‹ La Petite poste des amoureuxChapitre 16 sur 25 · MADRIGAUX · texte numérisé non relu

MADRIGAUX

Le madrigal est une flatterie plutôt qu'un compliment; néanmoins s'il est bien tourné, si on n'y ménage pas l'éloge, il manque rarement son effet.

A une jeune fille.

Vous excellez en mille choses, Vous portez en tous lieux la joie et les plaisirs. Allez en des climats inconnus aux zéphyrs,

Les champs se couvriront de roses.

Déclaration d'amour.

Prends mon amour, ma vie,

Ne serait-ce qu'un jour,

S'ils te portent envie 1

Mais je veux ton amour....

Si j'étais fée au roses,

J'obtiendrais bien des choses

De ma divinité.

Mais que te donnerais-je, à toi belle enfant blonde ? Tu m'as pris les seuls biens qui me restaient au monde :

Mon cœur, ma liberté !

A une coquette.

Qu'as-tu besoin de diamants pour plaire ? De tes regards l'éclat est bien plus sûr. Ce blanc satin, dis-moi, qu'en veux-tu faire? Ta blanche main offre un satin si pur. Laisse à l'abeille, au zéphyr qui se joue, Tous ces bouquets que je trouve importuns. Regarde moi. Les fleurs sont sur ta joue. Embrasse-moi, ta lèvre a les parfums.

MADRIGAUX ACCOMPAGNANT L'eNVOI D'UN BOUQUET.

L'envoi d'une fleur est par lui-même un madrigal; la fleur n'a-t-elle pas son langage?

Bn envoyant un bouquet de myosotis.

Pour dire mon amour, cette fleur semble éclore. Son langage est un mot; mais il est plein d'appas.

Dans ma main elle dit encore :

Aimez-moi, ne m'oubliez pas. >

Déclaration d'amour accompagnant F envoi d'un bouquet de roses.

Si ces fleurs parlaient, que de belles choses, Elles te diraient en touchant ta main 1 Ecoute surtout les boutons des roses.

Leur parfum te dit : Je t'aime, à demain. Chaque fleur, vois-tu, possède un langage, Le lis c'est l'orgueil et le thym l'oubli. Mais ces roses-là, de mon cœur doux gage, Te diront : crois-les, nous parlons pour lui !

Compliment accompagnant V envoi d'une pâquerette à une fille modeste.

Des mains de la nature Echappée au hasard, Cette fleur sans culture Brille et fleurit sans art.

El comme elle, ma chère, Oubliant tes appas, Sans apprêts tu sais plaire Et ne t'en doutes pas !

Madrigal accompagnant l'envoi d'un bouquet à une femme très-poétique.

La nuit au brillant mystère Entr'ouvre ses écrins bleus ; Autant de fleurs sur la terre Que d'étoiles dans les cieux.

Moi, ma nuit au sombre voile N'a pour charme et pour clarté Qu'une fleur et qu'une étoile, Mon amour et ta beauté.

A une femme au regard enchanteur en lui envoyant un œillet.

D'autres parmi tes rivales ont bien

L'oeil aussi noir et la dent aussi blanche,

Plus d'une ayant aussi ronde la hanche.

Verrait sans peur ton pied auprès du sien.

Plus d'une encore a le rire dont s'arme

Ta bouche en cœur, peinte d'un si beau fard,

Mais pour ravir les âmes d'un regard

Dis, qu'as-tu donc de plus qu'elles? — Le charme I

A une demoiselle égoïste et indifférente en lui envoyant un narcisse.

Je t'offre aujourd'hui cette fleur.

Du beau Narcisse le malheur Instruit et corrige nos belles.

En inspirant beaucoup d'effroi

A celles qui comme toi

Ne savent aimer qu'elles I

A la même.

Vous vous aimez trop vous-même, Léontine, croyez-nous.

Puisqu'il faut que chacun aime, Aimez un autre que vous.

Vers pour accompagner un bouquet le jour d'une fête. £

D'un regard, d'un sourire, hélas ! j'étais en quête, Quand l'almanach me dit : c'est aujourd'hui ta fête. D'accepter mon bouquet aurez-vous le loisir? Toutes les fleurs y sont, même la sensitive, Qui vous dit : comme moi, ne soyez pas trop vive, Ma chère, à vous cacher, quand on veut vous cueillir.

Bouquet.

C'est votre fête, ô maîtresse charmante, Et ce bouquet que ma main vous présente Est un hommage indirect de mon cœur.

Prenez. Lisez ce que dit chaque fleur.

En fait d'amour chacune fait merveille.

Par ces discours que votre cœur touché Avec ivresse accepte la corbeille Et le mari par-dessus le marché 1...

Petite lettre .

Ne craignez pas de recevoir Ces mots d'une main inconnue.

Est-il possible de vous voir Sans vous aimer?.. . Je vous ai vue !

Lisez encore et tous mes vœux Seront remplis, je vous le jure, Si le plaisir brille en vous yeux Quand vous lirez la signature : Adolpoe,

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