LA LETTRE AUX CINQ CACHETS
A l'école, ses compagnes disaient à Wanda Bolinska: «Tu as un drôle de nom, toi! » Et la petite fille, qui n'aurait pas demandé mieux que de s'appeler 5 Marie Bernard ou Louise Durand, se mettait parfois en colère lorsqu'on la taquinait trop. Il est juste d'ajouter que Wanda, très gaie, très aimante, très caressante, était un peu sujette à la colère. Seulement, lorsqu'elle avait bien crié, trépigné et même
lo joué un peu des poings, elle se sentait toute honteuse, ne comprenait plus rien à sa violence passée, demandait bien vite pardon et embrassait si fort la petite amie maltraitée que celle-ci pardonnait en effet.
15 Un jour de petit printemps, alors que la nuit vient déjà tard, Wanda rentrait de l'école, balançant ses livres attachés par une courroie. Elle avait envie de chanter et de danser toute seule dans la rue, tant elle se sentait joyeuse, sans bien savoir pourquoi. Elle
20 n'en fit rien, étant une fillette bien élevée. Elle rapportait de bonnes notes; sa chère petite maman
serait très contente. Et comme on causerait bien, le soir venu, auprès du feu! Sa maman était souvent bien fatiguée, après avoir couru toute la journée, d'ime maison à une autre, donnant des leçons à des 5 enfants qui n'allaient pas à Técole. Mais elle n'était jamais trop fatiguée pour s'occuper de sa Wanda, pour la caresser, pour lui faire raconter tous les événements de la journée, et, enfin, pour lui dire, une fois de plus, un de ces jolis contes de fées que
lo personne ne racontait comme ellel
Mme Bolinska et sa fille vivaient seules, dans un logement grand comme un mouchoir de poche, au troisième d'une maison tout près de la cathédrale de Tours. Elles étaient pauvres, pauvres! La maman
15 ne trouvait pas toujours de leçons à donner. Cela ne les empêchait pas d'être heureuses. Peut-être s'aimaient-elles encore plus que si elles eussent été riches. Mme Bolinska trouvait toujours moyen, en se privant elle-même, de faire de petites joies à sa
20 fille; et Wanda, une grande fille de neuf ans, réfléchissait plus qu'on ne croyait, malgré sa gaieté un peu bruyante, et cherchait à épargner à sa mère toute fatigue lorsqu'elle revenait, bien lasse, de ses longues courses. Le matin, une femme de ménage
25 venait pendant quelques heures et préparait le repas de midi; puis elle partait, et le soir, la maman et la petite fille se contentaient des restes froids de ce repas. Wanda rentrait vite, vite de l'école, et sa joie c'était que toUt fût bien en ordre pour sa maman; le
30 feu pétillant, la table mise, les deux chaises à leurs places, et pas un grain de poussière sur les quelques
meubles du petit salon, qui servait aussi de salle à manger.
Ayant résisté à son envie de chanter et de danser en pleine rue, Wanda Bolinska, dès qu'elle fut près
5 de la maison, se mit à courir. Au moment où elle passait comme une trombe devant la loge de la portière, elle s'entendit appeler: «Mam'selle Wanda, mam'selle Wanda! ...» Elle avait déjà grimpé un demi-étage qu'elle redescendit en deux bonds. La
10 mère Gringoire possédait un certain gros chat qui faisait les délices de la petite fille; elle s'imaginait que la concierge voulait lui raconter quelque haut fait de cet animal choyé. Le chat vint se frotter contre les jambes de l'enfant qui déposa ses livres, pour le
15 prendre dans ses bras.
— Ahl il vous aime bien, vous; c'est pas tout le monde qui peut ainsi le prendre. . . .
Au fond, la mère Gringoire était im peu jalouse. Son chat faisait ron-ron; il se trouvait bien.
20 — Mais c'est pas de lui que j'ai à vous parler. Voilà-t-il pas que le facteur apporte une belle lettre avec des cachets pour Mme la Princesse Ladislas Bolinska. • . . Moi, je lui ai ri au riez. On ne fait pas de pareilles farces à d'honnêtes gens. Je lui ai
2$ dit, comme ça, que nous avions une petite dame avec un drôle de nom, Bolinska, qui donnait des leçons en ville. Enfin, c'est une lettre chargée, et, comme l'adresse y est bien, il doit la rapporter. Votre maman . . . une princesse! . . .
^o L'idée sembla si drôle à la petite fille qu'elle leva la tête par-dessus la fourrure grise du chat, et se mit
à rire de bon cœur. Elle riait encore en arrivant au palier du troisième; ce qui ne Tempêcha pas de bien faire son métier de petite ménagère. Le feu se fit prier pour flamber joyeusement comme d'habitude.
5 Wanda eut toutes les peines du monde à le faire brûler, si bien qu'elle oublia la communication de la mère Gringoire. Puis, ce soir-là, elle devait faire cuire une pomme devant le feu, ce qui nécessitait une belle flamme.
m La cheminée était en bois, imitant le marbre. Wanda avait planté un clou en dessous, là où cela ne se voyait pas; une ficelle attachée au clou soutenait la pomme juste devant le feu. Alors on faisait tourner doucement la pomme sur elle-même; c'était un
15 vrai bonheur de la voir crever ici ou là et de sentir la bonne odeur remplir peu à peu le petit salon. Et cela, pendant que la maman, de sa voix si douce, racontait les aventures merveilleuses de Cendrillon ou de Peau d'âne. La petite fille, assise aux pieds de sa
20 mère, la tète contre ses genoux, les yeux fixés sur la pomme, les narines délicieusement dilatées, était alors heureuse d'un bonheur sans nom.
Lorsque Mme Bolinska rentra, un peu plus lasse que d'ordinaire, elle oublia sa fatigue au cri joyeux
25 de: «Maman, maman! j'ai de bonnes notes! On dit que c'est moi qui aurai la médaille d'honneur la prochaine fois!»
Ah! la joie de cette soirée! . . . Wanda débarrassa la table, ne permettant pas à sa mère de l'aider,
30 de bouger de son fauteuil, où elle se trouvait bien; puis, installée sur son tabouret, ayant solidement at-
taché sa pomme — une grosse belle pomme — devant le feu qui flambait maintenant joyeusement, Wanda dit:
— Eh bien! petite mère: «Il y avait une fois ...» 5 Mme Bolinska sourit un peu tristement, se disant
peut-être qu'on est bien heureux d'avoir neuf ans, et, en fait de bonheur, de se contenter d'une pomme mal cuite et d'un conte de fées! Mais elle caressa doucement • les cheveux frisés de sa fille et com- 10 mença:
« Il v avait une fois ...»
\Ce n'était plus Cendrillon qu'elle racontait, anda devenait grande et demandait autre chose. Mme Bolinska possédait une imagination très vive
15 et souvent, en trottant menu le long des rues, il lui venait des idées fantastiques et elle se disait: «Cela fera une histoire pour Wanda! » La petite adorait ces histoires-là, et celle de ce soir se trouvait particulièrement palpitante!
20 La nuit tombait tout doucement; la seule lumière venait du feu de bois; une odeur délicieuse de pomme cuite remplissait l'appartement, et un petit bruit de fruit rissolé formait un accompagnement idéal au joli conte . . .
25 Tout à coup la sonnette tinta.
— Ah! s'écria Wanda, la lettre — et moi qui avais oublié. Figure-toi, maman . . .
Mais le facteur qui n'aimait pas à perdre son temps sonna de nouveau, et Wanda courut ouvrir, 30 pendant que sa mère allumait une bougie.
Le facteur entra.
lo La Petite Princesse
— Une lettre chargée pour Mme la Princesse Bolinska, dit-il.
— C'est moi qui suis la Princesse Bolinska.
La maman de Wanda avait hésité im instant. Le 5 facteur ne put s'empêcher de jeter un regard rapide sur le pauvre logis, sur la jeune femme et sa robe noire étriquée. Mais, tout cela n'était pas son affaire; aussi posa-t-il son livre sur la table à côté de l'unique bougie, en disant:
lo — Si madame veut bien signer là . . .
Il regarda la signature «Princesse Ladislas Bolinska, » d'une fine et jolie écriture, reprit son livre, donna la lettre chargée et disparut.
Tout cela s'était fait en quelques minutes.
15 Wanda restait saisie et dévorait sa mère des yeux. Sa maman à elle, une princesse, une princesse pour de vrai! Au fond, elle s'attendait vaguement à voir une couronne se poser sur les cheveux blonds, et la pauvre robe se changer en vêtements de velours et de
20 soie. Il n'en fut rien, cependant, et Mme Bolinska, absorbée, très triste, prit la lettre aux cinq cachets. Enfin, sentant sur elle le regard de sa fille, elle leva la tête et dit en souriant doucement :
— Oui, ma chérie, je suis princesse — ce qui 25 n'empêche que je n'aie pas de quoi m'acheter les
souliers dont j'ai besoin, et que je suis bien préoccupée lorsqu'une leçon vient à manquer.
Wanda se jeta dans ses bras:
— Tu es ma mère mignonne. . . .
30 C'était le nom qu'elle aimait à donner à sa maman. Mais elle tremblait d'émotion, et la mère la câlina
La Petite Princesse ii
et la calma. Toutes deux regardaient la lettre aux cinq cachets comme si elles en avaient im peu peur. Enfin, la maman se décida à l'ouvrir et lut à haute voix:
5 « Madame,
« La communication que j'ai à vous faire est de la plus haute importance; il y va de l'avenir et du bonheur de la Princesse Wanda, votre fille ...»
La petite Wanda interrompit la lecture:
lo — Alors, je suis princesse aussi, moi ? . . . Non, c'est trop drôle. . . .
Et trouvant cela vraiment drôle, que ce nom, Bolinska, dont ses compagnes se moquaient si bien, fût un nom de princesse, elle éclata de rire; et sa
15 mère se mit à rire avec elle. La chose, en effet, ne manquait pas de piquant. Mais bientôt Mme Bolinska reprit sa lecture :
« Vous savez que le frère aîné de mon mari, — et du vôtre, — le Prince André Bolinski, n'était que
90 leur demi-frère, beaucoup plus âgé qu'eux. Il leur avait toujours été à peu près étranger. Tandis que le patrimoine des cadets était fort mince, il jouissait d'une fortune immense du chef de sa mère. Lorsque l'un de ses frères m'épousa, moi, veuve de com-
95 merçant; lorsque le plus jeune, Ladislas, épousa une pauvre institutrice sans naissance, le prince aîné, c'est ainsi qu'on le nommait généralement, cessa tout-à-fait de s'occuper de ses demi-frères. Il se maria assez tard et bientôt devint veuf. Son fils
30 unique a été tué, il y a quelques mois, en duel.
« Je viens de recevoir une lettre de lui. Son grand
deuil Va fait réfléchir; il est vieux; il cherche à se créer une nouvelle affection. Je n'ai pas d'enfants, et je suis riche. Vous êtes pauvre, mais vous avez une fille. Cette fille se trouve être le dernier rejeton
5 d'une famille très noble, et son oncle serait disposé à la considérer comme son héritière — mais à une condition: vous ne la verrez plus; elle ne vous appartiendra plus. Vous me l'enverrez; elle sera élevée chez moi, oîi elle aura les meilleurs maîtres et
lo où elle se préparera à être une grande dame. Seulement ma santé est déplorable, je n'aime ni le bruit ni les tracas; et n'ayant jamais eu d'enfants je ne sais trop ce qu'il leur faut. Vous qui savez les besoins d'une petite fille de neuf ans, voudriez-vous vous
15 charger de trouver une personne de confiance,- bien élevée, qui m'amènerait l'enfant, qui la soignerait, lui ferait apprendre ses leçons et m'épargnerait les ennuis inévitables d'un pareil changement dans ma vie? J'ai hésité à accepter la charge que voulait
20 m'imposer mon beau-frère : mais je me suis rendue à ses raisonnements: un homme, et un homme déjà âgé, ne peut élever une petite fille. De plus, je suis heureuse de ce rapprochement proposé par le chef de notre famille. Vous pouvez être sûre que votre fille
25 sera bien élevée, choyée, et, autant que possible, aimée par moi.
<( Je sais que vous trouverez très cruelle la clause qui vous éloigne définitivement, et — je dois vous le dire — irrévocablement. J'aurais voulu adoucir cet
30 arrêt, ou, du moins vous préparer à l'accepter. Mais je sens les approches d'une de mes atroces migraines
et il faut que je me hâte. Si vous aimez votre enfant, vous vous soumettrez. Il ne dépend que de vous d'en faire une véritable princesse, dont les destinées seront très brillantes. D'un autre côté, le Prince aîné est 5 maître absolu de sa fortune; à défaut de la princesse Wanda, il en disposerait en faveur d'institutions charitables à Varsovie. Voyez ce que vous pouvez donner à votre fille pour la dédommager de la perte d'une pareille fortune. Il est possible que, dans
10 un premier moment de désespoir, vous refusiez de vous séparer d'elle. Cela est prévu. Dans ce cas, yous auriez devant vous six mois pour revenir sur votre décision. Vous n'auriez qu'à m'écrire. Ce délai une fois passé, vous n'entendriez plus parler du
15 Prince André Bolinski. Quant à moi, je suis toute disposée à aimer la nièce du prince; mais je dois rester étrangère à la fille de la Princesse Ladislas Bolinska. J'ai beaucoup de neveux et de nièces, à qui je destine ma fortune.
20 « Je trouve que dans la vie, il n'y a rien de tel que les situations nettes; les malentendus viennent presque toujours de la crainte de blesser. Souvent la souffrance, qui n'est qu'ajournée, n'en est que plus cruelle.
25 (( Veuillez agréer, madame, l'assurance de ma parfaite considération.
« Thérèse, Princesse Bolinska.
« Au château de Sous-Bois, par Chailly,
« (Seine-et-Marne). »
30 Wanda ne bougeait pas, blottie dans les bras de sa
mère, retenant son haleine, prise de peur, la tête bourdonnante.
Mme Bolinska avait lu jusqu'au bout, sans s'arrêter; seulement, à mesure que la lettre approchait de S sa fin, la douce voix tremblait un peu, baissait, baissait, n'était plus qu'un murmure, quoique chaque mot arrivât à l'oreille de la petite fille.
Quand elle eut tout lu, il se fit un silence profond. La mère tenait sa fille un peu plus fortement em-
lo brassée, bien contre son cœur, comme si elle eût voulu la protéger contre des ravisseurs. Puis, subitement, elle ouvrit les bras. Wanda n'avait pas parlé. . . . Peut-être? ... La pauvre femme sentit son cœur se déchirer; mais elle dit avec un calme forcé.
15 — C'est à toi à répondre; c'est à toi à décider, puisqu'il s'agit de ton avenir.
Wanda regarda sa mère sans bien comprendre.
Alors, jetant un grand cri, elle éclata en sanglots, et, tout en sanglotant, elle dit:
20 — Tu as cru. . . . Moi te quitter! . . . Ma petite maman, ma mère mignonne. . . . Mais est-ce qu'on peut vivre sans sa maman ? . . .
La petite fille ne pouvait se calmer. Elle finit par s'endormir dans les bras de sa mère, à bout de forces.
25 Mme Bolinska tint à ce que ce fût Wanda ellemême qui répondit à sa tante; elle ajouterait seulement quelques mots à la lettre de sa fille.
Wanda était fort embarrassée. A l'école, lorsque, comme devoir de style, on donnait à écrire aux élèves
30 une lettre adressée à un correspondant imaginaire, la petite n'éprouvait aucune difficulté; la plume allait.
allait ... et ses compagnes enviaient sa facilité. Mais ceci était tout autre chose. Ecrire à une princesse demandait un style très différent. Elle essaya de se servir de mots qu'elle avait vus dans les livres. S Elle commença même une belle phrase où il était question des « liens du. sang, » et de la « voix de la nature ...» mais elle sentait vaguement qu'elle se rendait ridicule. Elle se décida alors à écrire comme cela lui viendrait. Et voici ce qu'elle trouva au 10 bout de sa plume d'enfant:
« Ma chère tante,
« Nous avons lu ensemble votre lettre, maman et moi. C'est à dire que maman lisait, et que moi j'étais sur ses genoux; elle me tenait bien fort, et moi
15 je tremblais.
« D'abord, ma chère tante, merci de vouloir bien de moi, chez vous, comme si j'étais votre fille. Cela doit être triste d'avoir une grande maison et pas d'enfants. Aussi je vous plains beaucoup.
20 (( Si on pouvait avoir deux mamans, je serais heureuse d'être votre fille. Mais on ne peut en avoir qu'une; et moi j'aime la mienne plus que tout au monde; je l'aime tant, qu'en écrivant cela j'ai envie de pleurer. Aussi, vous comprenez bien, n'est-ce
25 pas, ma chère tante, que je ne la quitterai jamais, oh! jamais, jamais!
« Ne me croyez pas ingrate. Je ne le suis pas. Je voudrais pouvoir vous embrasser pour vous le prouver, ainsi que mon oncle là-bas, qui doit être
30 très malheureux d'avoir perdu son petit garçon. Et
aussi, je vous dirai franchement que j'aime beaucoup les belles choses, les poupées surtout. Maman me dit que vous m'en donneriez une, et bien d'autres choses aussi; peut-être même un petit cheval pour 5 moi toute seule. — Et puis, cela m'amuserait de m'entendre appeler princesse, la princesse Wanda, au lieu de la «petite Bolinska. »
« Si je vous dis tout cela, ma chère tante, c'est pour que vous compreniez que je ne suis pas toute petite, lo et que je sais «réfléchir » comme dit maman, et que, si je refuse de quitter ma mère mignonne, c'est que je l'aime plus que tout: plus que la poupée et le cheval, et le château et les belles robes; et je resterai la «petite Bolinska » tout court, au lieu d'être prin- 15 cesse comme dans les contes de fées que maman me raconte le soir, quand le feu brûle bien et que ma pomme fait «zu-zu-zu » en cuisant.
« Adieu, ma chère tante, excusez-moi de ne pas
vous écrire une belle lettre, comme dans les livres;
20 j'ai essayé, mais cela ne venait pas. J'espère que
vous voudrez bien vous contenter de celle-ci et
croire que je suis
« Votre très respectueuse et très affectionnée nièce
« Wanda Bolinska. »
25 Et Mme Bolinska ajouta un petit mot seulement:
« Madame,
« J'ai beaucoup réfléchi et j'ai beaucoup pleuré. Je crois qu'il y a, pour une enfant affectueuse et passionnée comme ma fille, un trésor plus précieux en-
core que la richesse et les grandeurs — Tamour d'une mère. Je ne saurais l'en priver.
« Veuillez agréer, Madame, l'assurance de ma parfaite considération.
5 « Claire Bolinska. »
Et, la lettre partie, Mme Bolinska alla donner ses leçons et la petite Wanda courut à l'école craignant d'être en retard.
Il lui sembla un peu étrange que tout se passât to comme à l'ordinaire, et que ni la maîtresse ni les élèves ne vissent sur sa figure qu'elle venait de refuser d'être princesse. Elle y pensait beaucoup, elle, et se sentait grandie et héroïque. Elle y pensait si bien même qu'elle fit son devoir tout de travers.