‹ La petite RoseChapitre 16 sur 23 · CHAPITRE XIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIU

Ceux qui n'ont pas assisté à la première représentation des Fantaisies de Colombine regretteront, si le conteur est à la hauteur de sa mission, cette soirée qui compte dans une vie bien remplie.

Rien que la salle offrait un aspect intéressant par l'ensemble de personnages honorables qui avaient pu y pénétrer.

Stauernaghel avait eu le courage de garder le secret sur sa tentative drama-

tique pendant les six mois de l'élucidation de la féerie.

Quand la pièce fut montée et qu'aucun obstacle ne parut devoir l'arrêter, le nouveau directeur rencontra son confrère Jaccober, un des plus célèbres tailleurs de la galerie vitrée, au Palais-Royal.

— Comment vont les affaires? lui demanda celui-ci.

Stauernaghel le regarda avec un sourire méprisant. *

— Les affaires! dit-il. Je vais faire jouer une pièce,

Jaccober était un négociant sérieux, qui ne croyait qu'aux pièces de drap.

— Une pantomime au théâtre des Funambules, reprit Stauernaghel. Et j'ai pour la jouer une petite actrice, une perle!... Tous la verrez.

Jaccober, fort occupé de son commerce,

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n'eût pas pris un vif intérêt à cette nouvelle; mais à l'entretien vint se mêler le vieux Neumann qui, chaque jour, battait Paris et courait tous les marchands drapiers, achetant des soldes pour satisfaire les goûts variés de sa clientèle des colonies.

IVeumann fit circuler la nouvelle de la hedidc bandomime de Stauernaghel dans les diverses industries qui se rattachent à l'art de la coupe des habits; il n'en fallait pas plus pour que la colonie germani({ue des tailleurs de Paris apprit avec stupéfaction qu'elle comptait un auteur dramatique dans son seiu.

Les uns secouèrent la tête; d'autres haussèrent les épaules. C'étaient pour la plupart des gens pratiques, fils d'Israël, suivant la ligne droite pour faire fortune. Ils n'envisageaient pas absolument le théâtre comme une combinaison pouvant

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concorder fructueusement avec la confection des habits. Toutefois Stauernaghel montrait une telle confiance, que ses confrères voulurent se rendre conptede l'événement.

Il y eut ce soir-là aux Funambules un parterre de tailleurs, de même que Talma avait joué devant un parterre de rois.

Les chroniqueurs de l'époque se montraient à rorchestre le fameux Zauendorf, de la cour Batave, qui ne comptait pas moins de neuf enfants et qui les avait tous amenés. A côté de Zauendorf on remarquait Arfvidssohn, dont la spécialité était l'habit civil et militaire. Les commis de la maison Baracco,de la rue Saint-Denis, étaient venus pour applaudir la pièce, grâce aux billets que Stauernairhel leur avait délivrés généreusement, ainsi qu'aux employés de la maison Galcar, du passage du Caire. Le costumier des cours et tribunaux, Maumus, s'cntrete-

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liait avec Martin-Kremer,iin artiste merveilleux pour les reprises perdues dans les draps et particulièrement les tapis de billards.

Mais ces négociants n'étaient que de seconde catégorie à côté des maîtres qui occupaient les loges du balcon avec leur famille. A ces places rivalisaient de tenue : Quickelbor, fournisseur de la reine de Suède, Scharffenberzer, qui venait d'obtenir à l'ex"position universelle une médaille de vermeil grand module, pour la coupe de ses costumes de cour.

Bloch et Isidor, qui avaient associé leurs talents pour la confection des habits d'amazones, étaient non loin de Pharo, le tailleur attitré des princes de Holstein et de Luxembourg.

Peu de cours, de hauts dignitaires, de prélats qui ne fussent représentés dans l'assemblée par ceux qui avaient l'honneur de

les vêtir. LousLaiinau, le tailleur de la Chambre des députés, occupait le fond de la loge au-devant de laquelle se prélassait Yeissmuller, fournisseur de l'ambassade d'Angleterre. Kling, réputé pour lacoupede ses gilets, semblait une enseigne vivante de ses produits, dont il faisait valoir les avantagés, les pouces dans les entournures; à Côté de lui, Troegeler, court et mal bâti, ne semblait pas l'artiste qui avantageait les cavaliers par ses pantalons renommés.

Sans doute le Jockey n'avait pas envoyé une députation pour assister à la tentative dramatique de Stauernaghel; mais n'était-ce pas déjà presque un membre du célèbre elub que le fameux Trotrot, fournisseur des écuries du duc d'Orléans?

Le vaudeville habituel se joua devant ce public d'élite, et les acteurs crurent un moment que le roi Louis-Philippe venait

d'entrer dans l'avant-scène de droite, car lin murmure flatteur accueillit le personnage qui n'était autre que le fameux Staub, alors dans toute sa gloire.

Staub s'inclina en remercîment de l'ovation qui lui était faite par ses collègues ; mais pendant l'entr'acte toutes les tètes se tournèrent vers l'avant-scène de gauche. Humann, le grand Humann lui-même, daignait honorer la représentation de sa présence.

On vit alors Stauernaghel se glisser, pendant l'entr'acte, de loge en loge, serrer la main à ses confrères, les prier d'avoir de l'indulgence pour ses débuts et recommander Rose.

La corporation des tailleurs en conclut qu'il y avait là une de ces liaisons de théâtre communes entre l'auteur et l'actrice.

Stauernaghel, frappant ses mains l'une contre l'autre, disait :

— Surtout, je vous en prie, chauffez le char au dénoûment.

Les confrères de Stauernaghel jugèrent que l'industriel était perdu. Vaniteux, portant trop haut la tête pour la position qu'il occupait, sans doute le tailleur ne marchait qu'en troisième ligne dans les rangs de la haute fabrication parisienne; mais à part ces légers travers, Stauernaghel, réputé C3mme un loyal négociant, avait mérité à diverses reprises les honneurs du syndicat, et chacun trouvait qu'il y avait abaissement à s'enrôler dans le camp des auteurs dramatiques, gens que les tailleurs tiennent en médiocre estime, le crédit affecté à cette classe étant d'un recouvrement problématique.

Cependant les trois coups venaient d'être frappés par le gourdin solennel du régisseur, et ces trois coups pénétrèrent au

plus profond de l'âme des divers intéressés.

Dans une coulisse se tenaient Francis et Baudi-y ; dans celle qui faisait face, Stauernaghel et César. Quelques étudiants pour protéger la pièce en cas de secousses, la présence des époux Garcassonne n'équivalaient pas à l'honorable assemblée de tailleurs que, des coulisses, on pouvait contempler daus les personnes de l'illustre Staub et du célèbre Humann.

Ces deux artistes, à qui leur contact avec la fashion avait épuré le goût, devaient servir de thermomètre du succès à Stauernaghel. Ils restèrent froids pendant les premiers tableaux : en relation avec les gens distingués du grand monde parisien, Humann et Staub en avaient pris le poli sceptique.

La baleine n'eut pas d'ailleurs le succès sur lequel avait compté le trop économe

directeur. La salle désapprouva Tintroductioii de ce mammifère dans le drame : ses grandes ouïes mobiles, que deux gamine faisaient manœuvrer à la sueur de leur front, furent jugées dépourvues d'intérêt, et quand le fils du roi fut avalé par l'animal, un rire moqueur partit d'un coin de la salle où le petit Faucheux mal placé avait profité de l'ombre pour lancer un méprisant : C'est assez, baleine!

Dans cette œuvre dramatique qui avait passé par trop de mains, le public sentait vaguement (celui-là surtout qui était spécial) que les auteurs n'avaient pas taillé en pleine étoffe et que des morceaux de diverses natures étaient cousus un peu légèrement.

Heureusement la gentillesse de Rose corrigea cette première impression. Sur un canevas médiocre elle avait brodé des des-

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sins capricieux, et Stauernaghel put constater le bon effet que produisit la Golombine sur Humann. Quant à Staub, il braquait son énorme lorgnette d'Opéra et ne quittait pas des yeux la petite danseuse.

De la coulisse, Francis criait à la Colombine : (( Bravo! très-bien! y>

Rose sentit ce jour-là qu'elle devenait l'étoile de l'endroit. Cbacune de ses entrées provoquait un mouvement flatteur qui soutient mieux l'acteur que de bruyants applaudissements.

Il est des moments dans la vie artistique où le comédien se transfigure et devient immatériel. Rose était tout àme. Son enveloppe, elle ne la sentait plus. Elle ne voyait ni spectateurs, ni décors, ni coulisses, ni rampe; ses pieds touchaient à peine le plancher. L'actrice se donnait tout entière à une foule enthousiaste et faisait des prodiges

pour répondre à celte universelle sympathie. Comme le jeune Hamlet, elle était devenue visionnaire, et s'efforçait d'amener un sourire sur les lèvres de l'ombre blanche de son maître Deburau, qui semblait l'encourager.

Les prodiges que Rose accomplit dans cet état, ses camarades eux-mêmes en furent étonnés; ils n'avaient qu'une parcelle bien faible de la flamme intérieure qui soutenait l'actrice et qui lui eut permis de sauter d'un cinquième étage en retombant sur ses pointes.

— Il faut prendre garde à ton emportement, Rose, lui dit dans la coulisse le vieux Cassandre, qui se frottait les reins après avoir été renversé parla Colombine.

Elle regardait en souriant sans comprendre.

Mais le véritable succès fut le pas trouvé

parla danseuse. Cassanclre arrosait les fleurs de son jardin et Rose tournoyait autour de lui, plus légère que les gouttes d'eau.

Humann, qui suivait assidûment les représentations de l'Opéra, donna lui-même le signal des applaudissements, et la salle partagea son enthousiasme pour ce pas entièrement nouveau.

A cinq reprises différentes le public fit revenir la Colombine, l'accablant de bouquets et d'oranges. On avait rarement vu semblable ovation aux Funambules. Le pas de l'arrosoir devenait la pièce ; toute la pantomime était là.

Francis ne se tenait pas de joie. Il eût voulu sauter au cou de Rose, la remercier de rinlerprétation de cette scène dont lui seul était le créateur. Il avait même fallu lutter avec le régisseur pour que ce motif ne fût pas coupé.

Pour madame Lefèvre, elle déployait sa majesté habituelle. Elle fut toutefois troublée dans son combat contre quatre estafiers par la vue de Baudry dans les coulisses, et le chef d'orchestre constata avec stupéfaction qu'à deux reprises différentes elle avait manqué la mesure. L'art n'admet pas de partage. La présence de Baudry nuisait d'autant plus aux étincelles que la fée tirait de la hache contre les sabres do ses agresseurs, qu'à l'orchestre l'actrice voyait, comme le symbole du remords, son mari, M. Lefèvre, étonné de semblables défaillances dans le jeu d'une femme rompue depuis vingt ans à de semblables exercices.

Une émotion considérable s'était emparée de Francis, partagé entre le succès de sa pièce et celui de Bose. Lancée dans l'action, la Colombine, oubliant l'étudiant, n'avait

d'yeux que pour celte salle bondée de tailleurs enthousiastes.

Tout à coup Francis pâlit. Rose ne portait pas la bague qu'il lui avait donnée !

L'étudiant enveloppa d'un regard soupçonneux la danseuse, et la vue de son maillot de soie éblouissant lui rappela la conversation qu'il avait eue la veille avec le directeur. Qui avait fait cadeau à Rose d'un vêtement de théâtre interdit à ses ressources? Pourquoi ne portait-elle plus la bague?

Dans tout ceci se manifestait la fatale influence de Stauernaghel, un rival qui apparaissait les mains pleines de trésors, quand lui Francis n'était riche que de sentiments délicats.

Blessé d'avoir sans cesse l'odieux tailleur sous les yeux, Francis quitta la coulisse et passa derrière la tojle de fond, ne s'in-

mo LA PETITE ROSE.

qiiiétaiiL plus du succès de la pièce, en proie à des projets vagues et menaçants, lorsque tout à coup il entendit un murmure de voix près de la toile.

— Petite Rose, disait la voix, à ce soir!

Francis sortit de sa retraite. La Colombine était déjà en scène et Stauernaghel, disparaissant par l'escalier de communication entre la scène et la salle, pénétrait dans la loge de Staub.

Désireux-de voir la scène dans son ensemble, Stauernaghel demandait à son confrère la permission d'occuper une place derrière lui,afm de mieux juger l'effet de l'apothéose.

Jaloux des succès de son rival, Francis n'osait plus se montrer. Machinalement, et sans se rendre compte où ses pas le portaient, il descendit l'escalier qui conduit dans le dessous du théâtre. L'amoureux cherchait l'ombre et le silence.

Sous le théâtre se préparaient les magnificences du dernier tableau.

Le char était attelé avec les cygnes. A quelques pas se balançaient les nuages qui devaient enlever la fée, servant d'avantgarde à Golonibine et à Arlequin dans la région des voies célestes.

Les machinistes se tenaient à leur poste.

— Eh bien! M. Francis, dit l'un d'eux, j'espère que vous êtes content, tout va bien.

On entendit un bruit j^ourd au-dessus du plancher. C'était le changement de décorde l'avant-dernier tableau.

— Au char! cria de la scène le machiniste en chef dans un porte-voix chargé de communiquer ses ordres aux gens du dessous.

Une trappe s'ouvrit et Rose descendit.

— Vous ici, Francis? dit-elle.

— Vous m'avez fait bien mal pendant

cette représentation! s'écria le pauvre amoureux.

— Mademoiselle Rose, dit un machiniste, montez dans le char!

Une nouvelle trappe s'ouvrit et madame Lefèvre apparut.

— Vite, au nuage! cria le porte-voix.

— Et ma baoue! demandait Francis à Rose, qu'avez-vous fait de ma bague?

Une troisième trappe laissa passer l'Arlequin.

En ce moment, le machiniste fit entendre un juron formidable.

— Le gaz! s'écria-t-il. Qui est-ce qui a éteint le gaz?

Le dessous du théâtre venait d'être plongé, comme par enchantement, dans la plus complète obscurité.

— Rose, je t'aime! disait Francis tenant serrée contre lui la Colombine.

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— Au char! répéta le porte- voix du dessus.

— Rose, où es-tu? demandait TArlequiu qui se cognait la tète contre la l'orèt de poutres soutenant le plancher.

— Au char! enlevez le cliar! hurla le porte-voix exaspéré.

— Je ne peux plus vivre sans toi, Rose! disait l'étudiant.

— Je t'en prie, Francis, laisse-moi.

Une ouverture qui se produisit tlans le

plancher laissa passer un filet de lumière. Une salve d'applaudissements accueillit les nuages sur lesquels se tenait triomphalement la fée bienfaisante.

A cet instant le public fut pris d'un émoi considérable. A des jurons se mêlaient des cris suppliants de l'Arlequin, qui voyait s'enlever le char où sa place était marquée à côté delà Golombine.

Quelque fait bizarre se passait à l'intérieur des coulisses, dont les spectateurs devaient avoir bientôt l'explication.

Dans le char, à côté de la Colombine, habillée de velours et de soie, se tenait aux pieds de l'actrice un jwne homme pâle, en vêtements noirs, sans rapport avec le costume de l'Arlequin.

— Francis! s'écria madame Carcassonne.

Stauernaghel poussa un cri de détresse.

— Au char! au char! hurla le machiniste, comme s'il avait poursuivi un animal enragé.

Stauernaghel, qui était derrière Staub dans sa loge, ne put se contenir et, pour mieux se rendre compte de l'incident, se courba sur l'illustre tailleur sans prendre garde qu'il Fétouffait.

— Au rideau! s'écria Stauernaghel pour faire cesser un tel scandale.

Un cri partit de l'orchestre des musiciens. Stanb, écrasé par Stanernaghel, avait laissé tomber sa lorgnette sur le crâne de la clarinette.

Cependant le char s'élevait toujours vers les calmes régions de l'Ernpyrée.

— Au rideau ! criait hors de lui Stanernaghel, dont le buste considérable, sortant plus qu'à demi de la loge, jetait l'effroi parmi les musiciens qui craignaient la chute de ce corps, bien autrement désastreuse que celle de la lorgnette de Staub.

Les démons du paradis poussaient d'effroyables hurlements et invectivaient Stanernaghel, le regardant comme le principal auteur du désordre. Ils réclamaient leur argent ou les flammes de l'apothéose, que le régisseur avait oublié d'allumer pendant ce désastre.

OCG LA PETITE IlOSE.

Alors apparut , se cramponnant aux planches, à la force du poignet, l'arlequin Cossarl qui, n'ayant pu prendre sa place traditionnelle dans le char, menaçait Rose et Francis de sa batte.

Au même moment faisait irruption sur la scène un groupe de machinistes, quoiqu'ils n'eussent pas qualité pour se mêler aux solennités du dénoùment.

— Eustache, cria le chef de la machination avec un souffle assez furibond pour crever le porte-voix, descends le char.

— Le charî le char! clamait la foule des spectateurs.

Le régisseur, traînant deux pompiers sur la scène, leur montrait, en crispant les poings, le char qui toujours s'enlevait. Dans son indiiznation, M. Charles eût fait volontiers jouer les pompes pour éteindre les feux des deux amants.

LA PETITE HOSE.

— Et c'est pour nous montrer de pareilles choses, s'écria M. Carcassonne, que Francis nous a fait venir?

Enfin, le char disparut dans les frises aux huées de toute la salle.

Baudry, pressentant Fissue de ce scandale, avait çrairné les combles du théâtre.

— Qu'est-ce qui leur prend avec le char? demanda Eustache , troublé par les eflroyables hurlements du porte- voix de son chef.

— Vite, descendez les nuages, dit Baudry... On rappelle madame Lefèvre.

— Sauve-les, dit Baudry à la fée.

Un immense cri de satisfaction parti de la salle accueillit les nuages qui émergeaient des frises.

Jetant son paletot sur les épaules de Rose et lui couvrant la tête de son chapeau, Baudry poussa l'actrice et Francis vers un petit

escalier de dégagement conduisant dans la cour du théâtre.

— Partez! il n'est que temps, dit Baudry.

Au moment de satisfaction qui avait accueilli les premières agrégations de nuages, succéda une effroyable tempête quand madame Lefèvre parut seule, au lieu de Rose et de son complice qu'attendait sur la scène le commissaire de police pour verbaliser contre les complices des troubles de cette représentation.

Pour la première fois les auteurs de la pièce nouvelle ne furent pas nommés, et la foule s'écoula agitée, commentant ce singulier événement où était apparu, au milieu du monde surnaturel, un être bizarre qui ne craignait pas de prodiguer en public des marques de tendresse à une actrice, et qui

rompait par là l'illusion indispensable à toute œuvre dramatique.

— Je m'en doutais bien, dit M. Carcassonne à sa femme, que les prodigalités de Francis lui porteraient malheur... Je n'ai absolument rien compris à la pièce.

— Ce sont les Fantaisies de Colombine, ajouta madame Garcassonne.

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