THEODORE DE BANVILLE
CTIAPITHE PREMIER
GILVPITUE PREMIER
Il y eut rarement une féerie plus réussie que celle du Pout du Diable, qui fut représentée le 10 septembre de l'année 1843, au théâtre des Funambules. Chacun, parmi les connaisseurs du boulevard, s'accordait à déclarer que la direction avait luxueusement fait les choses. Décors et costumes nouveaux, trucs ingénieux, combats savamment réglés, s'emparaient des yeux et ne laissaient pas un instant de répit au public pendant
les quelques heures que durait cette pantomime, due à rimagination de deux célèbres auteurs de l'endroit, MM. Charles et Frédéric.
Surtout, ce qui acheva d'émerveiller les spectateurs, à l'apothéose, jaillirent d'énormes cascades d'eaux naturelles, traversées par des feux de Bengale éblouissants. Dans ces lumières féeriques apparaissait le cortège des dieux, descendus de l'Olympe pour assister au triomphe des jeunes amants, dont les épreuves étaient terminées. L'union de Colombine et d'Arlequin élait célébrée avec une telle pompe, qu'à peine la toile baissée, le public voulait encore se jepaître de ce beau spectacle, et rappelait à grands cris toute la troupe, sans penser que l'allumage de nouveaux feux de Bengale constituait une certaine dépense pour la direction.
Comment se troiiva-t-il un soir un spectateur assez peu enthousiaste pour troubler la fin de la représentation? Un jeune homme osa se lever tout h coup de la première banquette de l'orchestre, au moiçent où l'apothéose lançait ses feux étincelants.
Le public était aussi serré que croyant; sortir pendant ce pathétique épisode, c'était témoigner à la fois une indifférence méprisante pour les magnificences de la mise en scène, et troubler les jouissances de braves gens qui n'avaient pas assez de leurs deux yeux pour les admirer.
Ce que le profane, qui avait à enjamber une succession de bancs, recueillit d'injures fut considérable. Entre les êtres tassés sur les banquettes de l'orchestre, une allumette eût trouvé place difficilement. Les honnêtes bourgeois du quartier, les marchandes du Temple, les familles accompa-
gnées de leurs enfants qui ne voulaient pas perdre un reflet des pompes de la scène, se révoltèrent en voyant ce compas, qui déjà avait enjambé la seconde banquette. /
liu troisième rang, le malencontreux personnage qui troublait les plaisirs du public, entendit :
— Vous ne pouvez donc pas attendre jusqu'à la fin, grand feignant!
— Eh! merlan, ne te gêne pas pour marcher sur ma robe, s'écria, au même rang, une grosse commère qui, pour vendre du poisson à la halle, avait pris certaines ressemblances avec un brochet.
L'intrus escalada d'un bond la quatrième banquette, dans la crainte d'être avalé par la harengère.
— En place, chapeau bas! commanda le cinquième rang au comble de l'irritation.
En ce moment, le jeune homme perdant
courage se demanda s'il ne ferait pas mieux, en effet, de retourner près de l'orchestre où tout à l'heure il occupait une place si agréable entre la clarinette et la contrebasse. Mais il n'était plus permis de reculer. Des mains vigoureuses se passaient l'inconvenant personnage, en rappelant à la politesse par des coups vigoureux le malheureux chapeau, victime des audaces de son possesseur.
Aveuglé, respirant à peine, le jeune homme, comme s'il était tombé dans la mer, perdit le sentiment de sa situation; il plongeait et surnageait à la fois, soulevé par de rudes bras qui lui faisaient faire la planche au-dessus d'un océan de vagues irritées. Aussi cette épave humaine n'arrivat-elle au port qu'après un certain nombre de horions reçus en divers endroits.
Jeté plutôt que déposé dans le corridor
par une dernière houle, le naufragé chercha d'abord à sortir sa têle de la coiffe de chapeau qui l'aveuglait. Par un reste d'habitude, plutôt que par la certitude d'arriver à un résultat satisfaisant, il passa la manche de son paletot sur les poils ébouriffés du feutre horriblement maltraité; puis le jeune homme fit mouvoir les diverses parties de son corps avec une vague appréhension que, le lendemain, des bleus pourraient bien résulter du contact avec les pointes de roches qu'en plongeant dans l'orchestre il avait rencontrées.
Toutefois, sans s'inquiéter plus longuement de ces accidents, le jeune homme enfila le corridor de sortie du théâtre et se dirigea précipitamment dans la direction de la rue des Fossés-du-Temple.
Ce quartier offrait à cette époque un aspect particulier que lui communiquaient
les façades de derrière de divers théâtres étroitement accolés les mis aux autres.
Longue et sinueuse, la rue des Fossés-du- Temple était bordée d'un côté par des hangars et des chantiers de bois, de l'autre, par d'irrégiilières bâtisses percées d'un certain nombre de grandes et petites ouvertures : par les grandes s'effectuait le service de transport des décors; d'innombrables petites lumières trouaient les plus petites le soii"; elles éclairaient les loges des comédiens ou plutôt des artistes, ce titre officiel étant consacré par des écriteaux au-dessus de portes borgnes où se lisait la magistrale qualification d'entrée des artistes.
Dans sa hâte le jeune homme', qui avait causé tant de scandale à l'orchestre des Funambules, tomba au milieu d'un groupe qui stationnait sur le trottoir, lançant de petits flocons de fumée. C'étaient les
musiciens du Théâtre-Historique qui profitaient d'un dernier entracte pour se reposer de leurs coups d'archet de la soirée.
Un second groupe, à peu de distance, barrait le trottoir : les figurants du théâtre de la Gaîté prenaient l'air et surtout quelques rafraîchissements chez le marchand de vins d'en face, avant de changer de costumes pour la quatrième fois.
Après s'être orienté dans la rue mal éclairée, le jeune homme s'assura par les écriteaux qu'il n'était pas encore arrivé à la porte des Funambules; elle était particulièrement attirante par un parfum de miroton qui jetait sa note intense dans le concert des odeurs désastreuses s'échappant de chacun des théâtres voisins.
Que ceux qui ont été mordus par un premier amour déclarent s'ils ont été arrêtés par de si grossiers parfums! A la
LA PETITE ROSK.
façon inquiète dont le jeune homme s'arrêta à la porte des comédiens, il était facile de voir qu'il était vivement épris de quelque beauté du lieu. Aussi fit-il sa station d'amoureux classique, les pieds dans la boue, regardant les étoiles, adossé contre le mur qui faisait face au théâtre.
Encore une fois, il voulait la voir, quoiqu'il l'eut dévorée des yeux pendant la rcprésentation.
Après quelques minutes d'attente, le soupirant vit sortir du théâtre un premier groupe d'hommes portant divers objets h la main : c'étaient les musiciens qui, n'ayant pas à changer de vêtements, s'empressaient de quitter l'endroit où ils avaient râlé et soufflé dans leurs instruments pendant les deux heures de la pantomime, sans trêve ni relâche.
Le cor et la clarinette, qui avaient donné
12 LA PETlTt; ROSE.
un jeu considérable à leurs poumons, s'établirent chez un marchand de vins pour huiler leurs organes, en s'enlrelenant des beautés de la parti Lion à laquelle ils avaient prêté leur concours; plus rangés, les violons et la contre-basse longèrent les trottoirs, désireux de regagner leur logis au plus vite.
Derrière les nombreuses fenêtres de la façade, de petites lueurs allaient et venaient comme si, d'une loge à l'autre, les comédiens se rendaient visite. L'amoureux, qui faisait le pied de grue, suivait l'agitation de ces lueurs, quoiqu'il ne s'intéressât véritablement qu'à une seule, la lumière de la loge de la Colombine.
Un second groupe sortit du théâtre :
gens bruyants, en casquettes et en blouses blanches. Avec des organes de marchands de pommes et des indexions de voix par-
LA PETITE nOSE. 13
ticulières aux hauteurs de Belleville, ils se prodiguaient de douces familiarités et déclaraient la représentation cJiouctte.
Ces « voyous )), racolés sur le boulevard à l'heure du spectacle, avaient été admis à l'honneur de figurer dans le Pont du Diable; en cette qualité, le costumier les avait revêtus de brillants pourpoints de seigneurs ou affublés de robes de moines, et, suivant les diverses péripéties de l'ouvrage, ils avaient porté tour à tour la coquille et le bourdon des pèlerins, ou la noble épée des potentats.
Une haute paye de cinq sous par tète leur étant allouée par l'administration, ils allaient la dépenser autour d'un billard crasseux, dans quelque cave des environs, autorisée à rester ouverte jusqu'à une heure du matin.
Toutefois, la mission des figurants n'était
14 LA l'ETITt: ROSE.
pas encore terminée; rangés sur deux lignes aux abords de la porte du théâtre, ils ne défilèrent qu'après la sortie du célèbre mime de l'endroit, de Deburau, dont ils formaient volontairement la garde d'honneur. Groupés derrière lui et faisant sonner leurs cliquettes de bois, comme des tambours battant aux champs quand apparaît le chef de l'État, ils accompagnaient avec des rra et des fîa Deburau jusqu'au faubourg du Temple.
Semblables à des feux follets, les petites lumières de l'intérieur du théâtre s'agitaient encore, mais avec moins d'animation. Quelques-unes s'éteignaient, et l'amoureux pensait : Elle va sortir!
La neiije commença à tomber, une neiore large et légère qui noyait sa blancheur dans les flaques de boue de la rue. Sur toute chose qui formait saillie une nappe blanche
s'étendait, triste et lugubre, en harmonie avec la face blafarde de la lune.
L'amour seul peut triompher de la neige. Qu'importait la froide empreinte qu'elle laissait aux vêtements du jeune homme!
Son cœur était protégé par une ouate douce et rose.
Le printemps est perpétuel pour les amoureux; en eux tout est vert, tout pousse, tout chante, et il ne leur semble pas un mois de tristesse celui pendant lequel la nature, pour mieux se reposer, s'enveloppe d'un linceul.
Un nouveau groupe d'hommes sortit du théâtre en relevant les collets de leurs paletots : ils maugréaient contre le temps et contre la répétition que le tableau d'un régisseur inflexible décrétait pour le lendemain à neuf heures du matin.
— Dans cette baraque, on ne laisse pas
aux gens le temps de dormir, dit une voix caverneuse que le jeune homme reconnut pour celle du farouche Spalatro, le traître assermenté du théâtre.
D'autres voix lui répondirent; mais il était difficile d'associer le souvenir d'un organe quelconque à des acteurs mimant leur rôle dans les féeries où, à l'exception de la fée et du traître, la voix humaine n'était tolérée chez aucun comédien.
Peu à peu l'obscurité avait gagné le derrière de la façade du théâtre. Trois petites fenêtres seules restaient éclairées.
— Elle est là! se dit l'amoureux dont la pensée faisait effort pour traverser les murs et se fixait avec tant d'ardeur sur les trois dernières lueurs qu'il ne vil pas sortir un groupe de femmes, le chàle formant mante sur la tète pour se protéger contre la neige.
Une à une les dernières clartés dispa-
rurent et le bâtiment rentra dans une morne obscurité. Les magnificences de la mise en scène du Pont du Diable faisaient paraître encore plus lugubres les murs à l'intérieur desquels s'était joué le drame.
— Elle va venir! pensa le jeune homme, ne quittant plus des yeux la porte de sortie.
Toutefois l'attente lui paraissait longue. Pourquoi la Golombine tardait-elle si longtemps à sortir du théâtre?
Des pas réguliers comme ceux d'une patrouille se firent entendre sur le trottoir. Le réverbère, contre le montant duquel le jeune homme s'abritait, piqueta d'un rayon lumineux des casques de cuivre. Les pompiers retournaient à leurs casernes.
Les pompiers! Les derniers qui qiiiltent le théâtre après une inspection minutieuse de la salle! Il n'y avait plus d'espoir! Surtout un bruit de serrure et de verrous.
tirés à rintérieur de la porte d'entrée des artistes, annonça que tout désormais était clos dans le théâtre.
Tristement le jeune homme s'éloigna.
Alors seulement il sentit le froid de la neige qui était entré en lui parla fissure de la désillusion.
Des légendes sont répandues dans le public qui entrevoit tout directeur de théâtre comme un Turc entouré d'un sérail.
On se représente volontiers ces serviteurs des plaisirs du public prélevant une dîme sur la jeunesse et la candeur. Traînés dans des chars féeriques auxquels sont attelées des beautés piquantes, ils n'ont qu'à faire un signe : toutes les actrices tombent à leurs pieds. La nuit ce sont des soupers bruyants, pendant lesquels coule à flots le Champagne versé par des Hébé empressées de servir leur directeur et maître.
LA l'ETITK ROSE. l'J
— Elle n'est pas sortie! se dit mélancoliquement l'amoureux.
Il en conclut que la Colombine, jouissant de privilèges particuliers, était partie par la porte de communication qui, du théâtre, va dans la salle, porte aussi fermée pour les comédiens que l'est l'entrée des coulisses pour le public.
A cette heure, la petite Rose devait être en train de souper en tête à tête avec le directeur des Funambules.
L'amoureux prit le chemin du Faubourgdu-Temple, dans la direction de la maison Passoir. C'était à cette époque le restaurant fameux de ces parages, une sorte de café Anglais à l'usage des comédiens des nombreux théâtres voisins.
Colombine devait souper chez Passoir!
Les portes de l'illustre Passoir étaient aussi closes que celles des Funambules.
Pas une fenêtre illuminée! pas un cabinet particulier laissant filtrer d'indiscrètes lueurs î
Que faire, que faire? Ce sont les questions que se posent la nuit les amoureux, questions grosses de troubles et d'anxiétés, qui affaissent les oreillers et rendent la couche brûlante.
Ce fut alors que Francis eut des remords sur sa conduite pendant la représentation; il en avait troublé la fin en pure perte.
Si la Colombine l'avait vu se lever et déranger les spectateurs pendant les splendeurs de l'apothéose, n'y avait-il pas de quoi l'indisposer à jamais contre un être assez peu connaisseur pour témoigner un tel mépris de pareilles magnificences dramatiques?
Elle était si charmante, la petite Rose, à cet instant suprême!
LA PETITK ROSE. i>l
A un signal du bàlon de la l'ée, le costume des pérégrinations de la Colombine pendant la durée du drame faisait place à une jupe de gaze transparente, semée d'argent, qui élincelait comme des diamants et laissait à découvert d'admirables jambes emprisonnées dans un maillot rose. Des rubans cerise, à la coitfure de la petite Rose, ne parvenaient pas à faire pâlir ses lèvres qui appelaient sans cesse les baisers d'Arlequin.
Qu'elle était jolie et qu'elle avait l'air bon !
Dans cette encoignure où, depuis un mois, tapi derrière les musiciens de l'orchestre, Francis admirait sans en être rassasié les péripéties du Pont du Diable, ]es yeux de la Colombine s'étaient arrêtés parfois sur lui. L'amoureux espérait avoir été remarqué comme un tableau accroché à la même place pendant des années sur le même mur, comme un meuble qu'on ne
dérange point d'un appartement. Et le tableau avait quitté son clou, le meuble son coin avant que la représentation ne fut terminée! Un crime pour un homme qui avait à cœur de se faire regarder comme un initié, un dilettante du drame mimé.
Francis se dit, pour sa décharge, que l'attention profonde que commandait à Golombine son union avec Arlequin, pouvait l'avoir empêchée de remarquer son départ.
A demi courbée, elle recevait la bénédiction de la bonne fée qui agitait cabalistiquement trois fois sa baguette au-dessus de la tête des deux amants. La fée disparaissait, et Golombine, en compagnie de son amant, montait dans le char de Jupiter, traîné par trois hippogriffes; mais du haut de ce char, alors qu'il s'arrêtait aux frises pour permettre au public de savourer l'heureux sort réservé aux deux amants dans l'Olympe,
ractrice n'avait-elle pas dû remarquer l'iiifidélité de l'habitué de l'orchestre?
Comment se justifier? Si Francis eût rencontré Colombine au sortir du théâtre, il lui eût expliqué qu'au péril de ses jours il avait traversé le dangereux détroit de l'orchestre pour la comphmenter sur son talent, sur sa beauté. Folle utopie! Dans son for intérieur, Francis savait bien qu'il n'était pas doué d'une telle audace, qu'aucune force humaine ne parviendrait à faire qu'il se présentât de la sorte, que sa passion était enfermée à triple tour dans son cœur, et qu'avant que sa bouche pût exprimer de si intimes sensations, de nombreux jours, de nombreuses nuits devaient se passer en réflexions et en projets aussi vite renversés que conçus.
Écrire à la Colombine! A la bonne heure! Il est si commode de se justifier par lettre.
2i LA PETITE r.OSE.
Ce sont de ces pensées qui mettent en feu le cerveau des amoureux, tourmentent leur corps et achèvent l'effondrement des lits. D'un bond, Francis courut à la table et s'empara d'une plume.
« Mademoiselle, écrivait l'étudiant, par- » donnerez-vons à un admirateur de votre » talent, de n'avoir pi vous rappeler )) hier, alors que le rideau allait bais- » scr? »
Francis eût voulu expliquer dans quel but il était sorti précipitamment du théâtre; mais cette audace, que rien ne justifiait, d'avoir attendu la sortie de l'actrice, fut immédiatement noyée dans une succession de ratures. En vertu de quel privilège était-il permis à l'étudiant de s'attacher aux pas de Rose, qui n'avait donné d'autres gages à l'amoureux que des regards tombés dans l'orchestre, peut-être par hasard? Non, il
LA l'ETlTK ROSE.
n'était pas possible d'entrer dans ce courant d'idées.
La Colombine pouvait s'en scandaliser tout d'abord, et rompre une première maille si laborieusement lissée.
« Je vous applaudis tous les soirs, madey> moiselle, continua Francis; de jour en y> jour je veux vous applaudir davantage. Il » a fallu un événement étranger à ma vo- » lonté pour me faire quitter le théâtre )) sans assister au dénoùment de la paiito- )) mime. »
— Elle pensera, se dit Francis, qu'on m'attendait dans ma famille, que j'étais engagé à quelque soirée.
L'amoureux posa son front brûlant dans ses mains :
— Et elle se dira, soupira-t-il, que je devais rester à mon poste et lui sacrider devoirs et plaisirs.
?6 LA l'ETITE ROSE.
« Mais, à parlir de ce jour, reprit Frany> cis, je fais le serment qu'aucun pouvoir » au monde ne me fera quitter ma place )) avant que le rideau ne soit tombé. Au » dernier moment, vous entendrez ma voix )y vous applaudir; crojjez-en, mademoiselle, y> le plus fidèle et le plus dévoué de vos » admirateurs. »
— Au moins, se dit Francis, s'applaiidissant de la délicate contexture de ce billet, il ne contient pas un mot d'amour.
Et il relut la lettre plusieurs fois, en pesant chaque terme dans les balances mystérieuses de la réflexion.
L'aube surprit l'amoureux à sa table, le cœur satisfait des premiers jalons plantés avec une si pi'odigieuse adresse.
CIIAPITRI^ If