SCÈNE PREMIÈRE
MORINCOURT, GORINE, cac/jee derrière un fauteuil.
MOTiiiscovVvTjJînissant d'écrire une lettre.
Il est six heures, Adolphe ne pe iL tarder à arriver de Dijon... Je viens d écrire à mon notaire (iii'il se rende ici. (^11 signe.)Si^né: de Morincourt. Antrefois, je m .'ip[)ehiis Morin; mais comm:^ j'ai fjit fortune, j'ai. jjo»ué àmonnom: court... (^'estpliisloiîg, et caf.iitquecoinmeçaje m'appelle mainienant monsieur de ;Morijicourt... Moi, d'aboid,je n'aime que ce qii e-t distinii^ué, et j'ai éle\é mes deax filles dansées principes-là... Aussi, je tremble que ce pauvre A'.'olphe qui n'est pas sord de sa province depuis long-temps, n'ait pas cet air noble, aisé qui nous caractérise, nons autres gens du grand monde ; et je pense que ma fille préférera, comme moi, monsieur Narcis e de Ste.-Am^ranthe, jeune homme charmant... Beaucoup d'esprit... pour un C'ipitaliste... Et qui l'aime, ah !... C'est au point qu'il m'a fait promettre que, ce soir même, la cliose serait décidée... Cependant, je n'ai encore voulu confier
mon sécréta personne. Je me suis surtout défié de ma petite fille cadette Corinc^ un enfant charmant, mais tellement cnrieuse , bavarde et indiscrète , qu'elle finit toujours par tout savoir-, sa maudite liabitu(!e d'écouter aux portes est telle qije souvent , la nuit, elle a été surprise l'oreille pros de la serrure , et que le lendemain elle rapportait des conversations entières qu'on voulait lui cacher. C'est au poiiit qiîc, plusieurs fois, je me suis figuré quelle était somnambide. Mais heureusement elle ignore encore tout, et je vais avertir mes gens qu'on ne parle pas devant elle.. Mais, non, j'y pense ^ allons dans mon cabinet, je me mettrai a monbureau^ je sonnerai, c'est meilleure compagnie. (// sort par la porte à gauche.)