C0RI3VE
Ne signez pas, ne signez pas, je vous en prie J'ai
quelque chose à dire à mon papa ( S' approchant de
Ste.-Aniaranthe , quelle a l'air de prendre pour son
wère. ) Ecoutez , écoutez, mon papa, vous ne savez pas...
Ste.-Amaranthe, c'est un mauvais sujet... j'en ai la preuve.
ADOLPHE, Cl part.
Comment peut-elle savoir?
CORINE
Hier... quand il écrivait h son créancier... jY'tais cachée
sous la table et j'ai pris la lettre. ( Elle la tire de son
sein. )
STE.-AMARANTHE , h part.
Oh ! la maudite petite fille.... c'était elle.
CORTNE, lui présentant la lettre.
Tenez, la voilii.... ( Il veut s'en emparer, elle la retire virement et la change de main. ) Eb bien ! vous ne
voulez pas la prendre?... ( la présentant de Vautre main, à son père.) Tenez, lisez, lisez vite, et vous verrez. MORiNCOUKT^ prenant la lettre.
Diable ! voila qui commence à devenir sérieux.
STE.-AMARAWTHE, à part.
Je suis perdu!
CORINE
Mais la société se relire déjà.,., moi aussi, je m^en vais me coucher... Adieu... demain, nous nous reverrons^ n^esce pas?... Adieu... adieu. {Elle va s'asseoir dans un fau-* teuil oh elle feint de s'endormir : de temps en temps elle exprime par sa pantomime (Quelle écoute ce que Von dit. )
MO'B.i'scovKT y finissant de lire la lettre.
Caricature!... ah! par exemple, voilà un trait auquel je ne me serais jamais attendu.
STE.-AMARANTHE
Il sait tout. Comment faire ?
MORINCOURT.
J^élais sa dupe Tingrat avoir sî mauvais cœur,
quand on a si bon ton monsieur, désormais tout est
rompu entre nous.
STE.-AMARANTHE
Faisons bonne contenance. Mais, M. de Morincourt, croyez donc...
MORINCOURT.
Je ne veux rien entendre.
STE.-AMARANTHE
Eh bien! je ne me marierai pas. Ma foi, vous avez tort^ vous perdez un homme aimable. Tantpis pour mes créanciers.... mais ils n'auront pas tant à se plaindre.... je leur donne 5 p. o|o; et moi je pars demain pour la Nouvelle-Orléans, où je formerai une compagnie d'assurance. Sur ce.. . j'ai bien l'honneur de vous saluer.