BARRI Q.UES
OBSERVATIONS
Maison de Cardou
Terme Laplane
Jean Ducros
Élie Ducros
Total
La commune de Glottes, à la suite des visites faites chez les habitants par Giraudel, maire, et Durant, ofificier municipal, fournit 7 vieilles barriques.
A Nojals, Carrier, maire, et Rasteau Lanauve, officier municipal, trouvent également 7 barriques : i chez Paul Carrier, i chez Jean Carrier, i chez Jean Bouyssy et 4 chez Louis Lantoume le « ci-devant curé ».
A Born de Champs, Lespinasse, maire, et Souffleteau, officier municipal, recensent sur le territoire de leur commune 18 barriques.
A Rampieux, Gay, maire, Gouyou et Ségalas, officiers municipaux, parcourent toute la commune. Ils mettent la main sur 17 barriques et 4 demi-barriques.
Les résultats de la commune de Sainte Sabine et de la commune de Lahouquerie ne nous sont pas parvenus.
8° RÉQUISITION DES BŒUFS ET CHARRETTES BOUVIÈRES, UN CONVOI DE FOURRAGES CONDUIT A L'ARMÉE DES PvRÉNÉES OCCIDENTALES PAR UN CITOYEN DE MONTAVIT.
C'est encore par voie de réquisition que la Convention nationale se procurait les moyens de transport dont elle avait besoin
pour assurer le service des subsistances dans ses armées en campagne.
Les municipalités, directement ou par des commissions, s'emparaient des charrettes, bœufs, chevaux ou mulets de trait que leur demandait le district, puis les faisaient conduire sur le point qui leur était indiqué comme lieu de concentration, d'où ils étaient dirigés en convoi jusqu'à l'armée. Dans ces réquisitions, les maire et officiers municipaux faisaient d'abord main basse sur les charrettes et animaux appartenant aux émigrés et ce n'est que lorsqu'ils ne trouvaient pas là tout ce qui leur était nécessaire qu'ils s'adressaient aux autres citoyens.
En voici un exemple se rapportant à notre canton.
Par un arrêté en date du 24 germinal an III, l'administration du district de Belvès réquisitionna, dans le canton de Beaumont, deux charrettes bouvières et deux paires de bœufs et accessoires, qui devaient conduire à Bergerac d'abord, puis en Espagne, un convoi de fourrages destiné à l'armée des Pyrénées occidentales.
La chose ne fut pas précisément facile.
Quelques jours après, la municipalité de Beaumont nomma une commission pour assurer, au mieux de l'armée et des communes, l'exécution de cet arrêté. Elle comprenait :
^ „ k Antoine Randonnier.
Pour Beaumont .
' Jean Dubut.
— Montavit Jean Delpit.
— Bourniquel Elie DucROS.
— Born de Champs. . . Moliérac.
^ , . i Jean Bouscaillou.
— Sainte Sabine ....
' Jacques Lagreze.
— Rampieux Pierre (iAY.
— Laboiiquerie Joseph Nadal.
k Jean Durant.
' Jean Marche.
— Nojafs Jean Rasteau.
Soit 12 membres : c'était déranger bien des gens pour deux charrettes et deux paires de bœufs !
RÉQUISITION DES BŒUFS ET CHARRETTES y^^
Cette commission se réunit au chef-lieu du canton le (j floréal, à l'effet de délibérer et de prendre une décision au sujet de la « grosse affaire » dont on l'avait chargée. Voici le procèsverbal de la séance :
Considérant que les émigrés étant expressément la cause, la cause motrice et foncière de la guerre désastreuse que nous sommes obligés de soutenir, il est bien naturel sans doute d'en faire tomber les frais sur eux. En conséquence, et après avoir sur ce mûrement réfléchi, nous, commissaires susdits, avons arrêté ce qui suit :
Article I<" .
Il sera pris deux paires de bœufs, deux charrettes et les traverses nécessaires et propres au service des transports de l'armée, dans les domaines dépendant des émigrés du présent canton, c'est-à-dire dans ceux de Durfort Boissière, des Montsec, des Constantin, de Laborde cadet et des Laulanier.
Article 11.
Le citoyen Pierre Mianne, médecin vétérinaire et Pierre Marche fils, marchand de bœufs, sont et demeurent nommés à l'effet de se transporter dans les domaines mentionnés en l'article précédent et pour donner leur rapport le 13 du présent mois, 9 heures du matin, époque de notre prochaine assemblée sur ceux des bœufs, charrettes etc. qui leur paraîtront les plus propres pour remplir l'objet dont s'agît
Fait à Beaumont, en la maison commune, le y floréal an III de la République.
DuBUT, Randonnier, Delpit, Durant, Gay, Marche, Ducros, Nadal, Rasteau, MoLiÉRAC, Lagrèze, Bouscaillou.
Pendant que les deux délégués de la commission, Pierre Mianne et Pierre Marche, procédaient à leur enquête, le maire de Beaumont reçut une nouvelle lettre du district, lui annonçant que le contingent des voitures bouvières du canton était réduit à une : cette voiture devait se rendre à Bergerac « avec le foin, cordes, traverses et même le conducteur » le 15 du présent mois et, la veille, être amenée au chef-lieu du canton pour y être « passée en revue ».
Le 7 prairial, la commission se réunit de nouveau à Beaumont, dans la maison commune et, après avoir entendu le rap-
port de ses délégués, les citoyens Mianne et Marche, prend l'arrêté suivant :
Considérant qu'il n'est pas de liberté, de sûreté, ni de salut pour la patrie sans les armées qui les protègent et les défendent contre les tyrans coalisés;
Considérant qu'il ne peut exister d'armées sans subsistances, sans fourrages, ni par conséquent sans moyens de transport pour les leur faire parvenir;
Considérant enfin que, puisque c'est incontestablement aux émigrés qu'il faut attribuer la source des maux qui accablent la République, il est juste et naturel de faire retomber sur leurs propriétés les frais de la guerre;
En conséquence, nous commissaires susdits avons délibéré ce qui suit :
Article i^r.
Les deux plus beaux bœufs de Puybeton et l'une des meilleures charrettes de Landion, domaines ayant appartenu à l'émigré Durfort Boissière et situés dans les communes de S''^' Sabine et de Clottes, sont et demeurent dès à présent en réquisition pour le service de l'armée des Pyrénées occidentales.
Article z.
La traverse et le câble seront pris dans ledit domaine de Landion et les liens de fer dans la ci-devant maison de réclusion de la commune de Beaumont.
Article 3. •
Cette voiture sera passée en revue par la municipalité du chef-lieu du présent canton le 12 du courant et sera rendue à Bergerac le 15 pour y recevoir sa feuille de route.
Article 4.
Le contingent du foin sera fourni et acheté par chaque commune au prorata du montant de sa contribution foncière.
Article 5.
La ferrure desdits bœufs se fera à Bergerac aux frais desdites communes et dans les mêmes proportions.
II ne manquait plus que le conducteur.
La commission, fit choix du citoyen Michel Pradal, de la commune de Saint Avit Sénieur, pour « conduire hi voiture bouvière et pourvoir à ses besoins » jusqu'à son arrivée à destination. Il recevrait, pour cela, le traitement qui avait été