FAMILLE
u bien faire en me TaisaDt lie ime somme de vingt
tir donner VaisaDce et les
u besoin, pouvait être jamais une
mt, qui aurait donné un travailler. Cela ne fut pas t. Ils étaient mal log6s, u fallait quitter la cabane .'ils habitaient ; Morelacbeta une maison ; c'était bien. lis le reste de l'argent resta enfermé, caché dans un euble, et on s'habitua, pour les besoins du ménage et lires, à prendre à même tous les jours.
La femme faisait bien encore quelques Journées de mps à autre ; mais, ayant quatre enfants à soigner, elle Dtait combien sa présence prgg d'eux était nécesire. Et puis, c'était si peu de chose, ce qu'elle galait.
Malheureusement, le tisserand était paresseux. Et ce efit rien été encore s'il n'avait eu pour tout vice que la aresse, mais il aimait à courir les cabarets, à jouer aux artes, au billard, et, tant qu'il avait de l'argent dans sa oche, il buvait. Presque tous les soirs, il reutrait ivre à i maison, et il y avait souvent entre le mari et la femme, es scènes scandaleuses, qui faisaient accourir les voiins pour mettre le holà.
Morel buvait de l'absinthe, beaucoup d'absinthe ; il deint hargneux, colère et méchant. Cette affreuse liqueur, aonsieur le comte, a cela de terrible que, peu h peu, elle nit d'un homme doux et pacifique une béte féroce.
Quand sa femme lui refusait ou cherchait à l'empè- 2her de prendre l'argent qu'il voulait pour aller s'amuser et s'enivrer au cabaret, il la battait.
C'est évidemment parce qu'elle était minée depuis
23Ô LA PETITE MIONNE
longtemps par le chagrin que la pauvre Antoinettt» mourut.
Que restait-il alors de l'argent? Je ne saurais le diro. Mais il y en avait encore, car Morel continua de plus bel. sa vie de débauches. N'ayant plus sa femoie à battre i* celle-ci n'étant plus là pour défendre et protéger ses enfants, ce sont les pauvres petits que, pour un oui ou pour uu non, le misérable ivrogne rouait de coups.
— Misérable, en effet, murmura le comte.
— La pauvre petite abandonnée était surtout en butte aux mauvais traitements, aux brutalités de Moral. Elk pleurait constamment ; elle était habillée de guenilles e! toujours dans un état dégoûtant de malpropreté.
— Affreux, affreux 1 soupira le comte.
Pierre continua :
— Souvent la pauvre petite était obligée de se contenter, pour apaiser sa faim, d'un morceau de pain sec. dur et moisi. Il arrivait môme, parfois, que le coquin h repoussait du logis sans lui donner à manger.
Alors elle était recueillie par des bonnes gens du pay> qui la consolaient, la caressaient et la faisaient asseoir à leur table... Gar^ m'a-t-on dit, tout le monde l'aimait à Vignette. Elle était d'une douceur angélique, et jolie, jolie comme un chérubin.
Plusieurs fois, au sujet de la petite, le maire dut faire des remontrances à Morel. Il promettait de comprendra mieux son devoir, ce qui ne Tempêchait point de recommencer le lendemain. D'ailleurs, ni le maire, ni les habitants de la commune, indignés, n'osaient intervenir avec autorité : le tisserand était devenu si farouche, si terrible, qu'il faisait peur à tout le monae. On l'évitait. on le fuyait comme la peste.
Gela dura deux années.
Morel devait avoir alors à peu près épuisé son capital
petit garçon et on chercha partout la fillette. On explor les bords de la petite rivière^ on visita les puits où l'of pouvait supposer qu'elle était tombée, tous les endroiii où Ton pensait qu'elle avait pu se cacher et s'endormri Peine inutile; non seulement on ne la trouva poio: mais elle n'avait laissé nulle part trace de son passani
— Perdue, perdue I prononça le comte d'une m étranglée.
— Hélas 1 oui, monsieur le comte, elle était perdae. Le lendemain, grande rumeur dans la commune. Ce k une petite révolution. Des femmes, des mères defamill furieuses ne parlaient rien moins que d'étrangler di leurs mains le misérable ivrogne. Pendant trois joui^ resta enfermé chez lui, n'osant braver la réprobation publique.
On continuait à chercher Tenfant, on allait aux rensa goements dans les communes voisines. Mais rien. La pe tite n'avait été vue et rencontrée par personne. ;
Alors il se trouva des gens, à Yignotte, qui ne craigoii rent pas d'accuser le tisserand d'avoir tué la pauvre p« tite, et de l'avoir enterrée quelque part dans un épai fourré du bois.
JjQ comte écoutait haletant, le cœur serré, la sueur si front.
— L*émotion fut grande, continua Pierre, et Morel fa arrêté et emmené par les gendarmes.
(( Je sais bien que je ne vaux pas grand'chose, dis le tisserand; je pouvais être heureux, je ne l'ai p voulu; je n'ai pas su écouter les bons conseils que donnait ma pauvre femme. Oh I je reconnais mes torts Quand j'avais bu, je rudoyais l'enfant, c'est vrai ; mai de là h être un lâche assassin, il y a loin. Moi, tuer enfant 1 Et l'on m'accuse de cela, comme si c'était pos sible I
possible de savoir ni certainement cbang dame la comtesse, y
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— Oui, monsieur régulières, ce qui ia mais plutôt hors de
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