‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 174 sur 269 · MAIRES · texte numérisé non relu

MAIRES

Goste.

Lacoste.

Ducros.

Blanche.

Lespinasse.

Garrière.

[Durant.

'Gay.

Nadal.

Totaux ,

Froment

Q UINTAL

Méteil

Orge C^ baillarge

On remarquera que, pour quelques denrées, notamment pour le maïs, pour les pommes de terre (patates) et les châtaignes, les résultats sont incomplets. Il est très probable que, à l'époque où avaient été faites les déclarations, la récolte de ces deux denrées n'était pas encore terminée ou tout au moins non évaluée.

b) Recensement de germinal.

Le 4 germinal an III, le Comité de salut public du district de Bel vus prit un arrêté, en vertu duquel chaque municipalité devait nommer des commissaires à l'effet de reconnaître la quantité de grains et de légumes secs existant dans la commune et à en lever le cinquième à titre de réquisition.

Cet arrêté fut envoyé aussitôt à la municipalité de Beaumont et, par elle, à toutes les municipalités du canton. Il causa dans la population une émotion profonde : elle était dans la plus grande misère et elle ne concevait pas que, n'ayant pour atteindre la prochaine récolte que des provisions tout à fait insuffisantes, on pût encore l'obliger à en fournir une certaine quantité au district. Les municipalités répondirent au district en déclarant leurs subsistances, mais en déclarant aussi qu'il leur était impossible d'accepter la réquisition du cinquième que leur imposait l'arrêté du district.

Les Archives départementales nous ont conservé un certain nombre de ces réponses. Elles sont intéressantes :

C'est d'abord la municipalité de Sainte Sabine qui, le 10 floréal an III, déclare :

Froment 60 quintaux 40 livres.

Farine 43 — 40 —

Blé d'Espagne 80 — 40 —

Légumes 8 — 80 —

soit un total de 193 quintaux. Et elle ajoute : « li^t vous verrez que la population s'élève à 722 individus et que le pro-

duit de ce recensement ne nous donne de subsistances que pour 26 jours à une livre par jour. Nous ne savons comment faire pour entreprendre d'en lever le cinquième, vu le mécontentement général que nous avons aperçu parmi nos concitoyens dont la majeure partie sont misérables. »

La municipalité de Boni de Champs accuse, pour la commune, en grains et légumes secs :

Froment i6 quintaux 50 livres.

Farine 14 — » —

Blé d'Espagne 5 — 50 —

Légumes secs 29 — 50 —

soit un total de 65 quintaux et demi de subsistances et, cela, pour 289 habitants, ce qui fait 22 jours de vivres seulement. Or nous sommes au commencement de floréal et les blés nouveaux ne seront à la disposition des habitants que dans huit ou dix semaines.

La municipalité de Nojals, par la plume de son secrétaire Landa Fontanelle, envoie à l'administration du district un tableau détaillé, d'où il résulte que les habitants de la commune possèdent en bloc :

Froment 6 quintaux 43 livres.

Farine 6 — 5 —

Blé d'Espagne 15 — 17 —

et « cent cinquante individus pour en faire la consommation ». A une livre par personne et par jour, on en avait pour 18 jours seulement.

Mais la commune la plus pauvre, c'est celle de Labouquene. Son maire, le citoyen Nadal, après avoir « fait une vigite domicilière dans tous le grenier de nos individus », dresse un tableau où, en regard de chaque maison, il place : i" le nombre des

habitants de la maison; 2^ la quantité de grains qu'elle possède. Dans la première colonne {nombre des habitants par maison), je lis fréquemment 4 personnes, 5 personnes. Dans la seconde colonne {quantité de grains far maison), se trouve invariablement un double zéro, un double rien. Au total : 317 personnes ne possédant rien; autrement dit, 317 personnes à nourrir et rien à leur donner.

Et ce brave maire, avec son orthographe simpliste, ajoute à la suite de son tableau :

Nou;, maire et officier municipaux et concoil cénéral de la commune de Labouquerie nous astetons (attestons) que le ressengement sisdessut est sengère et véritable. Voiloi, sitoyens aministrateur, la michère (misère) que la municipalité vous expoze.

Fait et arrêté en séance à la maysous commune le 16 floréal 3 anné republiquene.

Nadal, maire.

Randonnier, officier municipal. Faure, officier municipal .

Pagnioux, agen national.

c) Recensement du 14 prairial.

Le 2 prairial an III, la Convention nationale, voulant assurer la subsistance de toutes les communes et des armées de la République jusqu'à la prochaine récolte, décréta qu'il serait fait, dans chaque commune, un recensement général, tant des farines que des grains battus ou en gerbes qui se trouveraient chez les détenteurs et possesseurs desdits grains ou farines. Sur la quantité recensée, il serait prélevé la subsistance de la commune jusqu'à la récolte. Le surplus serait affecté à l'approvisionnement des armées et de la commune de Paris.

Douze jours plus tard, le 14 prairial, l'administration du district de Belvès prenait à son tour un arrêté aux termes duquel il ordonnait le recensement général prescrit par la loi du 2 prairial et nommait, à cet effet, les commissaires qui devaient opérer dans les différentes communes de son ressort. C'est ainsi que les citoyens Castaing aîné, Rouby, Delpit père et Marchés, officiers municipaux de Montavit, furent commis

pour faire le recensement dans la commune de Beaumont ; Bessot aîné et Laval Dubousquet, de Beaumont, le feraient à Bourniquel; Ducros aîné et Ducros Labrugue, de Bourniquel, le feraient à Montavit; Rasteau et Fontanelle fils, de Nojals, le feraient dans la commune de Labouquerie; Rousset et Linarès, de Labouquerie, opéreraient dans la commune de Rampieux; Foucaud et Gay fils, de Rampieux, recenseraient dans la commune de Glottes, etc.

Du reste, les commissaires nommés par le district étaient tenus de faire enregistrer leur mission à la municipalité des communes dans lesquelles ils étaient envoyés et, en outre, de se faire assister dans leurs opérations par deux officiers municipaux ou notables appartenant à ces communes.

Ils devaient, enfin, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du district « vaquer de suite et transmettre incessamment à l'administration les tableaux de leurs opérations ».

Je n'ai trouvé nulle part ces tableaux du recensement de prairial. Se sont-ils égarés ou ont-ils été détruits? Peut-être. Mais il est fort possible, probable même, que l'administration du district, en recevant les rapports des municipalités au sujet du recensement précédent, qui remontait à un mois, et en apprenant par eux le manque absolu de grains et de farines chez nos cultivateurs, ait rapporté son arrêté et renoncé, comme inutile, à son nouveau recensement : on ne recense que ce qui existe.

d) Recensement des grains sur pied, en messidor.

Le 24 floréal, le Comité de salut public de la Convention nationale prit un arrêté portant recensement général de tous les grains qui existaient sur le sol du territoire «pour faciliter les achats nécessaires à l'approvisionnement de la République ». Ce décret fut transmis par l'administration du district de Belvès, le 2g prairial, pour exécution, à toutes les municipalités du canton de Beaumont.

Le maire de la commune de Beaumont réunit aussitôt le

conseil général de la commune et, après lui avoir donné lecture dudit arrêté, fit approuver la délibération suivante :

Article i^r.

Il sera nommé sur-le-champ seize commissaires, qui seront chargés de faire un état exact des terres chargées de toutes sortes de produits.

Article 2.

Les seize commissaires vont être nommés chacun en la partie qui les comportera.

Article 3.

Pour la section de Gleyzedals, les citoyens Randonnier, officier municipal, et le citoyen Bartou, fermier.

Article 4.

Pour la section de Montcany, les citoyens Surguier, Audibert, Martial, Laphite et Audissou, ces deux derniers agriculteurs.

Article 5.

Pour la section de Bannes, les citoyens Fonvive, Jean Vidal, Darchier et Michel Landa.

Article 6.

Pour la section de Beaumont, les citoyens Montmirail aîné, Jean Gouyou, Blanchard, Guilhaume Bessou aîné, Delpech et Lajeunesse du Biard.

Article 7.

Lesquels susdits commissaires seront incessamment invités, à la diligence du maire de cette commune, à venir prendre connaissance et s'acquitter de suite de la mission qui leur est confiée.

Fait et délibéré à Beaumont, Conseil général tenant, le 11 messidor l'an 3^ de la République française une et indivisible.

Coste, maire. Randonnier, off mp'.

Dubut, off"'' nipK Coste, notable. Mianne, off"' mp'. Bessot, notable. Carrière, notable. Rivière, notable. Reynal, notable. Tinet, notable.

Robert, secrétaire greffier.

L'administration du district, l'enquête une fois faite, se trouvait exactement renseignée sur la prochaine récolte et avait ainsi une base précieuse pour établir ses réquisitions de l'an III

(1795-1796). Mais nous sommes déjà sous le Directoire. Revenons à 1 a Convention et voyons le recensement des fourrages

§ 2. - Recensement des fourrages.

L'administration du district de Belvès, qui, sous la Convention, était appelée à ravitailler l'armée française guerroyant sur la frontière espagnole (Armée des Pyrénées occidentales), fit à cet effet, dans les municipalités de son ressort, de nombreux recensements de foin, paille et avoines pour servir de base à ses réquisitions.

i» Recensement du 14 frimaire an IL

Le 14 frimaire an II (4 décembre 1793), le district de Belvès demanda aux diverses municipalités du canton de Beaumont un état indiquant le superflu qu'elles pouvaient avoir en foin, paille et avoine. Ce superflu devait ensuite être réquisitionné et payé aux propriétaires suivant le maximum.

A Beaumont, le maire Jacques Coste recense dans sa commune 208 quintaux de foin, 20 quintaux de paille et 20 quintaux 43 livres d'avoine, qu'il trouve chez six particuliers. Voici son état :

Etat ou recensement des foins, paille et avoines superflus de la commune de Beaumont.

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