‹ La petite MionneChapitre 13 sur 28 · AU SIXIÈME ÉTAGE · texte numérisé non relu

AU SIXIÈME ÉTAGE

Depuis que Raymonde Duchemîn, comtesse de Soleure, a quitté la maison de la Princesse, seize ans se sont écoulés.

De nouveaux personnages vont être présentés au lecteur; en les suivant dans leurs aventures, nous retrouverons successivement la belle Raymonde, le comte Gaston de Soleure, la petite victime du tisserand Morel et les autres personnages de notre histoire déjà connus.

Au sixième étage d'une grande maison de la rue des Écluses-Saint-Martin, dans une mansarde, qui ne res semblait en rien, hélas ! au grenier chanté par Béranger| un jeune homme était assis sur une mauvaise chaise d paille au dossier rompu. Ce siège faisait vis-à-vis à deu autres à peu près semblables; ces chaises avaient dï être achetées soixante-quinze centimes ou un franc chaque chez un marchand de bric-à-brac.

Le jeune homme, les coudes appuyés sur ses genoaî. tenait sa tête serrée dans ses mains et paraissait .>e livrer à de sombres pensées.

FAMUXE 24H

Rien autour de lui u'élait de nature à l'égayer. L'aspect da logis, suffisamment éclairé, pourtant, par une

ucarne ou plulAt une sorte de chatliëre pr£

oiture, était affreusement triste et révéli jrofoQde.

Ce coin de grenier, où respirait un fitre 1:

]as une chambre, pas m6me un cabinet, ,able galetas, une espèce de trou dans leqi tait marcher qu'en se courbant.

Pas de cheminée. L'endroit était ui biver, une étuve en été. On y étouffait le j introduisons le lecteur, bien que le locatt précaution de lever le ch&ssis vitré de la ch recevoir un peu d'air du dehors.

Faisant face à la porte, on voyait une ce en mauvais état, avec sa paillasse écrasée ( mince, plat et dur comme une planche.

Torture de lit : elle avait été vendue, | quelque temps auparavant. Seulement ui mant la blanchisseuse et laissant voir de jtnres, dans lequel son propriétaire s'envel 'pour dormir.

Une vieille commode vermoulue, avec so

^cheté de blanc ; une table de bois blanc,

son quatrième pied, et quelques uatensil

ponverts de rouille, — on pouvait s'ëtonnet

1â, — complétaient le piteux ameublement

Cependant, nous ne devons pas oublier i

encore vingt ou vingt-cinq vieux livres f

marbre de la commode. Ces vénérables boi

été achetés, un jour l'un, un jour l'antre,

les parapets des quais.

Parlons aussi de qnatre gravures jau

rochées au mur, et d'an tal

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bjet ni ment a eprése la Joni d'une oésie d

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243 LA PETITE tu

Le temps était suparbe : pas ui Qque. Sur l'horizon nageait cou La ville était inondée de lumière les rues. Au-dessus des maisom de longues ligues lumineuses si Partout, sur les cheminées, les a de cui^ieuz effets de lumière, des roitements, des profondeurs ill ments sans nombre.

Sur le toit, une jeune couvée d partis du nid, se bousculaient ou des ailes.

« Piu, plu, piul I)

lis avaietit faim, les oisillons, i ne pas voir arriver le père et la qnée.

Pendant un instant, le jeune regarda tristement les oiseaux d intéressé à leur petite querelle, 1 rent bieotftt, le bec plein. Alors blërent « piu, piu, piu! n et ils file vers leurs cbers nourriciers.

— Les voilà consolés, murmui vois creuse, et dans un instant i

Et il ajouta en bochant le tête

— Elle n'est jamais bien terril Un moment encore il resta à I

vue au loin sur les toits illumin< à coup:

— Trop de lumière et de solei vers une nuit sans fin ! s'écria-tville ensoleillée, bruyante, joyeu qui m'environnent. La joie des a je donc devenu méchant, bainei:

*»-Si

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m'ont connu ne se souviendront plus d'Alexis Mollin; rien ne restera de moi, pas même un souvenir.

Alexis Mollin t Qu'était-ce donc que cet Alexis Mollin Un inconnu, un pauvre gueux, un cerveau bourré dechi mères, une espèce de rêveur, un fou qui a usé toutes se forces, tout son courage, toute son énergie à courir après Tombre, croyant toujours qu'il allait saisir la proie. Oh l'insensé, l'insensé I

Il continua d'une voix sourde : \

— Tout est fatal en ce monde I Ainsi le veut la des-l tinée, et la mienne doit s'accomplir! Gaiement, l'espoir 1 au cœur, je m'étais mis en route; je ne songeais pas à la' longueur du chemin, je ne voyais que le but à atteindre»! Jeune, fort, courageux et plein de santé, je n'avais pas U compter les années. 1

Devant moi aucun obstacle ne se dressait, la route s'ouvrait large, toute fleurie. L'avenir m'apparaissali resplendissant de lumière, souriant, prodigue de promesses, avec ses couronnes, ses succès, ses acclamations, ses triomphes, ses gloires... Mirage des yeux, hallu* cination de l'esprit, vertige... l'avenir a disparu, pou moi l'avenir n'existe plus!

Je n'ai fait qu'un bout de chemin et je suis forcé de m'arrêter. Impossible d'aller plus loin. La route que j'ai suivie m'a conduit dans une impasse. Pour en sortir, il n'existe qu'une porte sombre, celle qu'ouvre la mort ! Et c'est par cette porte que je sortirai ce soir. Une évasion î Eh bien, oui, je m'évade, je romps ma chaîne, je fuis les humiliations, les ricanements, la fausse pitié, l'indifférence des heureux, le mépris des égoïstes; je me délivre des tortures de la faim, je me soustrais à d'horribles tentations.

Voyons, est-ce que j'ai manqué de persévérance ? Estce que j'ai gaspillé les heures que le3 autres donnent au

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