa puissante intercession. Que Jésus soit loué et glorifié dans sa servante !
5. — Amélioration progressive chez un malade affligé d'un ulcère ci l’estomac.
Un Père de la même Congrégation fut atteint d’un mal grave à l’estomac, en 1921. Après plusieurs mois de souffrance, il consulta un spécialiste qui, à l’examen radiologique, découvrit la présence d’un ulcère et déclara une opération nécessaire. Avant de s’y résoudre, on voulut attendre quelque temps. Trois mois plus tard, le chirurgien prononça
le même diagnostic et regarda l’opération comme indispensable.
Le malade s’adressa alors avec confiance à la « Petite Mère », dont il portait une relique sur la partie malade, et la supplia de le guérir. Dans toutes les maisons de la Congrégation, comme dans celles des Oblates de Béthanie, on se mit à prier avec ferveur celle qui déjà avait manifesté plus d’une fois sa protection.
Plusieurs mois s’écoulèrent avec une diminution sensible du mal, au point que le R. P. Supérieur ordonna au malade de se remettre au régime commun afin de mieux se rendre compte de l’amélioration obtenue, ce à quoi ce dernier se soumit sans inconvénient aucun.
Néanmoins, afin d’avoir une plus grande sécurité dans une maladie de cette gravité, il l’envoya consulter le chirurgien le plus célèbre de Rome, le Docteur Bastianelli, lequel, après examen, déclara qu’il n’y avait plus d’ulcère et que le Père pouvait manger comme tout le monde.
Le sentiment unanime est que cette guérison est due à l’intercession de la « Petite Mère », qui continue au ciel à se dévouer aux Prêtres de Jésus, comme elle l’a fait avec tant d’amour et de générosité pendant sa vie.
Action de grâces et pmve
A mesure que ces faits sont connus, la confiance s’accroît en l’intercession de la « Petite Mère ». De divers côtés on demande des prières et on réclame des reliques f De hauts personnages ecclésiastiques nous recommandent de recueillir avec soin tous les documents susceptibles d’intervenir dans un futur procès canonique.
On est frappé avec raison de l’importance des faveurs obtenues, et si peu de temps après la mort de la servante de Dieu ; ce qui fait présager pour l’avenir de nouvelles grâces et de nombreuses bénédictions.
Daigne le Seigneur, admirable dans ses saints, manifester ses desseins adorables pour la glorification de sa fidèle servante !
Paris, Janvier 1924
1 S’adresser au R. P. Supérieur de la Fraternité Sacerdotale, 228, Boulevard Péreire, Pai'is,