CLAIRE, ADOLPHE
ADOLPHE;, entrant habillé avec élégance.
Mon domestique ne revient pas.... je suis d'une impatience.... Que vois-je ? c'est elle....
CLAIRE
On va signer le contrat.... je n'ai plus d'espoir. Le voilà.... quel changement !.... je devine tout. M. Adolphe, vous m'aviez donc trompée ?
ADOLPHE
Trompée!... que voulez-vous dire? comment, parce que je me suis présenté devant vous avec Fliabit un peu grossier que je portais autre 'ois, et que depuis j'ai remplacé par un plus élégant, devais-je croire que vous me jugeriez seulement sur ma tournure? ah! pour moi, je le sens, si je vous avais revue sous la simple parure que vous portiez dans votre enfance, Claire eut toujours été ma meilleure amie, et j'avais eu la maladresse de penser qu'Adolphe retrouverait votre cœur tel que vous retrouviez le sien.
CLAIRE
Malgré moi, l'on m'avait persuadée qu'accoutumée à vivre au milieu des plaisirs de Paris^ je ne pourrais plus me trouver heureuse en province.
ADOLPHE
Vous, Claire, vous n'auriez pas été heureuse, dans une habitation charmante, au sein de tous les trésors de la nature, auprès de l'époux que vojis auriez choisi!
CLAIRE , a part.
ils me le disaient tous, et je le croyais.
ADOLPHE
Sans doute, le souvenir de Paiis aurait pu quelquefois vous causer un rei^ret involontaire; en effi^t, comment ne pas regretter à votre âge, ces soirées délicieuses, ces létes brillantes, ces spectacles enchanteurs où l'on verse de si douces larmes?., mais, attentif aux moindres mouvemens de votre ame, quand j'aurais vu quelqtic altération dans
votre hnmenr, je vons aurais dit: Claire, ne regrettez poi" CCS fictions ingciiieusosj ici , voulez-vous éprouver la pitié, suivez-moi sous le toit du pauvre, dans les chaumières qui nous entourent ; et les pleurs que vous y verserez ne seront
point stériles; ils consoleront l'infortuné ! Voulez-vous
contempler l'imnge du bonheur, regardez vos enfans , votre époux, et jouissez de votre ouvrage.
CLAIRE, à paît.
Il connaît mieux mon cœur que je ne le connaissais moimême.
ADOLPHE^ changeant de ton.
Et d'ailleurs, qui vous dit que nous eussions passé toute l'année loin de Paris, et qu'à l'approche de l'hiver, lorsque les gens de la bonne compagnie reviennent en foule dans la capitale, je ne me serais pas empressé de vous y ramener , et de rendre ainsi à la société son plus bel ornement?... Mais, vous ne répondez pas Ma présence
semble vous importuner.... pardon j'avais oublié un
instant que votre main allait appartenir à un autre.
CLAIRE
Hélas! oui nous allons signer le contrat.
ADOLPHE
Ah ! mademoiselle , puissiéz-vous ne jamais vous en repentir !
AiR^ d'Aristippe, A votre cœur puisqu'un autre a su plaire , Ah ! désormais , je vous rends votre foi ; Tout mon bonheur n'était qu'une chimère ; Je vais vous fuir ; et vous , oubliez-moi : D'un malheureux la mémoire est fâcheuse, Lorsque l'on a quelques torts envers lui; Si vous voulez être toujours heureuse^ Oubliez donc que je fus votre ami.
Dans cet hymen où l'amour vous engage ,
Vous espérez rencontrer le bonheur ;
Mais les regrets viendront bientôt, je gage ;
Et l'avenir détruira votre erreur ;
De mon rival la tendresse est trompeuse ;
Il peut un jour vous laisser sans appui. . .
Ah 1 si jamais vous êtes malheureuse' ,
Souvenez-vous que je fus votre ami.
Que yeut-il dire ?
CLAIRE, a part.