SCÈNE II
COUINE , seule , sortant de sa cachette.
Fi ! que c'est vilain, mon papa, de vouloir ainsi tout cacher à votre petite fille ! {s' avançant) Heureusement que, me doutant de quelque chose ^ je me suis glissée-là ; et maintenant, je sais tout.-,, quand je dis que je sais tout , c'est-à-dire que je ne sais rien encore , car depuis hier qu'on est venu me chercher à ma pension, personne ne parle ici; on se méfie de moi : mais c'est égal, je sais mettre leur surveillance en défau t.
Air : Ma joli petit argent (du premier venu d' Hérold).
Chacun veut, devant aaioi.
Je croi De tout faire '
Mystère ; ' Mais on a beau se taire , En dépit d'eux , je suis partout , Je vois, j'entends, je comprends tout, Et du moindre secret Je sais me mettre au l'ait; Que l'on entre ou que l'on sorte , Qu'on parle secrètement , Derrière ou devant la porte.
Je me glisse doucement,
"Voilà comment,
Adroitement , On s'instruit en écoutant.
Même air.
Ma maîtresse, à ma pcnsioa
M'appelle curieuse ,
Bavarde , paresseuse , Blâme mon indiscrétion Mon défaut d'application ,
Et pour le moindre échec ,
Me condamne au pain sec ; Mais , par le trou des serrures, J'entends que l'on a parlé De l'armoire aux confitures, J'apprends où l'on met la clé. . .
Voilà comment Adroitement , On s'instruit en écoutant. \
Ah ça! ma soeur va donc se marier!... mais avec qui? Est-ce mon bon ami Ste-Amarantlie qui l'épousera, ou bien ce provincial qui arrive aujourd'hui?... Oh non , un provincial î... Ste-Amarantlie est bien plus gentil; il a un tilbury , des chevaux, un bel hôtel à Paiis ; et puis, c'est un jeune homme cliarmaiu , il m'apporte des bonbons chaque fois qu'il vient ici ; eniin, il est impossible que ma soeur ne l'aime pas. Comment faire pour savoir?... Je vais me même aux aguets, j'écoute h toutes les portes j et il faudra Li>m que je linisse par découvrir lequel des deux elle veut me donner pour l^eau -frère.
{Elle sort en courant ^ par la porte du fond ^ à gauche),