‹ La petite MionneChapitre 15 sur 28 · S LA PK · texte numérisé non relu

S LA PK

pérés s'embrassèreot ave<

Frères, ne l'étaient-ils

mêmes douleurs, enduré 1

— Ah 1 Georgùs, Georj d'une émotion violente. Comme toi, mon ami, je I écrasant et j'ai résolu de :

Ingrat que je suis, je t'< pensais à moi. Si tu n'élui dans la tombe sans t'a' Georges, tu vaux mieux q

Mais te voilà, te voilà, nous avons souffert ensen

— Quoi, Alexis, toi ans

— Oui, parce que, con ai le dégoût des hommes,

Georges, asseyons-noui que nous sommes affaméf les dernières heures.

Comme tu es calme, Gë as pris une résolution terr es la force.

— Je suis résigné, voili

— J'ai toujours admiré Georges, je te croyais arn

Le jeune homme secom

— La lassitude est veni longue et si terrible 1... ^ laissé tomber mon armur j t jj ijg courage po

e ne veux plus, i, Georges, comi

à une elles ont i

— Elle se nomme Herminie?

Le jeune peintre répondit par an mouvement de tète,

— Georges, reprit Alexis, tu aimes cette jeune fille !

— Je n'ai pas à rougir de mon amour; oui, je Taîmel

— Tu aimes, tu as ce bonheur que je place au-dessus de tous les autres, et tu veux te tuer, malheureux I Quoi, rimage souriante de cette chaste et pure jeune fille, de cette enfant, — car elle a à peine seize ans, m'as-tu dit» — ne te fait pas reculer devant la mort?

— Non, répondit Georges d'un ton ferme.

— Alors ton amour est sans espoir?

— Oui, sans espoir, répéta le peintre avec un accent douloureux.

— Tu n'es pas aimé?

— Est-ce qu*on peut aimer un pauvre hère de mon espèce? Mais si mon amour est sans espoir, ce n'est point parce qu'il a été repoussé. Rien ne m'a fait connaître les sentiments de mademoiselle Herminie à mon égard; j'ignore si je suis aimé.

— Comment, tu ne sais pas si elle t'aime?

— J'aurais cru mal agir si j'eusse détruit la douce tranquillité de cette adorable enfant, en portant le trouble dans son cœur. Je n'ai pas à me reprocher d'avoir fait monter le rouge à son front. Je ne lui ai jamais parlé de mon amour et elle n'a pas eu à répondre à des questions que je ne lui ai pas adressées.

Herminie, la petite Mionne, comme l'appelle son père, est bien ignorante de tout, va, et je ne crois pas que son cœur ait déjà parlé; elle est si jeune! Tout en elle est innocence et candeur et son doux regard d'enfant naïve, est comme un miroir oii se reflète la pureté de ses pensées.

Je te le répète, Alexis, j'ignore si je suis aimé ; mais je

Oh I les belles aonéi cher les rares iostanl

Qui a voulu de mi faire trois volumes Beuret champêtreif mi

Le rouge au front, et tremblant, baissai porté mes mauuscr messieurs m'ont ri a TOUS serez connu, rei comme une autre d(

De tous les côtés oi

n Ne vous obstinez > des rimes, à ciseler c on ne lit plus les vers Je me suis tourné v< de nos jours, les Petite qui ne valent rien...

' — Ob 1 ne dis pas i

Le regard du poète

— Qui ne valent puisque partout elles

On me disait enco; du roman ? Vous réi c'était une nouvelle ti dtre la seule brancbe

Je me mis à l'œt acharné, pénible, je en quatre parties. El des comédies; II allai les mômes paroles à ]

« Mon cber monsi otre ouvrag s il ne conv

— » Je le trouve excellent, au contraire, et j'ai la prétention de m'y connaître.

— )) Je vous crois, mais oh le faire paraître ? Tous le? directeurs de journaux à qui je Tai présenté l'ont refuvj.

— » Toujours la même chose, » murmura-t-il en b • chant la tête. »

Il resta un moment silencieux et reprit :

— « Allez le porter de ma part au directeur du Nouvel liste,

— » Je suivrai votre conseil ; malheureusement je sui: inconnu au Nouvelliste comme ailleurs.

— (( Je comprends, vous désirez un mot de moi. »

Il écrivit rapidement quelques lignes, glissa la îev'ûk dans une enveloppe, puis me tendit la lettre en me disant :

— « Le voilà. »

Je quittai X... le front rayonnant, et d'un pas léger, la confiance en moi m'étant revenue, je courus au A'ouj velliste. Le directeur me reçut immédiatement et s montra on ne peut plus gracieux. La lettre du grand ro mancier avait produit son effet.

— « Cher monsieur, me dit-il, je vais tout de saiU faire lire votre roman. Revenez me voir dans quinzl jours et vous saurez ce que le comité de rédaction aur décidé. Votre roman est chaudement recommand vous pouvez, je crois, compter sur une acceptation. »

Ah I ce jour-là, en revenant chez moi, je ne baiss plus la tête; je la portais haute et fîère, escomptant m triomphe. J'étais sauvé ! Enfin, j'allais donc être vai queur de la fatalité! La joie emplissait mon cœur dilal et un essaim d'idées bourdonnait dans mon cerveau.

J'allais avoir un succès retentissant. X... me l'av prédit. Pour les Grands Cœurs, trente mille lignes quinze centimes, — c'est le prix de la ligne pour un d

iutant, — je toucherais quatre mille cinq cents franc une fortune!...

Et je me disais :

-^ Je me ferai cadeau d'un vêtement neuf complet compris le chapeau et les souliers, — je n'allais pas c core jusqu'à des bottines; — je m'achèterai le linge ( m'est indispensable, et je m'empresserai de quitter m taudis, oii j'étouffe, pour un logement plus convenab puis je me remettrai au travail. Il faut que mon seco roman suive de près le premier. Dame ! il faut profiter la veine.

Ah I les idées ne me faisaient pas défaut : j'avais vii sujets de romans dans la tête.

Hier, mon ami, je suis retourné au Nouvelliste.

— Eh bien?

— Eh bien, Georges, j'ai rapporté mon manuscrit, directeur n'a pas même daigné me recevoir ; il m'a f remettre mon ours par son garçon de bureau.

— Refusé, sans te dire pourquoi?

Les yeux du poète s'enflammèrent.

— Si, répondit-il. Il y a dans les cartons du Nouvelle des romans pour trois ans.

Et un rire farouche, un rire navrant, éclata entre ; tents serrées.

Au bout d'un instant, il reprit :

— Comprends-tu, maintenant, Georges, compren iu? Et je vivrais î Pourquoi faire? Non, non, assez d'i poisses, de sombres terreurs, de tortures morales et pi niques! Depuis trop longtemps je sens dans ma chair crocs delà misère I

Est-ce que nous pouvons mendier, nous, dis?

Georges, mieux vaut en finir tout de suite que d' tendre l'agonie de la faim ! Mieux vaut mourir que devenir escroc et voleur!

268 LA PETITE MIONNB

ri

de payer. Voici vos deux quittances, celle du terib d'avril et celle du présent terme.

— Monsieur le concierge...

— Je ne suis pas concierge, monsieur, je vous raidi, j dit, interrompit le gros homme en se redressant poc: faire croire à son importance, je suis le régisseur de cc immeuble et je représente le propriétaire.

— Je vous prie de m*excuser, monsieur le régisseur.

— Payez d'abord, je vous excuserai ensuite.

— Ma situation n'est pas meilleure aujourd'hui qu'ell ne rétait au mois d'avril.

— Ainsi vous ne voulez pas payer?

— Je ne peux pas. Faut-il donc vous le dire? Je n'a pas un sou : hier, j'ai vécu d'un morceau de pain» et j ne mangerai pas aujourd'hui.

— Tout cela ne me regarde pas ; si vous en êtes r duit là, c'est votre faute.

— Ma faute !

— Oui.

— Pourtant, vous me connaissez assez pour savoi que ma pauvreté n'est pas la conséquence de ma mac vaise conduite.

— Je n'en sais rien. Je ne suis pas toujours sur le talons des locataires de ma maison pour voir ce qu'ii font. D'ailleurs, qu'est-ce que vous faites? Rien. Quan on a du cœur, monsieur, bon pied, bon œil et des bras on travaille. Ne me dites pas que vous ne trouvez p d'ouvrage, l'ouvrage ne manque que pour ceux qui n'e veulent point. Je ne crains pas de vous le dire, vous été un paresseux.

— Oh!

— Il n'y a pas de ohl Je dis ce que je dis, et voa n'avez pas besoin de rouler ainsi vos yeux, vous ne m faites pas peur. Je vous le répète, vous ne faites rien, el

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